Blog en pause prolongée pour cause de préparation du CRPE...

See you soon... or later!

Les dernières chroniques

Final Fantasy Type-0

dimanche 11 septembre 2016

Orange is the New Black - Piper Kerman

Auteur : Piper Kerman
Traducteur : Jacques Martinache
Édition française : Pocket en 2014

Quatrième de couverture
Piper Kerman est une jeune femme ordinaire : un emploi, un compagnon, une famille aimante. Elle est très loin de l'intrépide étudiante qui a livré une valise d'argent sale dix ans plus tôt. Mais le passé la rattrape : condamnée à quinze mois de prison, elle devient le matricule 11187-424.
Rien ne l'a préparée aux surveillants abjects ou indifférents à sa souffrance, aux douches crasseuses, à la promiscuité et à la solitude. Ni aux rencontres avec les autres détenues, amies ou ennemies, féroces ou résignées. C'est ce monde humiliant et déshumanisant qu'elle décrit ici. Elle parvient cependant à surmonter cette épreuve, à résister au désespoir, à contourner les règles de la prison.
Déchirant, drôle et révoltant, le récit de Piper Kerman a inspiré la série télévisée du même nom.

Premières phrases
Dans la vaste salle des bagages de l'aéroport de Bruxelles, plusieurs tapis roulants tournaient sans fin. Je me précipitais de l'un à l'autre en cherchant désespérément à retrouver ma valise noire. Parce qu'elle était bourrée d'argent provenant du trafic de drogue, j'étais plus inquiète qu'on ne l'est normalement pour un bagage égaré.
Âgée de vingt-quatre ans en 1993, j'avais probablement l'air d'une jeune cadre stressée. J'avais délaissé mes Doc Martens pour de superbes escarpins de suède noir faits main. Vêtue d'un pantalon de soie noire et d'une veste beige, j'avais le look d'une jeune fille rangée, rien à voir avec la contre-culture - à moins de repérer le tatouage sur mon cou. Suivant à la lettre les instructions reçues, j'avais enregistré ma valise à Chicago avec escale à Paris, où je devais changer d'avion pour un vol court à destination de Bruxelles.

Mon avis
J'ai appris au bout de deux saisons que la série Orange is the New Black était inspiré d'une histoire vraie et que la Piper de la vie réelle avait écrit un livre où elle relatait son expérience de la prison. Une amie l'ayant acheté, j'en ai profité pour me le faire prêter et le lire. Évidemment, je m'attendais à retrouver les personnages et l'ambiance de la série et évidemment, de ce point de vue j'ai été déçue. J'ai passé les cinquante premières pages du roman a essayer de deviner quel personnage du roman correspondait à quel personnage de la série et cela m'a épuisé. Alors j'ai décidé d'adopter une autre posture ; j'ai lu Orange is the New Black comme une oeuvre totalement différente de ce que je connaissais déjà, et à partir de ce moment j'ai eu beaucoup plus de facilité à lire ce livre et à l'apprécier même si je le trouve beaucoup moins prenant que la série télévisée.

Ma chronique est très comparative mais ce que j'apprécie le plus dans la série, c'est qu'elle ne tourne pas qu'autour de Piper. Dans Orange is the New Black, on apprend à connaître les autres détenues, leur passé... et aussi le personnel carcéral qui a une place assez importante. Le livre est très différente en ce sens que Piper est le personnage principal et qu'elle nous raconte son expérience à elle sans creuser plus que ça les autres personnages. Ce qui est normal car c'est un récit autobiographique et Piper Kerman ne pouvait pas connaître toutes les autres détenues, leurs histoires et leurs caractères profonds... Mais du coup, même si la vie en prison est loin d'être facile, le livre donne l'impression que tout s'est très bien passé pour Piper, qu'elle a été aidée par toutes les détenues, qu'il n'y avait pas autant de violence, pas autant de concurrence entre les femmes des différents "clans"... bref, tout ce qui fait le sel de la série.

Du coup, on pourrait presque reprocher à la série d'en faire trop par rapport au livre mais sincèrement, si je ne me suis pas ennuyée en le lisant, je pense que je me serais ennuyée devant la série si elle n'avait repris que la trame du livre. Je pense que les deux supports apportent des informations différentes et donnent une bonne image globale des conditions de vie en prison mais aussi et surtout que ses femmes enfermées entre quatre murs ne méritent pas le traitement qu'elles subissent pour la plupart. J'ai largement préféré la vraie Piper à celle de la série que je n'aime pas du tout et je suis ravie de voir que la vraie Piper Kerman n'a pas fait tous les trucs énervants que fait celle de Netflix!

Citations
Apparemment, l'orange était devenu plus chic que le noir.

Rien dans le fonctionnement quotidien du système carcéral n'incite à se concentrer sur ce que sera la vie à l'extérieur, quand on sera redevenu libre. La vie dans l'établissement écrase tout. C'est une de ces terribles vérités de l'incarcération : l'horreur de la vie derrière les barreaux chasse de l'esprit le "monde réel ". Cela rend le retour à la maison difficile pour un grand nombre de détenues.

Comment un prisonnier peut-il croire que son châtiment a été utile quand on le traite avec une telle désinvolture et une telle indifférence?

Ce livre a été lu dans le cadre de deux challenges

Un livre prêté

Challenge Petit Bac 2016
Ligne 2 : Couleur

mercredi 17 août 2016

Lucika Lucika [4] - Yoshitoshi Abe

Titre original  リューシカ・リューシカ
[Ryûshika Ryûshika]
Dessin : Yoshitoshi Abe
Scénario : 
Yoshitoshi Abe
Traduction Fédoua Lamodière
Editions : KI-OON
Date de parution japonaise : 2012
Date de parution française 2014


Quatrième de Couverture
Un trajet en métro, une partie de jeu vidéo, une soirée télé en famille, l'acquisition d'un nouveau frigo : le quotidien de Lucika s'enrichit tous les jours d'expérience inédites...

De questions métaphysiques en joyeux moments de vie, suivez les nouvelles péripéties de cette petite héroïne aussi fonceuse que curieuse. 


