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lundi 26 octobre 2015

Bridget Jones : Folle de lui - Helen Fielding

Quand j'ai appris la sortie du troisième volet des aventures de notre Bridget internationale, j'avoue que j'étais aux anges. S'il y a bien une héroïne attachante dans la littérature contemporaine, c'est elle! Quand je l'ai découverte, j'avais dans la vingtaine et pourtant, j'étais parvenue à m'identifier au personnage, voire à me projeter dans le futur en m'imaginant vivre les mêmes aventures. Malheureusement ou heureusement, ma vie sentimentale s'est avérée beaucoup plus calme (quoi que...) et me voilà aujourd'hui arrivée à l'âge de Bridget dans ses premières péripéties. J'étais donc impatiente de voir ce qu'elle était devenue et si j'allais pouvoir continue à me projeter à travers elle. Quand je me suis lancée dans la lecture, j'avais pris soin de ne lire aucune information que le roman afin de garder la surprise complète. Et de ce côté-là, j'ai réussi... je ne savais pas que Bridget avait maintenant la cinquantaine, qu'elle avait deux enfants en bas âge et encore moins que Marc Darcy était mort! Et pour celles et ceux qui crieraient au spoil, pas d'inquiétude, on le sait dès le début du roman. Darcy est mort, et Bridget a un toy boy...

Que faire lorsque votre toy boy fête ses 30 ans le soir où votre meilleure amie célèbre ses 60 ans ? Est-il moralement condamnable d'aller chez le coiffeur quand vos enfants ont attrapé des poux ? Est-ce mal de tricher sur son âge sur les sites de rencontre ?
Confrontée à ces graves problèmes, et à quelques autres non moins angoissants, Bridget relève courageusement le défi d'élever seule deux jeunes enfants, d'apprendre à maîtriser tweets et textos et, surtout, redécouvre sa sexualité à l'heure de - aïe ! le mot qui fâche - l'âge mûr.

Bon, d'un côté on se doute bien que si Bridget s'était juste mariée avec Marc Darcy, avaient eu des enfants et avait mené une vie de famille exemplaire, ce troisième volet de la saga n'aurait pas lieu d'être. Pourtant, je n'ai pas vraiment été emballée par les choix d'Helen Fielding concernant son héroïne et j'ai eu beaucoup de mal à me plonger dans ce roman et à m'intéresser aux nouveaux déboires de Bridget partagée entre son deuil et ses besoins de femmes. Car si, effectivement, le sujet aurait pu être intéressant et l'histoire bien menée, notamment en prenant le risque de changer un peu la Bridget qu'on connaissait pour laisser place à une Bridget plus mature, l'auteur a choisit de nous présenter une héroïne de 50 ans agissant comme elle le faisait déjà une vingtaine d'années auparavant. Du coup, ce n'est pas du tout cohérent... Quand on fait un choix il faut l'assumer jusqu'au bout et nous présenter une Bridget de 50 ans qui agit comme une femme de 50 ans tout comme notre Bridget de 30 ans agissait comme une femme de 30 ans juste un peu plus déjantée que la moyenne. Ici, on a vraiment du mal à s'identifier au personnage et à s'y attacher. On a du mal à comprendre les choix de Bridget et à y adhérer. Bref, Bridget, c'est comme une super pote qu'on retrouve après des années et qu'on ne retrouve pas car on n'a pas évolué de la même manière. On ne peut pas dire ici que ça ne marche pas car elle a trop changé mais, au contraire, car elle n'a pas changé du tout.

Et j'ai eu la même impression que depuis vingt ans, celle d'être le vilain petit canard, incapable de participer à leur conversation parce que j'en étais à un stade différent de ma vie, bien que nous ayons le même âge. Comme s'il y avait eu un tremblement de terre et que ma vie se déroulait des années après la leur, dans le mauvais sens.

