Les dernières chroniques

dimanche 8 novembre 2015

Millénium 4 : Ce qui ne me tue pas - David Lagercrantz

Voilà un autre livre que j'attendais avec autant d'impatience que d'appréhension! Pourtant pas très adepte de romans policiers et de polars, je suis tombée sous le charme de cette saga depuis la sortie du film (version suédoise avec Noomi Rapace), après quoi je me suis jetée sur les romans et je ne pensais vraiment pas qu'un quatrième volume verrait le jour. Et pourtant, le voilà. Ecrit par David Lagercrantz, un ancien journaliste du crime à qui l'on doit... Je suis Zlatan Ibrahimović, une biographie du footballeur! Autant dire tout de suite que cette nouvelle m'a fait très peur et que je ne savais pas du tout à quoi m'attendre! Alors je ne sais pas si c'est parce que je m'attendais au pire, mais j'ai finalement adoré cette suite des aventures de Super Blomkvist et de Lisbeth Salander, tout à fait digne des précédents titres écrits par Stieg Larsson.

Elle est une hackeuse de génie. Une justicière impitoyable qui n’obéit qu’à ses propres lois.
Il est journaliste d’investigation. Un reporter de la vieille école, persuadé qu’on peut changer le monde avec un article. La revue Millénium, c’est toute sa vie. Quand il apprend qu’un chercheur de pointe dans le domaine de l’intelligence artificielle détient peut-être des informations explosives sur les services de renseignements américains, Mikael Blomkvist se dit qu’il tient le scoop dont Millénium et sa carrière ont tant besoin. Au même moment, Lisbeth Salander tente de pénétrer les serveurs de la NSA…
Dix ans après la publication en Suède du premier volume de Millénium, David Lagercrantz livre un thriller d’une actualité brûlante et signe les retrouvailles des personnages cultes créés par Stieg Larsson. La saga continue.

Après un premier opus qui nous avait présenté deux personnages exceptionnels, Mikael et Lisbeth, mêlés à une histoire sordide mais néanmoins captivante, les deux suivants nous avaient permis d'en découvrir beaucoup plus sur l'enfance de la jeune femme et les intrigues lui étaient majoritairement consacrées puisque, rappelons-le, le grand méchant n'était autre que son père Zalachenko. Dans ce quatrième tome, l'intrigue semble toute autre puisqu'elle tourne autour du meurtre d'un chercheur et de son fils autiste qui a échappé à la mort. Blomkvist, en quête du scoop qui lui permettra de redorer son blason, n'est pourtant pas intéressé par cette histoire jusqu'au moment où il comprend que sa compagne de route est aussi sur l'affaire. Et si Lisbeth s'intéresse à l'affaire, c'est qu'il faut chercher plus loin que ce à quoi on pourrait penser. Cette fois, on entre vraiment dans le domaine de compétence de Lisbeth, le piratage informatique qu'elle pratique sous le pseudo de Gasp. Cela peut donc être assez déstabilisant pour ceux qui sont étrangers à toutes ces problématiques mais, personnellement, j'ai beaucoup apprécié ce changement - pas non plus soudain car on est au fait des facilités de Lisbeth avec les ordinateurs depuis le tout premier tome - qui a permis à l'auteur de nous en dire un peu plus sur les raisons et les événements qui ont poussé Lisbeth à devenir Gasp justement.

En réalité c’est très simple : celui qui surveille le peuple finit à son tour par être surveillé par le peuple. Il y a là une logique démocratique fondamentale.

Et une chose en emmenant une autre, on s'aperçoit que l'ombre de Zala plane toujours au-dessus de sa tête, comme un vieux démon qui ne la quittera jamais. J'ai lu quelques critiques qui reproche le trop-plein d'humanité de Lisbeth dans Ce qui ne me tue pas, tandis que moi - au contraire - j'ai apprécié ce côté un peu plus humain face à un enfant qui ne manque pas de lui rappeler son propre état, à la différence que son père était intouchable alors que celui de petit August est mort... J'ai aussi retrouvé avec un grand plaisir les personnages qui avaient eu un rôle plus ou moins grand dans les anciennes enquêtes : Bublanski, Sonjia Modig, Plague, Erika Berger, etc. J'ai eu, je l'avoue, un peu plus de mal avec toutes les théories mathématiques auxquelles je n'ai rien compris. Heureusement, nulle besoin de les comprendre pour comprendre les tenants et les aboutissants de l'intrigue et j'ai quand même été captivée par cette histoire du début à la fin. Evidemment, j'ai eu un tout petit peu de mal au début car un grand nombre de nouveaux personnages apparaissent et il faut le temps de les resituer dans tout ça, mais une fois les pièces du puzzle remises en place, tout s'enchaîne très vite et je n'avais qu'une hâte : savoir jusqu'où David Lagercrantz allait nous emmener, nous lecteurs, aux côtés de Mikael et de Lisbeth. Et il nous a mené assez loin pour supposer un cinquième tome qui, je l'espère, verra le jour!