Je profite de la légèreté de mon état d'esprit durant les vacances pour poursuivre les aventures de la petite Lucika. Cette fois-ci, pas de nouveaux personnages mais la demoiselle a toujours autant d'imagination. Elle continue de prendre toutes les situations du quotidien comme autant de nouvelles expériences qu'on partage volontiers avec elle. Je me suis particulièrement reconnue dans la petite histoire où Lucika est dans le métro et observe les gens en les défiant du regard car étant de nature assez curieuse, j'ai toujours eu tendance à regarder les gens dans les transports en commun, d'imaginer ce qu'ils font, où ils vont, etc.

J'ai aussi beaucoup aimé le chapitre dans lequel Lucika regarde un épisode de Columbo avec sa famille et ne comprend pas pourquoi le spectateur connait le tueur dès le début alors que le détective ne l'apprend qu'à la fin. J'ai apprécié que le papa de Lucika fasse partie de cette histoire car, si c'est un personnage discret, j'aime toujours beaucoup ses interventions. De plus, ce chapitre est l'occasion de réunir Lucika, son père mais aussi sa soeur "Yukiki" et son frère "Marou". Et ce genre de moments familiaux sont très rares. En revanche, la maman de Lucika brille toujours par son absence et j'en viens à me demander si on la verra où si elle restera un mystère pour les lecteurs...



Cette fois-ci, il n 'y a pas vraiment de fil conducteur dans les aventures vécues par Lucika comme ça avait pu être le cas avec l'arrivée de Hamelt, le caméléon. Mais la petite fille se pose toujours autant de questions intéressantes comme celles qu'elle se pose sur le temps - que j'ai trouvé vraiment très abouties pour une petite fille de son âge - ou encore sur le lieu où finissent les objets dont on se débarrasse. J'ai aussi noté des petites références aux volumes précédents, ce qui est assez rare dans ce genre de séries composées d'anecdotes isolées...


Bref, ce quatrième volume de Lucika Lucika est à l'image des précédents. C'est amusant, touchant et léger. Autrement dit, c'est parfait pour une lecture estivale mignonne et sans prise de tête. 

mardi 16 août 2016

Les Poissons ne ferment pas les yeux - Erri De Luca

Auteur : Erri De Luca
Titre original : I pesci non chiudono gli occhi
Édition française : Gallimard en 2013

Quatrième de couverture
« À travers l’écriture, je m’approche du moi-même d’il y a cinquante ans, pour un jubilé personnel. L’âge de dix ans ne m’a pas porté à écrire, jusqu’à aujourd‘hui. Il n’a pas la foule intérieure de l’enfance ni la découverte physique du corps adolescent. À dix ans, on est dans une enveloppe contenant toutes les formes futures. On regarde à l’extérieur en adultes présumés, mais à l’étroit dans une taille de souliers plus petite. »

Comme chaque été, l’enfant de la ville qu’était le narrateur descend sur l’île y passer les vacances estivales. Il retrouve cette année le monde des pêcheurs, les plaisirs marins, mais ne peut échapper à la mutation qui a débuté avec son dixième anniversaire. Une fillette fait irruption sur la plage et le pousse à remettre en question son ignorance du verbe aimer que les adultes exagèrent à l’excès selon lui. Mais il découvre aussi la cruauté et la vengeance lorsque trois garçons jaloux le passent à tabac et l’envoient à l’infirmerie le visage en sang. Conscient de ce risque, il avait volontairement offert son jeune corps aux assaillants, un mal nécessaire pour faire exploser le cocon charnel de l’adulte en puissance, et lui permettre de contempler le monde, sans jamais avoir à fermer les yeux.

Erri De Luca nous offre ici un puissant récit d’initiation où les problématiques de la langue, de la justice, de l’engagement se cristallisent à travers sa plume. Arrivé à l’"âge d’archive", il parvient à saisir avec justesse et nuances la mue de l’enfance, et ainsi explorer au plus profond ce passage fondateur de toute une vie.

Premières phrases
« Je te le dis une fois et c’est déjà une de trop : trempe tes mains dans la mer avant de mettre l’appât sur l’hameçon. Le poisson sent les odeurs, il fuit la nourriture qui vient de terre. Et fais exactement ce que tu vois faire, sans attendre qu’on te le dise. En mer, c’est pas comme à l’école, il n’y a pas de professeurs. Il y a la mer et il y a toi. Et la mer n’enseigne pas, la mer fait, à sa façon. »
J’écris ses phrases en italien et toutes à la fois. Quand il les disait, c’étaient des rochers isolés et beaucoup de vagues au milieu. Je les écris en italien, elles sont ternes sans sa voix pour les dire en dialecte.

Mon avis
J'ai voulu lire ce livre car lors de mon stage en bibliothèque, une dame me l'avait conseillé après que je lui ai dit que j'aimais Milena Agus. Elle avait elle-même adoré Mal de pierre, donc je suis partie dans ma lecture très confiante. Trop confiante. Je pense que j'ai trop tenté de comparer les deux auteurs pour apprécier pleinement l'ouvrage d'Erri De Luca alors qu'au final, il n'ont pas grand-chose en commun si ce n'est la longueur relativement courte de leurs récits, et le fait qu'ils sont tous les deux italiens. Mais je n'ai pas retrouvé la douce folie qui anime les personnages de Milena Agus chez Erri De Luca. Au contraire, dans ce récit autobiographique où l'auteur revient sur son enfance - et sur l'été de ses 10 ans plus particulièrement - le personnage principal est un enfant trop sérieux pour son âge. Un enfant qui préfère aller voir les pêcheurs plutôt que d'aller jouer avec ceux de son âge. Un enfant qui préfère faire des mots-croisés sur la plage plutôt que d'aller se baigner...

Mais cet été-là, c'est celui où l'enfance le rattrape... où il découvre qu'au-delà de ses petites préoccupations d'enfant trop mature, il y a cette espèce inconnue : la fille. Il fait la rencontre de l'une d'entre elle, au moins aussi mature que lui, et leurs discussions ne ressemblent pas à celle de deux enfants. Ils parlent de romans policiers, et du comportement des animaux. Une relation basée sur la candeur et l'innocence du héros, là où la demoiselle sait déjà qu'elle fera des envieux. Et justement, c'est exactement ce qui va arriver. La relation entre le héros et la petite fille va attiser la jalousie de trois garçons qui vont commencer à s'en prendre à lui. Il va alors comprendre, à ses dépends, les définitions des mots amour et justice.