Et si Bridget Jones n'a pas évolué, c'est peut-être parce que Helen Fielding elle-même n'a pas évolué dans sa façon d'envisager les choses. Ou du moins, elle a tenté de donner l'impression qu'elle avait tout chamboulé afin de donner aux lecteurs une suite complètement inédite et inattendue alors qu'en réalité il ne s'agit pour ainsi dire que d'une sorte de réécriture en condensé des deux volets précédents. Bien sûr, il y a des éléments nouveaux qui apparaissent sous la forme des deux enfants de Bridget. Mais en dehors de ça, le veuvage de Bridget est juste la version cinquantenaire du célibat - en plus dramatique évidemment mais rappelons que Bridget à un toy boy - et ses histoires de cœur ne sont pas très différentes de ses précédentes. Le toy boy, bien que plus mature que ne l'était Daniel, représente tout simplement le mec pas fait pour elle, très vite remplacé par le mec à l'aspect et au comportement barbant mais qui correspond finalement à ses attentes. Sauf que là, l'histoire d'amour de Bridget se sent à des kilomètres et n'arrive qu'à la fin, presque comme un cheveu sur la soupe avec un personnage auquel on ne s'est pas du tout attaché contrairement à Marc Darcy. Quant à Daniel, qui apparaît aussi dans ce troisième opus, il a subit le même traitement que Bridget : zéro évolution...

Les femmes aussi ont leurs besoins... De quelle utilité sera une mère pour ses pauvres enfants si elle souffre d’un manque total d’estime d’elle-même et si elle est frustrée sexuellement ? Si tu ne trouves pas un mec, et vite, tu vas afficher fermeture définitive. Et ce qui est pire, tu vas te ratatiner. Et t’aigrir.


En guise de conclusion, je dirais que c'est une lecture que je ne regrette pas d'avoir faite car je m'en serais voulue de ne pas avoir lu le fin mot de l'histoire mais que je n'adhère pas à tous les choix d'Helen Fielding. Pour autant, certains passages m'ont émue ou fait rire mais cela me rassure que l'adaptation cinématographique prévue se passe avant le roman et ne reprenne pas la trame de ce dernier!

mercredi 21 octobre 2015

Boulevard des Pyrénées - Gilles Laporte

La rentrée est passée depuis belle lurette, avec tout ce que ça implique pour moi au niveau emploi du temps. J'ai lu énormément au mois d'Août et n'ai eu le temps de vous parler de rien malheureusement. Mais j'essaierai de revenir sur mes lectures pendant ces vacances scolaires qui ne durent qu'une semaine pour moi... Bref, je ne suis pas là pour vous raconter les détails de ma vie mais pour vous parler du dernier roman que j'ai reçu à l'occasion de l'opération Masse Critique organisée par Babelio! Il s'agit de Boulevard des Pyrénées de Gilles Laporte, auteur que je ne connaissais absolument pas mais dont le livre aborde non pas un sujet mais un lieu qui me tient un peu à coeur. Ayant vécu un an à Pau, près du Boulevard des Pyrénées et juste derrière le musée Bernadotte évoqué dans le livre (rue Bernadotte précisément), ayant maintes fois pris le funiculaire, ayant visité le château d'Henri IV et le musée des Beaux-Arts, et surtout ayant apprécié cette année dans le Béarn plus que de raison, j'espérais que ce livre me plongerait dans une "nostalgie heureuse" - si je peux me permettre d'emprunter le terme à Madame Nothomb. Mais j'ai finalement moins apprécié l'histoire que le fait de me retrouver à Pau durant quelques 240 pages.

Invité au salon du livre du palais Beaumont, un auteur à succès arrive à Pau. Au moment de descendre du train, une très belle femme, mystérieuse, de noir vêtue, lui lance : " A bientôt ! " Perturbé par une séparation en cours, troublé, il voit dans cette rencontre la promesse d'une chaude aventure et le sujet d'un nouveau roman.
Plusieurs jours durant, ils vont se retrouver face au spectacle grandiose des montagnes, sur le mythique boulevard des Pyrénées, au restaurant, dans sa chambre d'hôtel ou chez elle. De rendez-vous en rendez-vous, cet homme sûr de lui et de son charme pénètre avec la secrète inconnue dans un monde fascinant qui va le malmener parfois, le réjouir souvent, l'inviter à s'ouvrir enfin à... l'Amour.
Sur fond d'échanges entre science et liberté originelle, de passion amoureuse, de bonne chère et de vins grisants, un destin surprenant d'homme ébloui par la lumière des Pyrénées et l'éclat vert émeraude d'un regard de femme.