Même si elle faisait parfois des efforts, les formules de politesse n’étaient toujours pas son truc. Elle ne l’ouvrait que pour asséner quelques vérités, et préférait se taire le reste du temps.


Un coup de cœur qui n'a pas fait l'unanimité, certes, mais un coup de cœur quand même pour ce livre qui, rappelons-le, a effectivement été écrit dans un "but commercial" (mais après tout, quel écrivain n'écrit que pour la gloire d'écrire? Quelle maison d'édition publie un livre sans être persuadée qu'elle va toucher de l'argent dessus?)  mais dont les royalties seront reversés au journal anti-fasciste créé par Stieg Larsson. Je ne sais pas si c'est ma formation littéraire qui me fait voir les choses d'un autre œil mais je conclurai en disant que ça ne me choque pas qu'un auteur s'approprie les personnages d'un autre car c'est une pratique qui date du Moyen-Âge. Et si l'on peut appréhender la tournure que vont prendre les événements sous une autre plume, on ne peut condamner l'acte en lui-même. David Lagercrantz a su garder en vie Super Blomkvist et Lisbeth Salander, bel hommage à Stieg Larsson qui, de là où il est, doit plus s'insurger de voir à quel point ses proches se battent pour grapiller les miettes qu'il a laissé de son empire que de voir un autre reprendre le flambeau...

lundi 26 octobre 2015

Bridget Jones : Folle de lui - Helen Fielding

Quand j'ai appris la sortie du troisième volet des aventures de notre Bridget internationale, j'avoue que j'étais aux anges. S'il y a bien une héroïne attachante dans la littérature contemporaine, c'est elle! Quand je l'ai découverte, j'avais dans la vingtaine et pourtant, j'étais parvenue à m'identifier au personnage, voire à me projeter dans le futur en m'imaginant vivre les mêmes aventures. Malheureusement ou heureusement, ma vie sentimentale s'est avérée beaucoup plus calme (quoi que...) et me voilà aujourd'hui arrivée à l'âge de Bridget dans ses premières péripéties. J'étais donc impatiente de voir ce qu'elle était devenue et si j'allais pouvoir continue à me projeter à travers elle. Quand je me suis lancée dans la lecture, j'avais pris soin de ne lire aucune information que le roman afin de garder la surprise complète. Et de ce côté-là, j'ai réussi... je ne savais pas que Bridget avait maintenant la cinquantaine, qu'elle avait deux enfants en bas âge et encore moins que Marc Darcy était mort! Et pour celles et ceux qui crieraient au spoil, pas d'inquiétude, on le sait dès le début du roman. Darcy est mort, et Bridget a un toy boy...

Que faire lorsque votre toy boy fête ses 30 ans le soir où votre meilleure amie célèbre ses 60 ans ? Est-il moralement condamnable d'aller chez le coiffeur quand vos enfants ont attrapé des poux ? Est-ce mal de tricher sur son âge sur les sites de rencontre ?
Confrontée à ces graves problèmes, et à quelques autres non moins angoissants, Bridget relève courageusement le défi d'élever seule deux jeunes enfants, d'apprendre à maîtriser tweets et textos et, surtout, redécouvre sa sexualité à l'heure de - aïe ! le mot qui fâche - l'âge mûr.

Bon, d'un côté on se doute bien que si Bridget s'était juste mariée avec Marc Darcy, avaient eu des enfants et avait mené une vie de famille exemplaire, ce troisième volet de la saga n'aurait pas lieu d'être. Pourtant, je n'ai pas vraiment été emballée par les choix d'Helen Fielding concernant son héroïne et j'ai eu beaucoup de mal à me plonger dans ce roman et à m'intéresser aux nouveaux déboires de Bridget partagée entre son deuil et ses besoins de femmes. Car si, effectivement, le sujet aurait pu être intéressant et l'histoire bien menée, notamment en prenant le risque de changer un peu la Bridget qu'on connaissait pour laisser place à une Bridget plus mature, l'auteur a choisit de nous présenter une héroïne de 50 ans agissant comme elle le faisait déjà une vingtaine d'années auparavant. Du coup, ce n'est pas du tout cohérent... Quand on fait un choix il faut l'assumer jusqu'au bout et nous présenter une Bridget de 50 ans qui agit comme une femme de 50 ans tout comme notre Bridget de 30 ans agissait comme une femme de 30 ans juste un peu plus déjantée que la moyenne. Ici, on a vraiment du mal à s'identifier au personnage et à s'y attacher. On a du mal à comprendre les choix de Bridget et à y adhérer. Bref, Bridget, c'est comme une super pote qu'on retrouve après des années et qu'on ne retrouve pas car on n'a pas évolué de la même manière. On ne peut pas dire ici que ça ne marche pas car elle a trop changé mais, au contraire, car elle n'a pas changé du tout.

Et j'ai eu la même impression que depuis vingt ans, celle d'être le vilain petit canard, incapable de participer à leur conversation parce que j'en étais à un stade différent de ma vie, bien que nous ayons le même âge. Comme s'il y avait eu un tremblement de terre et que ma vie se déroulait des années après la leur, dans le mauvais sens.