Au final, si j'ai beaucoup aimé l'écriture très poétique d'Erri de Luca, je n'ai pas trouvé ce que je cherchais dans ce roman. Je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages, je n'ai pas spécialement été touchée par leur relation et je regrette que l'ambiance générale du livre ne fleure pas plus l'Italie. Je n'ai pas détesté cette lecture, je ne l'ai pas adoré non plus. Je pense que je n'en garderai pas un souvenir impérissable, donc heureusement que c'était court.

Citation
J’avais maintenant dix ans, un magma d’enfance muette. Dix ans, c’était un cap solennel, on écrivait son âge pour la première fois avec un chiffre double. L’enfance se termine officiellement quand on ajoute le premier zéro aux années. Elle se termine, mais il ne se passe rien, on est dans le même corps de mioche emprunté des étés précédents, troublé à l’intérieur et calme à l’extérieur.

Je le dis sincèrement que je n'ai pas peur de me faire mal. Ça m'est égal. Mon corps ne m'intéresse pas et il ne me plaît pas. C'est celui d'un enfant que je ne suis plus. Je le sais depuis un an, je grandis et mon corps non. Il reste en arrière. Et donc peu importe qu'il se casse.

A travers les livres de mon père, j'apprenais à connaître les adultes de l'intérieur. Ils n'étaient pas les géants qu'ils croyaient être. C'étaient des enfants déformés par un corps encombrant; Ils étaient vulnérables, criminels, pathétiques et prévisibles. Je pouvais anticiper leurs actes, à dix ans, j'étais un mécanicien de l'appareil adulte.

Je restais enfermé dans l'enfance, comme nourrice sèche j'avais la petite chambre où je dormais sous les châteaux de livres de mon père. Ils s'élevaient du sol au plafond, c'étaient les tours, les cavaliers et les pions d'un échiquier placé à la verticale. La nuit, des poussières de papier entraient dans mes rêves.

Ce livre a été lu dans le cadre d'un challenge

Challenge Petit Bac 2016
Ligne 1 : Phrase

lundi 15 août 2016

C'est Lundi, que faites-vous? [56]

Rendez vous initié par Mallou et repris par Galleane.

Coucou !

On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :
1. Qu'ai-je lu/vu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire/regarder en ce moment?
3. Que vais-je lire/regarder ensuite ?


La semaine dernière, j'ai lu...

Je suis en vacances depuis début Août, du coup mon activité sur le blog ainsi que mes lectures se font rares! Je suis dans le Sud et je profite de mes proches. La plupart du temps, je n'allume pas mon ordi, je ne prends pas mon téléphone... Bref, je reviens vers ce qui est important! Et je profite de quelques moments à la plage pour bouquiner quand même. La semaine dernière, j'ai enfin terminé Les Poissons ne ferment pas les yeux, qui vient achever ma première ligne du Challenge Petit BAC 2016, ainsi que le tome 4 des aventures de Lucika Lucika.

En ce moment, je lis...

Depuis le temps que je veux le lire celui-là! Bon, l'ambiance n'est pas très estivale mais j'adore découvrir les origines d'un de mes jeux vidéo préféré! 

Ensuite je lirai...

Après, je pense enfin me lancer dans un des volumes de la série U4, j'ai choisi Stéphane tout à fait par hasard donc on verra bien!


Et vous, vous avez lu quoi de beau la semaine dernière? 

jeudi 11 août 2016

[#leFilmDeLaSemaine] 19 - Suicide Squad


S'il y a un film que j'attendais depuis des mois, c'était bien Suicide Squad! Et j'ai beau être actuellement en vacances, loin de tout avec une volonté certaine de me déconnecter du monde, je n'ai pas pu m'empêcher de passer une soirée au cinéma de Capbreton pour enfin voir ce film! Et quelle déception! J'ai payé ma place car mon abonnement UGC ne marchait pas dans ce petit cinéma, et si j'avais su j'aurais gardé mon argent. Après avoir vu les bandes annonces, je m'attendais à voir un film excellent, drôle, cynique, "badass"... et bien je n'ai rien vu de tout ça. J'ai assisté à un film long, lourd, durant lequel je me suis endormie, et ce malgré la présence de Jared Leto dans le rôle du Joker.

 Face à une menace aussi énigmatique qu'invincible, l'agent secret Amanda Waller réunit une armada de crapules de la pire espèce. Armés jusqu'aux dents par le gouvernement, ces Super-Méchants s'embarquent alors pour une mission-suicide. Jusqu'au moment où ils comprennent qu'ils ont été sacrifiés. Vont-ils accepter leur sort ou se rebeller ?


Déjà, ce que je redoutais le plus n'a pas manqué de me décevoir : je m'étais habituée aux personnages des séries DC Comics, notamment en ce qui concerne Deadshot. Je trouvais l'acteur trop classe, et le voir remplacé par Will Smith m'a énormément déçue. D'autant plus qu'il n'a absolument pas la personnalité adaptée à un personnage tel que Deadshot, un bon gros méchant qui, via Will Smith, devient... Will Smith. Le personnage perd tout son charisme, toute sa méchanceté, pour devenir un personnage sans saveur, un personnage que Will Smith a joué des milliers de fois avant cela : celui du père de famille avant celui du tueur à gage. Et comme il occupe environ 75% du film, ça rend un film de super-méchant plutôt super-nunuche! Bref, je n'ai pas aimé Will Smith. et comme il occupe plus l'écran à lui tout seul que tout le reste du casting, c'est difficile de s'attacher aux autres personnages...

C'est notamment le cas pour le couple qu'on attendait tous de voir sur grand écran : Harley Quinn et le Joker. La bande annonce les mettait bien en avant, laissant presque sous-entendre que l'intrigue principale tournerait autour d'eux. Et pourtant... encore une déception. Si Harley Quinn est le personnage le plus "important" après Deadshot, le Joker est un personnage anecdotique à la limite de l'inutilité... Et le reproche ne va pas - en ce qui me concerne - à la performance de Jared Leto qui campe un Joker à sa sauce et à son image, mais bel et bien au réalisateur qui n'a clairement pas su rendre la relation entre ces deux personnages emblématiques intéressantes. D'ailleurs, Jared Leto a récemment témoigné son mécontentement quant au fait que la majeure partie des scènes qu'il avait tourné ont été supprimées du montage. Je ne m'attarderai pas sur les autres personnages (bon OK, je préférais aussi Amanda Waller dans la série...) qui, très sincèrement, ne sont pas très intéressants tant ils occupent peu l'écran. On ne peut clairement pas s'attacher à eux, malgré des flashbacks sur leur passé qui n'emmènent pas grand-chose.