Ce roman est un peu particulier, et ce dès le départ, puisque l'auteur/narrateur écrit une sorte de roman dans le roman. Le concept m'a plu au début mais s'est vite avéré lassant car il retranscrit ce qui a déjà été écrit auparavant à plusieurs reprises, et ces passages sont de plus en plus longs. D'autant plus que, n'ayant pas particulièrement apprécié l'oeuvre, j'ai trouvé ces répétitions un peu lourdes (je les ai souvent complètement zappées) et cela m'a paru être de la durée de lecture artificielle, autrement dit des pages qui auraient pu être économisées. Mais avant d'en venir à la fin, commençons par le début qui prend place dans un train Dax-Pau, que j'ai par ailleurs souvent emprunté, où le narrateur tombe sous le charme d'une femme mystérieuse qu'il retrouvera au Salon du Livres du Palais Beaumont où il est venu présenter ses œuvres, et prendre du recul vis-à-vis de sa relation maritale. Cette femme est belle, on le sait car le narrateur le répète toutes les 10 pages. Elle sent l'Ylang-Ylang ou la vanille, elle a un nævus à la naissance du sein gauche et porte un soutien-gorge de dentelle noire... tout ça aussi, on le sait car l'auteur le répète chaque fois qu'il la voit. Honnêtement, chaque fois que je relisais une de ces phrases, je poussais un soupir parce que je crois que j'ai rarement lu un style aussi lourd... Bref, peu à peu, leur relation évolue et l'auteur/narrateur décide de prolonger son séjour à Pau pour se laisser embarquer par la mystérieuse femme en noir qui va lui faire découvrir la ville de Pau et lui parler de ses recherches sur le cerveau.

Elle avait chaud, ouvrit son manteau, dénoua la soie noire, libéra le bouton supérieur de son chemisier, laissa paraître la dentelle de son soutien-gorge. L'autre sein portait le même œil de merle, un peu plus bas, à l'approche de ce que les géographes appellent "gorge".
Bon Dieu, qu'elle était belle!

Mais ce qui importe à l'auteur, ce n'est pas tant ce que lui raconte cette femme que de rester les yeux fixés sur son décolleté à chercher le fameux œil de merle. Parfois, il se rappelle qu'il est marié et un soupçon de remords apparaît, bien vite balayé par le fait que, je cite, "cette aventure naissante alimenterait à coup sûr l'un de [ses] prochains romans". Mais il se pose beaucoup plus de questions sur la raison du changement de parfum de la femme, sur le fait de savoir si elle porte des collants ou des bas et sur les raisons qui font qu'un jour elle le vouvoie et un jour elle le tutoie que sur sa culpabilité vis-à-vis de sa femme qui, finalement, est assez anecdotique et n'apporte rien à l'histoire en elle-même. Enfin, j'ai moyennement apprécié que l'auteur fasse de ce roman une sorte de bibliographie personnelle où il en profite pour placer les titres et les sujets de chacun de ses précédents bouquins, même si j'imagine qu'il justifie cela par un moyen de rendre le personnage plus réel, voire de faire croire au lecteur qu'il s'agit d'un épisode de sa propre vie. Mais j'avoue que je n'ai pas du tout envie de savoir s'il s'agit d'une histoire vraie ou inventée. Cependant, il y a quand même quelques petites choses que j'ai appréciés dans ce roman, la première étant évidemment de me retrouver à Pau comme je l'ai dit. J'ai beaucoup aimé la précision avec laquelle les différentes stations du Boulevard des Pyrénées sont intégrées à l'histoire, et comment la ville y est mise en valeur. La fin est également assez imprévisible mais ne suffit malheureusement pas, pour ma part, à rattraper toutes les longueurs, les lourdeurs et les répétitions de ce livre que j'ai mis beaucoup de temps à lire alors qu'il est relativement court et que j'ai sauté pas mal de passages...

Après tout, ce livre était un roman, cet homme un personnage de ce roman, cette histoire une autre histoire que la mienne ! Certes le romancier alimente toujours son oeuvre de ce qu'il fut, est, sera, mais l'imagination surtout en est le moteur qui permet de transmuter le plomb en or, et l'auteur en deus ex machina providentiel.


En conclusion, j'ai vraiment été déçue par ce livre qui, à mes yeux, ne répond pas du tout aux promesses faites sur la quatrième de couverture. Je m'attendais à une romance sur fond de Pyrénées, dans une ville que j'affectionne particulièrement et je me suis retrouvée face à une histoire à la limite de la pornographie. Non pas que je sois choquée outre-mesure par ce que j'ai lu mais ce n'est pas ce que j'attendais de ce roman. Ajouté à ça les multiples répétitions de tournures de phrases voire de passages entiers et on a un livre qui aurait pu être entièrement contenu dans une nouvelle...
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