Et si Bridget Jones n'a pas évolué, c'est peut-être parce que Helen Fielding elle-même n'a pas évolué dans sa façon d'envisager les choses. Ou du moins, elle a tenté de donner l'impression qu'elle avait tout chamboulé afin de donner aux lecteurs une suite complètement inédite et inattendue alors qu'en réalité il ne s'agit pour ainsi dire que d'une sorte de réécriture en condensé des deux volets précédents. Bien sûr, il y a des éléments nouveaux qui apparaissent sous la forme des deux enfants de Bridget. Mais en dehors de ça, le veuvage de Bridget est juste la version cinquantenaire du célibat - en plus dramatique évidemment mais rappelons que Bridget à un toy boy - et ses histoires de cœur ne sont pas très différentes de ses précédentes. Le toy boy, bien que plus mature que ne l'était Daniel, représente tout simplement le mec pas fait pour elle, très vite remplacé par le mec à l'aspect et au comportement barbant mais qui correspond finalement à ses attentes. Sauf que là, l'histoire d'amour de Bridget se sent à des kilomètres et n'arrive qu'à la fin, presque comme un cheveu sur la soupe avec un personnage auquel on ne s'est pas du tout attaché contrairement à Marc Darcy. Quant à Daniel, qui apparaît aussi dans ce troisième opus, il a subit le même traitement que Bridget : zéro évolution...

Les femmes aussi ont leurs besoins... De quelle utilité sera une mère pour ses pauvres enfants si elle souffre d’un manque total d’estime d’elle-même et si elle est frustrée sexuellement ? Si tu ne trouves pas un mec, et vite, tu vas afficher fermeture définitive. Et ce qui est pire, tu vas te ratatiner. Et t’aigrir.


En guise de conclusion, je dirais que c'est une lecture que je ne regrette pas d'avoir faite car je m'en serais voulue de ne pas avoir lu le fin mot de l'histoire mais que je n'adhère pas à tous les choix d'Helen Fielding. Pour autant, certains passages m'ont émue ou fait rire mais cela me rassure que l'adaptation cinématographique prévue se passe avant le roman et ne reprenne pas la trame de ce dernier!

mercredi 21 octobre 2015

Boulevard des Pyrénées - Gilles Laporte

La rentrée est passée depuis belle lurette, avec tout ce que ça implique pour moi au niveau emploi du temps. J'ai lu énormément au mois d'Août et n'ai eu le temps de vous parler de rien malheureusement. Mais j'essaierai de revenir sur mes lectures pendant ces vacances scolaires qui ne durent qu'une semaine pour moi... Bref, je ne suis pas là pour vous raconter les détails de ma vie mais pour vous parler du dernier roman que j'ai reçu à l'occasion de l'opération Masse Critique organisée par Babelio! Il s'agit de Boulevard des Pyrénées de Gilles Laporte, auteur que je ne connaissais absolument pas mais dont le livre aborde non pas un sujet mais un lieu qui me tient un peu à coeur. Ayant vécu un an à Pau, près du Boulevard des Pyrénées et juste derrière le musée Bernadotte évoqué dans le livre (rue Bernadotte précisément), ayant maintes fois pris le funiculaire, ayant visité le château d'Henri IV et le musée des Beaux-Arts, et surtout ayant apprécié cette année dans le Béarn plus que de raison, j'espérais que ce livre me plongerait dans une "nostalgie heureuse" - si je peux me permettre d'emprunter le terme à Madame Nothomb. Mais j'ai finalement moins apprécié l'histoire que le fait de me retrouver à Pau durant quelques 240 pages.

Invité au salon du livre du palais Beaumont, un auteur à succès arrive à Pau. Au moment de descendre du train, une très belle femme, mystérieuse, de noir vêtue, lui lance : " A bientôt ! " Perturbé par une séparation en cours, troublé, il voit dans cette rencontre la promesse d'une chaude aventure et le sujet d'un nouveau roman.
Plusieurs jours durant, ils vont se retrouver face au spectacle grandiose des montagnes, sur le mythique boulevard des Pyrénées, au restaurant, dans sa chambre d'hôtel ou chez elle. De rendez-vous en rendez-vous, cet homme sûr de lui et de son charme pénètre avec la secrète inconnue dans un monde fascinant qui va le malmener parfois, le réjouir souvent, l'inviter à s'ouvrir enfin à... l'Amour.
Sur fond d'échanges entre science et liberté originelle, de passion amoureuse, de bonne chère et de vins grisants, un destin surprenant d'homme ébloui par la lumière des Pyrénées et l'éclat vert émeraude d'un regard de femme.