Et du coup, côté scénario? Bah là encore, je n'ai pas grand-chose à dire. Amanda Waller décide de réunir les super-vilains pour lutter contre un éventuel méta-humain comme Superman qui déciderait de se lancer dans le terrorisme. Parmi ces méta-humains, Enchanteresse - incarnée par Cara Delevingne - qui devient la grande méchante du film à cause du projet Suicide Squad. En gros, c'est le serpent qui se mord la queue car sans l'initiative d'Amanda Waller, par d'Enchanteresse et donc pas de film. En plus, concrètement, la situation entre le début et la fin du film n'évolue pas, ce qui rend Suicide Squad tout à fait dispensable... confirmant ainsi que les films DC Comics ne sont absolument pas fait pour moi! Et pourtant, celui-là j'y croyais...


En conclusion, que dire de plus? Ce n'est clairement pas un film que je conseille. Suicide Squad a été une telle déception que je me suis endormie devant alors que j'étais en forme en arrivant à la séance. Et même en ayant manqué une partie du film, j'ai l'impression qu'il était long et je n'ai pas ressenti un manque d'informations m'empêchant de comprendre le scénario. Bref, peu de positif pour ce film que j'attendais tant... Ne dépensez pas votre argent, la bande annonce est largement suffisante!



Film vu dans le cadre du challenge
(vu le 05/08/2016)

mardi 2 août 2016

La Playlist des Philosophes - Marianne Chaillan

Auteur : Marianne Chaillan
Édition : Le Passeur, en 2015

Quatrième de couverture
S'initier à la philosophie de Platon en écoutant Starmania ou à celle de Heidegger avec Alain Souchon ? Jean-Jacques Goldman, Maître Gims et Zazie en maîtres de philosophie ? Est-ce si surprenant ? Les paroles de leurs chansons ne diffusent-elles pas, en nous, une philosophie implicite qui en fait d'excellents médiateurs vers les plus grands textes classiques ?

Tel est le pari de cet essai stimulant : débusquer la philosophie à l'œuvre dans la chanson et la pop internationale pour montrer qu'allumer sa radio peut parfois se révéler aussi instructif qu'ouvrir un livre de philosophie.

Marianne Chaillan imagine que les grands philosophes ont connu l’ère des MP3 et des iPod et qu’ils ont composé la playlist de leurs titres préférés. De la playlist de Nietzsche à la bibliothèque de Stromae, elle invite le lecteur à aborder, sans crainte et écouteurs sur les oreilles, les questions du bonheur, de la foi, de la morale.

Premières phrases
Si vous tenez ce livre entre vos mains, c’est sans doute parce que vous avez vu, en parcourant la table ou en découvrant la quatrième de couverture, que votre chanteur ou chanteuse préféré allait y être évoqué. Pas simplement évoqué, d’ailleurs, mais élevé au rang de médiateur philosophique ! Et cela vous a intrigué.
Qui, parmi nous, n’a pas été accompagné par les chansons de Michel Berger, de Queen ou de Stromae? Qui n’a pas repris à tue-tête un tube de Lara Fabian ou de Christophe Maé? Qui n’a pas chanté dans sa voiture du Johnny, du Saez ou du Mika? Qui n’a jamais dansé sur des airs de Michael Jackson, de Claude François ou, plus récemment, de Rihanna?
Tous, aussi, nous avons perçu de réels échos entre leurs chansons et les problèmes, plus ou moins grands, que la vie nous a donnés de traverser. Certaines chansons sont ainsi véritablement inscrites en nous, liées qu’elles sont à certains épisodes de notre vie. Nous devons beaucoup de joies, beaucoup de souvenirs, beaucoup de chagrins pansés, à ces fidèles compagnons de route que sont les tubes de variétés.
Pourtant, nous sommes souvent ingrats à leur égard. Nous n’avouons qu’à demi notre lien avec eux, comme si confesser notre dette à leur endroit révélait une forme de frivolité ou d’inculture.

Mon avis
J'avais adoré Game of Thrones : Une métaphysique des meurtres de la même auteur car j'avais trouvé l'idée d'appliquer la philosophie - souvent considérer comme difficile d'accès - à un objet plus populaire, en l'occurrence une série regardée par un nombre important de personnes. J'avais eu un tel coup de cœur pour cet ouvrage que j'ai sollicité les éditions Le Passeur afin de recevoir un autre ouvrage de Marianne Chaillan : La Playlist des philosophes et ils ont accepté. Malheureusement, avec mon mémoire à écrire, j'ai mis énormément de temps à lire le livre mais c'est maintenant chose faite, et en plus en lecture commune avec PotitPanda! Il faut dire que le principe de rendre la philosophie accessible grâce à des chansons populaires et dont la réputation n'est pas forcément idéale nous a plu à tous les deux et nous a intrigué. Et pour le coup, Marianne Chaillan a vraiment choisi une grande majorité de chanteurs bien connus - plutôt français, mais il y a quelques exceptions - dont nous connaissons bien les textes mais que nous n'aurions pas interprété comme le fait l'auteur. 

La conception de l'ouvrage est plutôt ludique puisque nous trouvons, comme le laisse entendre le titre, des "playlist de philosophes", à savoir des regroupements de chansons qu'auraient pu écouter tel ou tel philosophes selon les principes de leurs idées philosophiques mais ce n'est pas tout! Il y a également des playlists thématiques, playlist du bonheur, de la morale, de la foi... Et enfin, plus original, des "bibliothèques de chanteurs". Autrement dit, quels seraient, d'après les thèmes de leurs chansons, les philosophes qui auraient pu inspirer tel ou tel artiste. Du coup, les chapitres sont assez variés, ce que j'ai apprécié car malheureusement, j'ai eu plus du mal avec le style de l'auteur dans cet ouvrage que je n'en avais eu dans le précédent. En effet, j'ai trouvé l'écriture de Marianne Chaillan très scolaire et j'ai vraiment eu l'impression de lire un mémoire qui répond parfaitement aux attentes académiques - avec les nombreuses répétitions de tournures de phrases, l'utilisation excessive de connecteurs logiques et ce besoin presque systématique de répéter à la fin de chaque chapitre que tel ou tel artiste nous a une fois de plus prouver que l'on peut philosopher grâce à la chanson populaire - plutôt qu'un ouvrage destiné au plus grand nombre.

