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mardi 19 janvier 2016

Pauline à Paris - Benoit Vidal

Tout d'abord, je tiens à remercier Babelio pour sa dernière opération Masse Critique ainsi que les Editions FLBLB sans qui je n'aurais jamais découvert ce livre, Pauline à Paris, car à mille lieues de mes habitudes de lecture! C'est une des raisons pour lesquelles j'ai cliqué sur ce livre mais aussi parce que le résumé évoquait un lien avec Les Misérables qui, comme vous l'aurez remarqué, est une oeuvre sur laquelle je travaille beaucoup en ce moment... Je ne me suis pas plus renseignée que cela au sujet de Pauline à Paris et je pensais, en toute logique, recevoir une BD puisque c'était le thème de l'opération en cours. J'ai donc été surprise de recevoir un roman-photo. Mais attention, je n'ai pas été surprise dans le sens de déçue mais plutôt étonnée. Je vous avoue que le roman-photo est un genre que je ne connais absolument pas. Je me souviens seulement qu'il y avait ce genre de choses dans les magazines que lisait ma grand-mère fut un temps - et encore je crois qu'elle les zappait... Autrement dit, la surprise était totale pour moi, qu'allais-je découvrir en tournant les pages de cet "olni"? [Objet Littéraire Non Identifié]

Depuis des dizaines d’an­nées, José­phine, grand-mère cente­naire de l’au­teur, raconte la vie de son amie Pauline, digne d’un roman de Victor Hugo. L’hé­roïne, petite bonne dans le Paris 1900, fricote avec un beau mous­ta­chu qui dispa­raît après l’avoir mise enceinte. Contrainte d’aban­don­ner sa fillette, elle rencontre un homme de trente ans son aîné, qui se laisse atten­drir par son histoire et qui l’aide à récu­pé­rer l’en­fant…

Enre­gis­trant sa grand-mère, notant les varia­tions entre les diffé­rentes versions, l’au­teur mène l’enquête pour combler les trous dans l’his­toire et établir la véra­cité des faits. Faisant le choix du roman-photo, il nous ouvre son album de famille et, par une icono­gra­phie tirée de la presse et la pein­ture de l’époque, fait ressur­gir un monde disparu : Pauline racon­tée par José­phine, c’est en fili­grane l’his­toire de France de la fin du 19e au milieu du 20e siècle.

La première constatation est rassurante : s'il s'agit bien d'un roman-photo, il ne ressemble pas à ceux des magazines de ma mamie (un peu comme ça)! En réalité, l'auteur partage avec nous plusieurs choses. Il y a en majorité des photos de sa grand-mère, Joséphine, en train de raconter l'histoire de Pauline. Il y a aussi des photos personnelles de lui, de son enfance, de ses enfants... Bref, un bel album de famille qui lui permet de s'immiscer dans cette histoire de famille et de montrer à quel point Pauline, sans l'avoir connu, a eu de l'importance pour lui et l'a fasciné à travers cette grand-mère centenaire. Enfin, le livre regorge de documents historiques, photos, gravures, publicités, cartes postales... qui ancrent bien le récit dans son époque, c'est-à-dire la fin du XIXe siècle, et le tout début du XXe. Déjà, graphiquement parlant, me voilà ravie! Mais alors qu'en est-il de l'histoire en elle-même? Pauline est-elle vraiment digne d'un roman de Victor Hugo?

(Cliquez sur les images pour les agrandir)

L'histoire commence assez simplement en vérité. Nous "écoutons" Joséphine nous parler de cette Pauline et de son destin étroitement lié à celui de Fantine. Elle tombe enceinte mais le père s'en va, la laissant seule pour élever le bébé. Elle l'envoie donc, cette petite Cosette/Yvette, dans une famille de fermier étrangement similaire au Thénardier, puis un Jean Valjean/Maximilien vient à son secours. Sauf qu'il arrive à réunir la mère et la fille et que cette petite Yvette n'aime pas autant sa maman que Cosette avait pu aimer Fantine. Bref, jusque-là, c'était plaisant mais je me suis dit que si tout le bouquin était comme ça, ce serait peut-être lassant... Mais, bonne nouvelle! Ce n'est pas le cas. Benoit Vidal, très intrigué par l'histoire de Pauline et d'Yvette, s'est aperçu que certains éléments de l'histoire de sa grand-mère changeaient et a décidé de mener l'enquête. Il s'interroge donc sur plusieurs choses : pourquoi ces éléments changent? Cela signifie-t-il que l'histoire est inventée de toutes pièces par Joséphine? Comment fonctionne la mémoire? Et enfin, à qui s'adresser pour avoir plus de renseignements sur Pauline? Toutes ces questions vont le mener, non pas à retracer la vie exacte de Pauline, mais plutôt à mieux comprendre sa grand-mère, et lui-même par la même occasion.




Pour conclure, Pauline à Paris a vraiment été une très belle surprise car non seulement on y découvre que le Paris décrit par Victor Hugo est plus que vrai, qu'il a existé des Fantine et des Cosette, et même des Jean Valjean, mais on y découvre aussi Joséphine, une grand-mère drôle et attachante qui, malheureusement, nous a quitté en Août 2015, à l'âge de 106 ans... c'est-à-dire tout juste un mois après la parution de ce roman-photo dont, même si le titre ne porte pas son nom, elle est indéniablement la grande héroïne.

Ce livre a été lu dans le cadre de deux challenges

2016 Reading Challenge 
Un livre illustré

Challenge Petit Bac 2016
Ligne BD : Lieu
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