Ce roman est un peu particulier, et ce dès le départ, puisque l'auteur/narrateur écrit une sorte de roman dans le roman. Le concept m'a plu au début mais s'est vite avéré lassant car il retranscrit ce qui a déjà été écrit auparavant à plusieurs reprises, et ces passages sont de plus en plus longs. D'autant plus que, n'ayant pas particulièrement apprécié l'oeuvre, j'ai trouvé ces répétitions un peu lourdes (je les ai souvent complètement zappées) et cela m'a paru être de la durée de lecture artificielle, autrement dit des pages qui auraient pu être économisées. Mais avant d'en venir à la fin, commençons par le début qui prend place dans un train Dax-Pau, que j'ai par ailleurs souvent emprunté, où le narrateur tombe sous le charme d'une femme mystérieuse qu'il retrouvera au Salon du Livres du Palais Beaumont où il est venu présenter ses œuvres, et prendre du recul vis-à-vis de sa relation maritale. Cette femme est belle, on le sait car le narrateur le répète toutes les 10 pages. Elle sent l'Ylang-Ylang ou la vanille, elle a un nævus à la naissance du sein gauche et porte un soutien-gorge de dentelle noire... tout ça aussi, on le sait car l'auteur le répète chaque fois qu'il la voit. Honnêtement, chaque fois que je relisais une de ces phrases, je poussais un soupir parce que je crois que j'ai rarement lu un style aussi lourd... Bref, peu à peu, leur relation évolue et l'auteur/narrateur décide de prolonger son séjour à Pau pour se laisser embarquer par la mystérieuse femme en noir qui va lui faire découvrir la ville de Pau et lui parler de ses recherches sur le cerveau.

Elle avait chaud, ouvrit son manteau, dénoua la soie noire, libéra le bouton supérieur de son chemisier, laissa paraître la dentelle de son soutien-gorge. L'autre sein portait le même œil de merle, un peu plus bas, à l'approche de ce que les géographes appellent "gorge".
Bon Dieu, qu'elle était belle!

Mais ce qui importe à l'auteur, ce n'est pas tant ce que lui raconte cette femme que de rester les yeux fixés sur son décolleté à chercher le fameux œil de merle. Parfois, il se rappelle qu'il est marié et un soupçon de remords apparaît, bien vite balayé par le fait que, je cite, "cette aventure naissante alimenterait à coup sûr l'un de [ses] prochains romans". Mais il se pose beaucoup plus de questions sur la raison du changement de parfum de la femme, sur le fait de savoir si elle porte des collants ou des bas et sur les raisons qui font qu'un jour elle le vouvoie et un jour elle le tutoie que sur sa culpabilité vis-à-vis de sa femme qui, finalement, est assez anecdotique et n'apporte rien à l'histoire en elle-même. Enfin, j'ai moyennement apprécié que l'auteur fasse de ce roman une sorte de bibliographie personnelle où il en profite pour placer les titres et les sujets de chacun de ses précédents bouquins, même si j'imagine qu'il justifie cela par un moyen de rendre le personnage plus réel, voire de faire croire au lecteur qu'il s'agit d'un épisode de sa propre vie. Mais j'avoue que je n'ai pas du tout envie de savoir s'il s'agit d'une histoire vraie ou inventée. Cependant, il y a quand même quelques petites choses que j'ai appréciés dans ce roman, la première étant évidemment de me retrouver à Pau comme je l'ai dit. J'ai beaucoup aimé la précision avec laquelle les différentes stations du Boulevard des Pyrénées sont intégrées à l'histoire, et comment la ville y est mise en valeur. La fin est également assez imprévisible mais ne suffit malheureusement pas, pour ma part, à rattraper toutes les longueurs, les lourdeurs et les répétitions de ce livre que j'ai mis beaucoup de temps à lire alors qu'il est relativement court et que j'ai sauté pas mal de passages...

Après tout, ce livre était un roman, cet homme un personnage de ce roman, cette histoire une autre histoire que la mienne ! Certes le romancier alimente toujours son oeuvre de ce qu'il fut, est, sera, mais l'imagination surtout en est le moteur qui permet de transmuter le plomb en or, et l'auteur en deus ex machina providentiel.


En conclusion, j'ai vraiment été déçue par ce livre qui, à mes yeux, ne répond pas du tout aux promesses faites sur la quatrième de couverture. Je m'attendais à une romance sur fond de Pyrénées, dans une ville que j'affectionne particulièrement et je me suis retrouvée face à une histoire à la limite de la pornographie. Non pas que je sois choquée outre-mesure par ce que j'ai lu mais ce n'est pas ce que j'attendais de ce roman. Ajouté à ça les multiples répétitions de tournures de phrases voire de passages entiers et on a un livre qui aurait pu être entièrement contenu dans une nouvelle...

vendredi 14 août 2015

Oona & Salinger - Frédéric Beigbeder

En Juillet, j'ai effectué un stage à la bibliothèque de mon village et ce livre ne cessait de me faire de l’œil - parmi tant d'autres. Je me suis donc enfin décidé à l'emprunter et, je vous l'avoue, il s'agit ici de mon premier Beigbeder... Mais il faut un début à tout et je pense que j'ai bien fait d'attendre ce roman pour découvrir un auteur assez controversé car il aborde ici un sujet qui me fascine : J. - D. Salinger. Je pensais vous avoir parlé de cet auteur énigmatique à travers une chronique sur le roman Mon année Salinger de Joanna Smith Rakoff mais je m'aperçois que je ne l'ai pas faite. Cela dit, j'avais dévoilé quelques unes de mes motivations quant à la découverte de Salinger dans ma chronique sur son seul et unique roman, L'attrape-cœurs. Bref, pour en revenir au " roman non-fictionnel" de Beigbeder, je peux vous le dire tout de suite : je l'ai adoré. Du début à la fin. J'ai dévoré chaque page de cette histoire d'amour. Mais pas que.