Mis à part cela, j'ai trouvé les explications de textes musicaux et philosophiques très intéressants et les rapprochements entre les deux en général pertinents. Évidemment, je lisais avec plus d'enthousiasme les études faites sur des artistes que j'apprécie que sur ceux que j'aime moins mais je n'ai pas lu en diagonal. Pour ma part, j'ai trouvé que le pari de Marianne Chaillan de vulgariser la philosophie grâce à la musique était réussi mais mon binôme de lecture a moins été de cet avis. Je ne sais pas si c'est parce que j'ai passé 2 ans à lire des ouvrages scientifiques que j'ai trouvé celui-ci très simple mais je n'ai vraiment eu aucun mal à comprendre de quoi il s'agissait. Je pense très sincèrement que La Playlist des philosophes est un ouvrage accessible qui permettra, peut-être, de faire déculpabiliser certains d'aimer tel ou tel chanteur mal considéré. Cela dit, j'ai parfois trouvé les explications un peu extrapolées et je ne suis pas sûre que des chanteurs comme Maître Gims ou Christophe Maé se soient posé autant de questions sur leurs propres textes... Bref, il s'agit surtout d'interprétations personnelles de Marianne Chaillan, qui a fait en sorte d'extrapoler les paroles pour les appliquer à des idées philosophiques et il faut vraiment garder ça en tête à la lecture de La Playlist des Philosophes.

Au final, je n'ai pas autant accroché à La Playlist des Philosophes qu'à la Métaphysique des meurtres. Il faut savoir que cet ouvrage a été écrit avant celui sur Game of Thrones, ce qui explique sans doute que le style de l'auteur a évolué entre temps. Peut-être aussi qu'à la différence de l'ouvrage sur la série que je connais très bien et que j'apprécie énormément, celui sur les playlist m'a moins emballé car je n'aimais pas tous les artistes présents dans ces chapitres. Quoi qu'il en soit, ça reste un livre agréable à lire et très instructif et je remercie une fois encore les éditions Le Passeur pour leur envoi.

L'avis de PotitPanda
Audacieuse idée que de créer à partir d'un courant de pensée, une playlist musicale.
Si l'ouvrage est intéressante dans l'idée, il n'est en aucun cas un ouvrage d'initiation à la philosophie telle que le définit la quatrième de couverture. En revanche, il permet de découvrir des textes d'une autre manière mais nécessite néanmoins quelques connaissances des principes fondamentaux philosophiques pour être appréhendé.
J'ai notamment apprécié l'idée que non seulement on rapproche des textes de chansons à un courant de pensée philosophique mais également on imagine, et c'est là que l'ouvrage m'a surpris, une bibliothèque philosophique idéale a Stromae, Goldman, et on définit la playlist idéale du bonheur, de la foi, de la morale... et Marianne CHAILLAN, professeur de philosophie, convoque les grands philosophes de ce monde : Sartre Nietzsche, Platon, Levinas... aussi bien pour définir les textes qui pourraient aujourd'hui faire partie du contenu de leur Ipod, que leurs écrits servant à expliquer et théoriser les idées sous-jacentes contenues dans les textes de chanteurs / paroliers contemporains.
Il est certain que je n'écouterai jamais plus I AM, Claude François, et Gainsbourg de la même manière après la lecture de cet ouvrage. Une bonne lecture dans son ensemble qui nécessite néanmoins un peu de temps pour être appréhendée. Pour ma part j'ai choisi de faire une lecture linéaire de cet ouvrage, Ai-je choisi la bonne méthode ? J'en doute.
Merci Madame Panda de m'avoir ouvert les colonnes de ton blog pour cette lecture commune.

Citations
Lire et comprendre Hume, ainsi que le problème qu'il pose n'est pas chose aisée. C'est là que Céline Dion va nous aider à accéder à sa philosophie.
Dans la chanson "On ne change pas", écrite par Jean-Jacques Goldman, Céline Dion se pose exactement la même question que Hume dans le Traité de la nature humaine. Toutefois, elle lui apporte une réponse diamétralement opposée. [...] Entre l'enfant que nous étions et l'adulte que nous sommes devenus, y a-t-il une différence substantielle? La thèse de Céline Dion est qu'il y a, entre les deux, une réelle continuité d'identité.

Saez entend dénoncer dans cette chanson [J'accuse] cela même que Heidegger révèle, à la suite des analyses que nous venons de rappeler sur la "dictature du on", c'est-à-dire cette tendance à vouloir satisfaire une image prédéfinie de ce qu'il convient d'être, cette tendance grégaire à vouloir être-dans-la-moyenne

Qu'est-ce donc sinon la thèse même d'Arendt? Pour Goldman, le bourreau, ce n'est pas un monstre. Le bourreau, c'est potentiellement chacun d'entre nous, dans un certain contexte. Le mal n'est donc pas le fait d'une intelligence démoniaque, le mal est fait d'hommes ordinaires.

Citations choisies par PotitPanda
Car la vie n'est pas un long fleuve tranquille, mais une longue suite de combats pour s'affirmer et devenir qui l'on est.

Comparant la musique et la vie, Nietzsche montre que tout comme il y'a une éducation nécessaire de la sensibilité esthétique, qui nous apprend à découvrir la beauté et la nécessité de chaque partie d'une composition musicale, il y'a une éducation à recevoir dans notre façon d'appréhender l'existence. Tout ce qui peuple notre vie, depuis les personnes jusqu'aux événements, doit être appréhendé avec patience, respect et, finalement amour.

Oui nos chemins sont faits de pierres, ils sont difficiles à emprunter, mais aucun chemin au monde n’offre un voyage sans accroc.

