Blog en pause prolongée pour cause de préparation du CRPE...

See you soon... or later!

Les dernières chroniques

Final Fantasy Type-0

mardi 21 juin 2016

Sens dessus dessous - Milena Agus

Auteur : Milena Agus
Traductrice : Marianne Faurobert
Titre original : Sottosopra
Édition italienne : Nottetemp en 2012
Édition française : Liana Levi en 2016

Quatrième de couverture
Mr. Johnson, le monsieur du dessus, a toujours les lacets défaits et des vestes trouées. Pourtant, c’est un violoniste célèbre qui vit dans le plus bel appartement de l’immeuble, avec vue sur la mer. Anna, la voisine du dessous, partage un petit entresol obscur avec sa fille, taille ses robes dans de vieilles nappes et fait des ménages. Pourtant, elle cache dans ses tiroirs des dessous coquins et des rêves inavoués. Ces deux-là, plus tout jeunes, débordants de désirs inassouvis, étaient faits pour se rencontrer. Dans les escaliers, où montent et descendent des voisins occupés par une farouche quête du bonheur, se tricotent à tous les étages situations rocambolesques, amours compliquées, jalousies absurdes. Mais n’est-ce pas là la clef de voûte de toute vie? 
Observatrice indiscrète, pourfendeuse de la normalité, Milena Agus fait la chronique de ce microcosme dans lequel souffle un vent délicieusement frondeur.

Premières phrases
Avant de connaître la dame du dessous et le monsieur du dessus, la vieillesse ne m'intéressait pas. Vieux, mes parents n'ont pas eu le temps de le devenir, mon père s'est tué bien trop tôt et ma mère est retombée en enfance. Je ne vois jamais mes grands-parents et c'est une jeune femme qui prend soin de ma mère.
Quoi qu'il en soit, il est clair qu'aucun vieux n'aurait pu exciter mon imagination. Aucun, excepté la dame du dessous et le monsieur du dessus. Désormais, la vieillesse ne m'apparaît plus comme une ombre mais comme un éclat de lumière, le dernier, peut-être. 

Mon avis
Milena Agus fait partie de ces auteurs dont je ne cherche même plus à me renseigner avant de me procurer un de ces livres. Depuis que je l'ai découverte avec Mal de pierres (dont l'adaptation sort au cinéma en octobre), je les ai quasiment tous dévorés et j'ai rarement été déçue. Sur mes 4 lectures, une petite déception et 3 coups de cœur! Pour ce qui est de Sens dessus dessous, j'ai encore une fois trouvé ce que j'aime le plus chez l'auteur : la Sardaigne et des personnages gentiment farfelus... sur des thèmes plus graves. L'histoire principale tourne autour de la relation qui se crée entre le monsieur du dessus, violoniste rêveur et débraillé, et la dame du dessous, naïve et candide qui rêve toujours au prince charmant. Il ne faudrait pas oublier sa fille, Natasha, jalouse maladive, ainsi que la femme et le fils du monsieur, peut-être le personnage le plus normal de tous avec son fils Giovannino. Tout ce beau monde vit dans un immeuble qui semble habité par une douce folie qui s'écoule au rythme des vagues de la plage du Poetto à Cagliari. Car encore une fois, c'est l'île natale de Milena Agus qui est au cœur du roman. Et une fois encore, j'ai envie d'aller y passer mes vacances.

La narratrice est, elle aussi, un peu perchée : persuadée que la seule façon de garder fidèle la personne qu'on aime, c'est d'être une machine de guerre sexuelle. On retrouve ici encore cette dualité de personnages chère à l'auteur car Gribouille, surnom affectueux donné à la jeune femme, apparaît comme douce et naïve mais n'hésite pas à feuilleter des revues pornographiques pour comprendre comment devenir cette machine de guerre sexuelle que sa mère n'a pas su être... À travers le récit de ces vies entremêlées se superposent des thèmes graves tels que le suicide, la maladie, l'homosexualité ou encore l'homoparentalité.

J'ai donc passé un très agréable moment en compagnie de ces personnages vraiment attachants et dans la lignée de ceux déjà imaginés par Milena Agus. Pourtant, je n'ai pas eu le coup de cœur pour ce roman, il m'a manqué un petit quelque chose que je ne saurais pas expliquer. Et je suis aussi restée sur ma faim car j'attendais quelques détails supplémentaires sur ce qui arrivent aux personnages dans la dernière partie qui se conclue en une demi-page.

Citations
Moi aussi je veux devenir une nymphomane. Je me regarde dans le miroir et ce n'est pas mon image que je vois, pâlichonne et maigrelette, je vois la machine de guerre sexuelle que je voudrais être, provocante et mamelue, sans serre-tête, avec une mèche de cheveux sur l’œil et une robe toute en lacets de cuir que l'on peut dénouer pour libérer les parties érotiques du corps.

Quand vous êtes riche et célèbre, vos extravagances sont considérées comme l'expression de votre génie, quand vous ne l'êtes plus , elles deviennent insupportables.

Ce qui lui plaît à Cagliari, outre l'écume transparente, ce sont les montées et les descentes. Il court tout en haut de la rue et je l'attends en bas, ensuite, il redescend en courant se jeter dans mes bras. Cagliari est blanche et bleu outremer, dit-il, et notre quartier de la Marina est une île, parce que les mouettes et les autres oiseaux marins le survolent, parce que des naufragés du monde entier y ont accosté pour se sauver quand leurs bateaux ont coulé, et qu'on dirait un toboggan, incliné tout entier vers le port.

Ce livre a été lu dans le cadre d'un challenge

Un roman édité en 2016
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...