Il arrive un moment, dans certains pays, à certaines époques, où les hommes semblent attendre un événement important et tragique qui permettrait de résoudre tous les problèmes. Ces périodes sont généralement nommées : avant-guerre. Elles sont assez mal choisies pour tomber amoureux.
En 1940, à New York, un écrivain débutant nommé Jerry Salinger, vingt et un ans, rencontre Oona O’Neill, quinze ans, la fille du plus grand dramaturge américain. Leur idylle ne commencera vraiment que l’été suivant… quelques mois avant Pearl Harbor. Début 1942, Salinger est appelé pour combattre en Europe et Oona part tenter sa chance à Hollywood.
Ils ne se marièrent jamais et n’eurent aucun enfant.

On découvre Salinger encore tout jeune, à peine la vingtaine, encore loin d'imaginer qu'il sera l'auteur d'un des plus grands romans américains. Il rencontre la jeune et jolie Oona O'neill, elle le fascine, il en tombe amoureux. Ce sont des enfants, leur histoire est tout juste une idylle. Le titre est trompeur, l'histoire d'amour entre Jerry et Oona n'est qu'une infime partie du contenu de ce roman, et c'est tant mieux. Car il nous emmène bien bien plus loin que ce à quoi on s'attend. C'est un roman d'amour et de guerre, un roman sur le passé et sur le présent, un roman historique et un roman fictif, un roman sur Salinger et un roman sur Beigbeder, un roman sur la littérature et sur le cinéma, un roman photo et un roman Youtube. Bref, c'est un roman qui, en 350 pages, nous transporte littéralement et nous fait marcher sur un fil, tels des équilibristes, entre le vrai et la fiction. On ne sait jamais vraiment où commence l'un ni où s'arrête l'autre mais on a envie d'y croire...

Je crois qu'il ne faut pas souhaiter un amour courtois, même à son pire ennemi. Mais je crois aussi que la littérature n'est pas la vie, et que rien n'est plus beau, dans un livre et seulement dans un livre, que de telles histoires non vécues. Elles n'ont pas eu lieu, elles n'ont rien donné, elles n'ont pas duré, elles n'ont existé (ou "inexisté"), que pour devenir un roman ou un poème.

Ce roman, ce n'est donc vraiment pas l'histoire d'amour entre Oona et Salinger mais leur non-histoire. Un aperçu de ce qui aurait pu être si elle avait choisi Jerry plutôt que Charlie. Si la guerre n'avait pas changé la vision du monde de Salinger, s'il n'avait pas fini reclus et solitaire. Si cela n'avait pas laissé à Oona l'opportunité de rencontrer ce grand homme du cinéma qu'était Charlie Chaplin. Car malgré leur différence d'âge - 37 ans tout de même - un amour est bel et bien né. Les mauvaises langues diront sans doute que l'argent y est pour quelque chose mais Oona semble avoir vécu très heureuse auprès de l'homme qu'elle a choisi et à qui elle a tout de même donné huit enfants! Quant à l'idylle entre Salinger et Oona, si elle laisse rêveur, elle aura au moins permis à Beigbeder de signer un excellent roman qui lui permet, du même coup, de se justifier quant à son mariage avec une femme elle aussi plus jeune. Car si ça a marché entre Oona et Chaplin, pourquoi ça ne marcherait pas entre lui et Lara Micheli, de - seulement - 24 ans sa cadette?

Il en a fallu des coïncidences et des hasards; ils avaient une chance sur un milliard d'arriver, ensemble, à fabriquer Geraldine Chaplin, née à Santa Monica le 31 juillet 1944, pour qu'elle puisse jouer dans Le Docteur Jivago, et que sa fille , Oona Castilla Chaplin, puisse se faire poignarder enceinte dans Game of Thrones.


Il paraît que dans ses romans, Beigbeder a un peu trop tendance à parler de lui. Je ne le connais pas encore assez pour juger de cela car si, effectivement, il se sert de l'histoire d'Oona, Jerry et Charlie pour parler de lui, j'ai trouvé cela intéressant et le roman m'a fasciné. C'est, pour moi, un réel coup de cœur qui me donne enfin envie de découvrir la bibliographie de cet auteur qui ne fait pas l'unanimité. Mais un auteur qui fait l'unanimité, en général, ça n'augure rien de très bon. 

lundi 6 juillet 2015

Un beau jour peut-être - Lauren Graham

C'est enfin les vacances et je devrais en profiter pour écrire mon mémoire... Mais au lieu de cela, j'en profite pour lire. Enfin!!! J'ai l'impression de ne pas avoir terminé un livre depuis une éternité. Et quoi de mieux pour commencer cet été qu'un roman écrit par une actrice que j'adore : Lauren Graham. Pour la petite histoire, il s'agit de la jeune femme qui avait brillamment interprété le rôle de Lorelai Gilmore dans la série Gilmore Girls (ma série préférée entre toutes!) et qui a ensuite endossé celui de Sarah Braverman dans la série Parenthood, que je découvre en ce moment même et que j'aime beaucoup également. Je ne pouvais donc pas passer à côté de ce premier roman, d'autant plus que je savais qu'il y avait une petite part (toute petite) d'autobiographie dans cette histoire.