Personne n'a écrit par avance. Personne n'a en charge le sens de nos matins, sinon nous-mêmes. L'existence est d'abord une page blanche se livrant  à toutes les inscriptions.

lundi 1 août 2016

[1, 2, 3... Lundi Melodies] 14 - Bande Originale

Rendez-vous musical hebdomadaire initié par Karsatag et La fabrique à sourires
et repris par PotitPanda.

Bonjour ami(e)s mélomanes!

Un nouvelle semaine de 1, 2, 3... Lundi Mélodies imaginé par Karsatag et La fabrique à sourire et repris depuis par Monsieur Panda! Le principe est assez simple : chaque semaine, un mot est proposé et nous devons faire une playlist des chansons auxquelles il nous fait penser.

Cette semaine, le thème est Bande Originale !

Accrochez-vous les amis car cette semaine, le thème m'inspire plus que de raison! J'ai d'ailleurs du faire un choix drastique parce que je ne voulais pas trop m'éparpiller ni proposer trop de chansons (pas sûre que j'ai vraiment réussi). En tout cas, j'ai décidé de me concentrer sur les bandes originales de films et non de séries TV ou encore d'animés ou de jeux vidéos. Car oui, j'écoute énormément de bandes originales...

Je vous laisse découvrir ma sélection!

- Dirty Dancing -
(1987)
Je ne pouvais pas commencer cette playlist par autre chose que Dirty Dancing, ce film qui a bercé mon enfance et ma jeunesse... J'étais tellement amoureuse de Johnny... Je connaissais les chansons de la bande originale par cœur! 

She's Like the Wind, Patrick Swayze (1987)


(I've had) The Time of my Life, Bill Medley et Jennifer Warnes (1987)


- Esprits Rebelles -
(1995)
Ce film est le premier que j'avais acheté en VHS à l'époque, et sa bande original est juste génial. Je ne sais pas pendant combien d'années j'ai écouté cette chanson de Coolio en boucle, et je l'écoute encore aujourd'hui avec un immense plaisir. Quant au film, il a plus de 20 ans mais est toujours tellement d'actualité...


Gangsta's Paradise, Coolio (1995)


- Sexe Intentions -
(1999)
Film sorti en 1999, c'est vraiment le premier film dont j'écoutais entièrement la bande originale que je trouve juste géniale. D'ailleurs, même ceux qui n'ont pas vu le film connaissent au moins la géniale "Bitter Sweet Symphony", mais je n'ai pas pu ne choisir qu'une chanson pour ce film...

Bitter Sweet Symphony, The Verve (1997)


Every You Every Me, Placebo (1998)



- Requiem for a Dream-
(2000)
Un film bouleversant, magnifique, mais tellement dur que je n'ai pu le voir qu'une fois... La musique y est toujours simplement sublime, elle est un des nombreux éléments qui fait qu'on ne ressort pas de ce film tout à fait indemne...

Requiem for a Dream (2000)


- Garden State -
(2004)
Encore un film dont la bande originale est géniale du début à la fin! Petit film peu connu mais tout simplement parfait, avec Zach Braff et Natalie Portman, je ne saurais que recommander de le voir et d'écouter en boucle les musiques. A noter que la chanteuse du groupe Zero 7 n'est autre que Sia...

In the Waiting Lane, Zero 7 (2001)


Let Go, Frou Frou (2002)



- Juno -
(2007)
Film indépendant sorti en 2007, il a permis notamment de mettre en avant le talent de la superbe Ellen Page! La BO de ce film est géniale, originale, entraînante... Bref, du tout bon!

All I want is you, Barry Louis Polisar (1977)

Anyone else but you, The Moldy Peaches (2001)


Nightcall, Kavinsky (2011)



Suivez le petit panda pour retrouver la playlist
POUR ENFANTS sur Youtube!



N'hésitez à participer à ce RDV musical
en cliquant ici!

dimanche 31 juillet 2016

Le Bleu est une couleur chaude - Julie Maroh


Auteur : Julie Maroh
Dessinatrice : Julie Maroh
Éditeur : Glénat, en 2010

Quatrième de couverture

Mon ange de bleu
Bleu du ciel
Bleu des rivières
Sources de vie…

La vie de Clémentine bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune fille aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir. Elle lui permettra d’affronter enfin le regard des autres. Un récit tendre et sensible.




Mon avis
J'ai découvert cette BD en cherchant un titre qui pourrait coller dans mon Challenge Petit BAC, catégorie "couleur" évidemment. J'ai trouvé le titre beau et étrange, les couleurs sobres mais expressives, le graphisme... J'avais vaguement lu que le thème de l'homosexualité était abordé et j'ai décidé de me lancer car c'est quelque chose d'assez rare en BD. Je pensais trouver une histoire très revendicative, presque militante et en fait pas du tout. J'ai été surprise dès le début de l'ouvrage qui annonce une histoire belle et triste, tendre, touchante... En effet, dès les premières pages, on est en compagnie d'Emma qui vient récupérer les affaires, et notamment les journaux intimes, de sa bien-aimée Clémentine qui vient de mourir. L'histoire de Le Bleu est une couleur chaude est donc une grosse rétrospective sur ce que fut la vie de Clémentine depuis son adolescence jusqu'à sa mort, vers l'âge de 30 ans.

Comme tous les ados, Clémentine se pose beaucoup de questions sur elle-même durant ses années lycée. Alors qu'elle n'est qu'en seconde, un élève de terminale tombe amoureux d'elle, ils sortent ensemble mais tout bascule lorsqu'elle croise une jeune femme aux cheveux bleus. Elle ne comprend pas pourquoi elle pense à elle, ce qu'elle ressent. Elle a été élevée dans l'idée qu'une fille, ça sort avec un garçon et n'accepte pas son attirance pour les filles. Cela va empirer quand des rumeurs vont circuler sur elle et qu'elle va être rejetée par ses amies... Heureusement, elle pourra toujours compter sur son meilleur ami Valentin, et sur Emma - la fameuse fille aux cheveux bleus - qui va lui apprendre à accepter ce qu'elle est.



Dans la plupart des chroniques sur Le Bleu est une couleur chaude, je lis que c'est Emma qui aide Clémentine à accepter son homosexualité et à s'épanouir, et c'est vrai. Mais je tenais quand même à souligner que Clémentine aide aussi Emma à être en accord avec ses propres sentiments. Leur relation est fusionnelle, et elle s'apporte mutuellement de quoi avancer dans la vie, un amour teinté de bleu qui, du coup, devient une couleur chaude : celle des sentiments. Cette bande dessinée m'a un peu rappelé le film Le Secret de Brokeback Mountain dans le sens où les deux protagonistes perdent énormément d'occasions d'être heureuse à cause des autres. Et je pense que c'est cet aspect qui m'a le plus touché car, sans entrer dans les détails, c'est la mort de l'une d'entre elles qui appelle aux regrets : le regrets de ne pas avoir vécu pleinement cette relation, d'être passé à côté de choses importantes...

Le Bleu est une couleur chaude a été un vrai coup de coeur pour moi. Une histoire belle et touchante sur un sujet finalement peu traité dans la bande dessinée. J'ai appris, par ailleurs, que c'était de cet ouvrage qu'était inspiré La Vie d'Adèle, film que je n'ai pas vu mais que je prendrai peut-être le temps de regarder malgré les polémiques qui l'entourent... Quoi qu'il en soit, Julie Maroh nous a offert une bien belle histoire, deux personnages attachants qui traversent des épreuves qui ne peuvent laisser personne indifférent...


Ce livre a été lu dans le cadre de deux challenges

Un one shot

Challenge Petit Bac 2016
Ligne BD : Couleur

samedi 30 juillet 2016

[Anime] Barakamon


Entre deux séries, j'ai pris le temps de regarder un animé, Barakamon, qu'une amie m'avait conseillé il y a un moment. J'avais envie d'un truc qui se regarde vite, et qui ne soit pas prise de tête. Et j'ai craqué sur la petite bouille de Naru, sans vraiment savoir de quoi ça parlait. Finalement, Barakamon aborde un sujet vraiment propre à la culture japonaise : la calligraphie. Mais le ton est vraiment différent par rapport aux animés du même genre et j'ai trouvé que c'était très rafraîchissant. Parfait pour l'été!

Malgré son jeune âge, Seishu Handa est calligraphe professionnel. Sa vie bascule le jour où, pris de colère, il frappe le conservateur de musée qui trouve son travail banal et sans saveur... Comme punition, son père décide de l'envoyer sur une des Îles Gotō, au fin fond de la campagne japonaise. Alors qu'il pensait trouver le calme et travailler, ses nouveaux voisins vont débarquer dans sa vie...


Au début de l'histoire, le personnage principal - Seishu - n'apparaît pas sous son meilleur jour. Susceptible, capricieux et peu réceptif à la critique, il a tendance à être impulsif et même parfois violent. On comprend peu à peu que ce caractère, il l'a forgé en passant toute son enfance et son adolescence à travailler sans relâche pour exceller dans son art. Pour le calmer, son père l'envoie sur une île un peu perdue où les villageois vont très vite devenir envahissant, donnant l'impression à Seishu qu'ils l'empêchent de travailler. Parmi eux, il y a le chef du village, deux étudiantes, une famille qui apporte les repas à "sensei" - comme tout le monde l'appelle - et qui ont un fils, mais aussi deux petites filles : Hina, et surtout Naru qui va très vite s'attacher à Seishu (vous aussi vous voyez les références à Love Hina?).

Mais si, au début, Seishu pense qu'être sur l'île l'empêche de travailler aussi sérieusement qu'il le voudrait, il va vite se rendre compte que le vrai secret pour faire une belle calligraphie, c'est tout simplement de vivre. L'inspiration ne vient pas en étant enfermé des heures durant dans une pièce à réfléchir, mais bel et bien en sortant et en découvrant le monde et les gens qui nous entourent... C'est alors une belle histoire d'amitié qui va naître entre ce citadin un peu bourru et têtu et les villageois spontanés et bienveillants. C'est notamment la relation entre la petite Naru, qui semble avoir perdu ses parents mais qui n'en parle jamais, et Seishu qui va être la plus touchante bien que tous les personnages soient vraiment attachants.

Hina et Naru
On part donc d'une ambiance un peu néfaste et, peu à peu, la légèreté et la joie s'installent dans le quotidien de "sensei" et dans nos petits cœurs. Ce que j'ai apprécié dans cet animé sans prétention, c'est qu'il prend le contre-pied des histoires du genre. Normalement, on est toujours face  à un débutant qui doit apprendre à mettre sa vie en pause pour s'entraîner à devenir plus fort (dans un sport, un jeu, un art...). Ici, Seishu a déjà franchi cette étape, et on suit le chemin inverse : celui où le héros doit relâcher la pression pour fournir un travail plus proche de ce qu'il est vraiment, plus naturel et moins académique.

Juste parce que j'adore la bouille de la maman de Seishu!

En conclusion, Barakamon est un animé que je ne regrette pas d'avoir découvert! Souvent drôle, parfois un peu triste, j'ai passé un très agréable moment en compagnie de ces personnages attachants et hauts en couleur! La petite Naru est mignonne comme tout et chacun apporte quelque chose de frais et de léger à l'ensemble. Je crois que je peux donc dire sans peine que Barakamon a été un coup de cœur pour moi, j'ai d'ailleurs l'intention de commencer la lecture du manga à la rentrée!

vendredi 29 juillet 2016

La Couleur de l'eau - Kerry Hudson

Auteur : Kerry Hudson
Édition française : Le Livre de Poche, 2000
Distinction : Prix Femina Étranger 2015

Quatrième de couverture
Sous le charme, Dave, vigile dans un luxueux magasin londonien, laisse partir une jeune voleuse qu’il vient de surprendre. Sa journée terminée, il la découvre dehors, à l’attendre. C’est le début d’une relation complexe entre deux êtres abîmés. Comment Alena, venue avec tant de projets de sa Russie natale, s’est-elle retrouvée à la rue et sans papiers ? Pourquoi Dave vit-il comme en exil à quelques kilomètres de chez lui ? Qu’ont-ils bien pu traverser l’un et l’autre pour être si tôt désabusés ?

Page après page, ils s’apprivoisent, se rapprochent – et prennent soin d’éviter leurs zones d’ombre : les réseaux de prostitution, les compromissions, les peurs et les espoirs étouffés de l’une, les cités anglaises à l’horizon bien bas, les rêves d’aventure et les lâchetés de l’autre.