Lauren Graham, actrice vedette de Gilmore Girls et de Parenthood, signe un roman drôle et touchant, qui relate les déboires d'une jeune actrice venue tenter sa chance à New York.

« On ne naît pas star, on le devient. » C’est ce que s’est dit Franny Banks en débarquant à New York, avec la ferme intention de devenir célèbre. Un projet ambitieux qu’elle s’est accordé trois ans pour réaliser. Hélas, il ne lui reste plus que six mois pour réussir son pari, et sa carrière de comédienne ne décolle pas.
Sa plus grande réussite jusqu’à présent est une publicité vantant les mérites d’une marque de lessive. Dépitée, Franny se goinfre de feuilletés au fromage et se punit en s’infligeant d’interminables séances de jogging. Et voilà qu’un beau jour, la chance lui sourit : elle tient enfin l’occasion de jouer devant des pros. La célébrité, c’est maintenant ou jamais… à condition de ne pas se laisser déstabiliser par James Franklin, l’acteur le plus talentueux de son cours.

En effet, il y a quelques détails de la vie et de la carrière de Lauren qui laissent à penser que Franny, l'héroïne de son roman, est un alter-ego de l'auteure. Ne serait-ce que les détails concernant sa chevelure difficile à dompter ou bien le fait qu'elle a obtenu son premier rôle "important" en 1995, année durant laquelle se déroule Un beau jour peut-être. On fait donc la rencontre de Frances, surnommée Franny en référence à l'héroïne de Salinger, une jeune femme drôle et maladroite qui rêve de devenir actrice. Elle débarque donc à New York et se donne trois ans pour atteindre son objectif. Le début du roman se situe à six mois de la date fatidique alors que Franny n'a obtenu qu'un rôle dans une publicité pour de la lessive et un autre dans un épisode de sitcom. Aussi, elle est dans cette période entre motivation et doutes, entre l'envie de tout donner pour réaliser son rêve et celle de tout abandonner. Franny, c'est donc un peu la Bridget Jones des actrices, et cette impression est renforcée par la présence régulière de pages issues de son agenda, dans lequel elle note ses rendez-vous, ses repas, ses heures de jogging... bref, un vrai journal de bord!

Un vrai boulot, ça devrait me rassurer. Tout le monde rêve d'un salaire régulier et d'un bureau équipé d'un téléphone et d'un fax. D'ici là, j'aurai peut-être même appris à me servir d'un ordinateur. Après le boulot, j'irai boire un verre avec mes gentils collègues qui me parleront de leur gentille famille ou du passionnant projet qu'ils sont en train de peaufiner dans leur garage. Et lorsqu'on se racontera ce qu'on a regardé la veille à la télé, je pourrai leur dire qu'un jour j'avais essayé d'être actrice.

Les deux héroïnes partagent quelques points communs comme leur célibat, la recherche de l'homme de leur vie ou encore le fait qu'elle ne correspondent pas forcément aux critères de minceur à la mode. C'est d'autant plus frappant dans le milieu que fréquente Franny puisqu'elle est constamment entourée d'actrices au corps parfait, ultra-mince et elle tente d'ailleurs pas mal de régime afin de leur ressembler. Mais la comparaison s'arrête ici et la romance ne sera finalement pas l'objet principal du livre de Lauren Graham même si elle y tient une certaine place. J'avoue que tout au long de ma lecture, je n'ai vraiment pas pu m'empêcher de faire l’amalgame entre Franny et Lauren, voire même entre Franny et Lorelai Gilmore. En fait, le roman est parsemé de nombreuses références littéraires et cinématographiques qui n'ont pu que me rappeler le principe même de la série Gilmore Girls et c'est sans doute la raison pour laquelle mon avis n'est peut-être pas le plus objectif. J'aime tellement cette série, j'aime tellement la personnalité de Lauren et les personnages qu'elle interprète que j'ai parfois du mal à faire la différence entre les deux. Et ici, c'est un peu la même chose. 

Je me sens trop conne. Il a raison, c'est sûr. Je n'y croyais même pas, à ce rôle. Je peux quand même pas leur reprocher d'avoir pensé la même chose que moi. C'était grillé d'avance. N'empêche que quelque part, tout au fond de moi, j'y croyais quand même. Ça m'arrangerait pas mal que mon côté winneuse et mon côté loseuse décident enfin de faire la paix, trouvent un terrain d'entente.