Se gardant des clichés et du larmoyant, Kerry Hudson donne voix aux classes souvent délaissées par la littérature et raconte ses personnages avec leurs fragilités et leurs faiblesses. De l’East London à la Sibérie en passant par Moscou, elle tresse un récit d’une grande finesse, mêlant portrait social et histoire d’amour moderne. Un roman lumineux.

Premières phrases
Elle était dans Bond Street, touristes et clients se pressaient autour d’elle. Quelques jeunes filles quittèrent ensemble le magasin, balançant leur sac à main, leurs jambes grêles et bronzées vacillant sur des talons d’une hauteur impossible : on aurait dit des faons affublés d’accessoires. Alena passa en revue les règles – c’était bien d’en avoir.
Règle n° 1 : toujours à l’heure du déjeuner, il y a moins de vendeuses et celles qui restent ne font pas attention, elles ont faim et attendent avec impatience leurs soixante minutes de liberté.
Règle n° 2 : les vêtements n’ont pas d’importance. Sa robe bain de soleil unie en coton jaune pouvait passer pour un vêtement d’une simplicité très coûteuse. Sauf à remarquer que les bretelles sciaient très légèrement la peau tendre entre ses aisselles et ses seins, personne n’aurait pu deviner qu’elle l’avait trouvée dans le carton de fripes d’un refuge pour femmes. De toute façon, elle avait vu des gens habillés de vieux vêtements hideux sortir de chez Harrods, des sacs brillants dans chaque main, puis monter dans des Bentley, comme si l’argent les dispensait de se conformer aux normes communes.
Règle n° 3 : prendre l’Expression. Quelle que soit sa nervosité, elle pouvait toujours croire à l’Expression. Elle pouvait l’invoquer et cela ne lui coûtait rien. Du fait que ni l’argent ni la légitimité ne pétillait dans ses veines comme un champagne particulièrement doré, l’Expression troublait les gens ; elle ne cadrait pas avec ses cheveux coupés à la diable, ses épaules maigres et son air famélique. Elle haussa un tout petit peu les sourcils, releva son menton pointu, adopta un air indifférent, les paupières tombantes, et observa la vitrine.

Mon avis
Enfin j'arrive au bout de la lecture d'un roman, et ça n'a pas été de tout repos. Je voulais absolument lire ce livre pour avancer un peu mes challenges mais je crois que j'aurais du me lancer dans quelque chose de plus facile et de plus léger avant d'entamer La Couleur de l'eau. La couverture, jaune et légère, et le titre me laissaient penser qu'il s'agissait de quelque chose de joyeux et estival alors que pas du tout. S'il s'agit d'une histoire d'amour, le ton et les thèmes abordés sont en réalité plutôt sombres. L'histoire s'ouvre sur Alena, une jeune femme russe qui a grandit dans la pauvreté et qui rêvait de trouver un travail et de pouvoir enfin aider sa mère à vivre mieux. Alors quand elle a l'opportunité de partir à Londres pour y commencer une nouvelle vie, elle n'hésite pas une seconde. Mais lorsqu'elle arrive sur place, elle découvre une toute autre réalité que nous découvrons petit à petit, au fil de flash-backs présents tout au long du roman. Parce qu'en réalité, le roman se centre sur la rencontre de cette jeune femme avec David, un agent de sécurité qui la laisse partir après l'avoir surprise en train de tenter de voler une paire de chaussures dans un magasin plutôt cher.

Autour de cette relation se développent les thèmes de la migrations, de la prostitution, de la violence, de la politique... Bref, on est vraiment loin d'un roman d'amour à l'eau de rose et, à aucun moment, l'ouvrage de Kerry Hudson ne tombe dans le sentimentalisme. Alena et David sont des personnages à la fois attachants et énervants. Attachants car ce sont tous les deux des écorchés vifs que la vie n'a pas épargné et qu'ils réussissent malgré tout à continuer d'avancer. Énervants car leur difficulté à communiquer m'a souvent perturbée. Les non-dits sont amenés dans l'histoire sous forme de flash-backs et j'avais souvent du mal à comprendre quand on passait du présent au passé et inversement. Il fallait à chaque fois que je revienne au début du paragraphe pour bien resituer les événements et c'est quelque chose que je n'aime pas trop faire. Après, c'est peut-être aussi parce que j'ai eu du mal à entrer pleinement dans cette histoire que j'ai du revenir souvent en arrière. Et j'ai eu du mal à entrer dans cette histoire parce que je me suis forcée à la lire à un moment où j'avais besoin d'autre chose.

Résultat des courses : je ne me forcerai plus à lire un livre qui ne correspond pas à mon humeur du moment. La Couleur de l'eau n'a été, à mes yeux, ni un bon livre, ni un mauvais livre. J'ai trouvé l'histoire intéressante mais j'ai vraiment eu du mal à en venir à bout. Trop noir et trop sérieux pour une lecture estivale.

Citations
Il devait l’admettre, il était imprudent. Aveugle au danger qui consistait à laisser une inconnue prendre possession de lui. Et si au début sa beauté pleine et chaleureuse l’avait empêché de penser à autre chose, tout le reste formait à présent l’hameçon accroché à ses tripes que rien ne pourrait arracher.

Quand Dave rentrait du travail, il se douchait et elle se précipitait vers lui pour embrasser ses lèvres humides. Elle avait envie d'entrer sous la douche avec lui, mais elle dormait toujours seule le soir dans le lit double. D'une certaine manière, les quelques pas entre la chambre et le salon, jusqu'à Dave, étaient devenus une longue distance qu'elle avait de plus en plus peur de franchir, comme si c'était une forêt sombre et menaçante, hantée par des bêtes à la gueule ensanglantée et de méchantes sorcières.

Elle s'était demandé comment il avait pu lui cacher un truc aussi énorme, son David transparent, mais bien sûr, elle le savait mieux que personne, et les mots étaient sortis de sa bouche avant que la nouvelle Alena presque bonne puisse les ravaler.

Ce livre a été lu dans le cadre de deux challenges

Un livre d'un auteur anglais

Challenge Petit Bac 2016
Ligne 1 : Couleur
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...