Comme je le disais donc, ce livre a été un coup de cœur pour moi pour des raisons qui me sont propres. Mais je ne suis pas sûre que quelqu'un qui n'a jamais vu Gilmore Girls ou qui ne connait rien de Lauren Graham l'apprécierait autant. Cela dit, Un beau jour peut-être reste un roman très agréable à lire, surtout pendant les vacances d'été car il est touchant, drôle et léger. Le seul regret, c'est que la traduction française contient de nombreuses coquilles, ce que je trouve un peu regrettable...

dimanche 10 mai 2015

Le Paradis des chiens [1] - Sayuri Tatsuyama

Titre original : ある日 犬の国から手紙が来て
[Aru Hi Inu no Kuni Kara Tegami ga Kite]
Dessin : Sayuri Tatsuyama
Scénario : Yukoh Matsui et Maruko Tanaka
Traduction : Karine Rupp-Stanko
Editions : Panini Manga
Date de parution japonaise : 2012
Date de parution française : 2014


Quatrième de Couverture
Quelque part en ce monde existe un pays où tout chien peut se rendre. Les vivants peuvent y jouer à loisir et les morts y couler des jours heureux.

Découvrez l'histoire de ces animaux hors du commun.

Que ceux d'entre vous qui ont perdu un chien ne soient pas tristes. Où qu'il soit, il prie pour votre bonheur. Et qui sait, peut-être vous enverra-t-il une lettre?
Un manga tout en douceur, illustrant les liens si forts qui unissent les chiens et leurs maîtres. 


Encore une fois, c'est grâce à Masse Critique organisé par Babelio, et aux éditions Glénat, que j'ai l'occasion de me replonger dans un manga! A vrai dire, je ne pensais pas réellement apprécier ce manga pour deux raisons : tout d'abord, je ne suis pas très "chien" (je préfère les chats), et puis ça avait quand même l'air assez niais. Mais une fois la lecture commencée, je me suis laissée prendre par les petites histoires d'amitiés entre des chiens et leur maître. Ce sont des histoires très courtes mais attachantes car on découvre malgré tout comment le chien a été adopté, comment les liens se sont tissés et, évidemment, comment le chien meurt à la fin... 

Dis comme ça, ça peut paraître assez cru et ça l'est. Les histoires sont tristes et émouvantes, même pour quelqu'un comme moi qui n'aime pas particulièrement les chiens. Et oui, on a quasiment tous eu un animal de compagnie à qui il a fallu dire au revoir un jour. Un chien ou un chat, un hamster ou même un poisson rouge... la séparation est toujours douloureuse. On peut donc tous très bien ressentir l'émotion qui se dégage de ce manga destiné - je le rappelle - aux enfants, mais pas que.

Marie et sa petite Lily, héroïnes de la première histoire
Le premier tome de cette série nous fait partager le destin de six chiens et de leur maître qui ne sont, à priori, pas liées. Pourtant, certaines histoires se croisent quand même et on retrouve des personnages de l'une à l'autre donnant ainsi l'impression que tout se passe dans la même ville ou, en tout cas, pas très loin. Cela permet aussi de se dire que tous les chiens qui partent pour le paradis des chiens vont s'y retrouver et, peut-être, devenir amis. Qui sait?

Après, tout ce qui tourne autour du paradis en lui-même m'a, personnellement, moins touchée car voir des chiens en tenue d'infirmière ou en train de jouer au foot m'a paru un peu bizarre. Tout comme les lettres écrites par les chiens eux-mêmes que reçoivent les maîtres. Mais faire lire ce manga a un enfant qui a perdu un animal me semble un bon moyen de le consoler un peu de cette tragédie et c'est une façon mignonne et ludique d'appréhender ce genre d'événement.


En conclusion, s'il ne s'agit pas d'un coup de cœur, c'est un manga que j'ai lu avec beaucoup de plaisir et d'émotions. Mignon, doux, triste mais résolument optimiste, il plaira sans doute à tous les amoureux des chiens, des animaux en général et parlera à ceux qui ont déjà vécu la perte d'un animal de compagnie. 

vendredi 10 avril 2015

Big Eyes


Cela faisait tellement longtemps que je ne pouvais plus profiter de mon abonnement à l'UGC que j'ai décidé de me ménager un créneau cinéma hebdomadaire! Du coup, j'ai vu pas mal de films depuis les trois dernières semaines dont le premier a été Big Eyes : le tout dernier Tim Burton. J'avoue que j'étais complètement déconnectée de l'actualité cinéma et que je ne savais même pas que ce film allait sortir. Mais comme j'adore le réalisateur, quand je l'ai vu à l'affiche je n'ai pas vraiment hésité. Mais quand j'ai vu l'affiche et lu le synopsis, j'étais conquise! Je ne connaissais pas du tout Margaret Keane, ni ses "Big Eyes", mais j'ai été ravie de découvrir cette histoire, cette imposture, à travers le regard de Tim Burton et avec les acteurs talentueux que son Christoph Waltz et Amy Adams.


Big Eyes raconte la scandaleuse histoire vraie de l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art. À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret. L’extraordinaire mensonge des Keane a réussi à duper le monde entier. Le film se concentre sur l’éveil artistique de Margaret, le succès phénoménal de ses tableaux et sa relation tumultueuse avec son mari, qui a connu la gloire en s’attribuant tout le mérite de son travail.

Ce film est très très loin de ce qu'on pourrait attendre d'un Tim Burton et je pense que, peut-être, beaucoup de fans de la première heure ont pu être déçus. Pourtant, j'avais personnellement été assez déçue des derniers films du réalisateur - notamment Alice au Pays des Merveilles et Dark Shadows - pourtant fidèles à son univers et j'ai été vraiment contente de le voir s'intéresser à autre chose. De faire quelque chose qu'on attendait pas forcément de lui (cela dit, ce n'est pas la première fois que Burton s'adonne au Biopic, on se souviendra d'Ed Wood en 1994). Bref, Big Eyes est visuellement majestueux. Coloré avec quelques passages plutôt sombres, j'ai adoré me retrouver dans l'Amérique des années 50 où tout est minutieusement, méticuleusement étudié pour une immersion totale, des décors aux costumes en passant par les coiffures et le maquillage. Et que dire de la prestation des acteurs?


Christoph Waltz a parfaitement interprété le personnage de Walter Keane parfaitement adorable et détestable. Il passe de l'un à l'autre avec une facilité déconcertante, si bien qu'on comprend pourquoi Margaret tombe sous le charme avant de se rendre compte de celui qu'il est vraiment... Quant à Amy Adams, elle nous montre encore ici l'étendue de son talent. Celle que j'ai découverte en 2007 dans le rôle de la Princesse Giselle d'Il était une fois a parcouru un long chemin depuis et ne cesse de m'étonner. Quand on voit les photos de la véritable Margaret Keane, on comprend aisément la raison du choix de cette actrice de talent qui a délaissé le long roux pour le court blond mais qui est toujours aussi ravissante. Une autre actrice m'a également interpellée, il s'agit de Krysten Ritter qui interprète l'amie de Margaret, DeeAnn. Je la connaissais pour l'avoir vue dans Gilmore Girls mais aussi dans un certain nombre de comédies romantiques, mais je trouve qu'elle mérite sans doute mieux que des seconds rôles...


Comme je le disais, il s'agit ici d'un biopic. De ce fait, Tim Burton n'a pas pu se laisser autant aller à la fantaisie et à la loufoquerie qu'à son habitude. Pour autant, certains détails ne trompent pas sur l'origine du réalisateur. Tout d'abord, le choix de faire un biopic sur Walter et Margaret Keane n'est pas anodin. Les peintures de l'artiste sont totalement dans l'optique de l'univers Burtonien... Quand on pense aux personnages imaginés par Tim Burton - qu'il s'agisse de Victor, héros des Noces Funèbres et de Frankenweenie ou de Sally dans L’Étrange Noël de M. Jack - on ne peut que noter la taille démesurée de leurs yeux. Je pense donc qu'au-delà de l'histoire d'imposture - certes impressionnante - dont a été complice et/ou victime Mme Keane, Tim Burton a voulu rendre un hommage à une artiste qui l'a inspiré et qui, sans doute, l'inspire toujours. Puis il y a certaines scènes, comme celles où Margaret voient les gens avec de "big eyes" qu'on ne peut trouver que sous la direction d'un réalisateur tel que Tim Burton, surtout dans un biopic dramatique...

Quelques "Big Eyes" de Margaret Keane

En conclusion, Big Eyes est un film que j'ai vraiment apprécié pour toutes les raisons évoquées au-dessus et parce que j'ai découvert une artiste que je ne connaissais absolument pas, ce qui m'a permis de découvrir une autre facette d'un réalisateur que j'admire depuis toujours. Je vous laisse avec la bande-annonce qui, j'espère, saura finir de vous convaincre d'aller voir ce film!


jeudi 9 avril 2015

Birth Marked : Bannie - Caragh M. O'Brien

Cela fait tellement longtemps que j'ai lu le premier tome de cette trilogie qu'est Birth Marked que j'avais peur d'avoir oublié l'histoire de Gaia. Je pense qu'il y a certaines subtilités qui ont du m'échapper mais, dans l'ensemble, la lecture du deuxième tome - Bannie - m'a permis de me remémorer la plupart des événements sans pour autant qu'il ne s'agisse d'une succession de flashbacks. La fin du premier tome, ça je m'en souviens, m'avait laissée complètement abasourdie et j'avais vraiment hâte de savoir ce qu'il allait advenir de Gaia et de sa petite sœur Maya. Bannie m'a donné cette réponse et m'a emmenée dans un univers totalement différent de l'Enclave : Zile.

Quand un simple baiser est un crime, aimer peut vous coûter la vie.

Gaia a quitté l'Enclave, fuyant ses lois cruelles, pour partir à la recherche de sa grand-mère dans la Forêt Morte. Mais ce qu'elle y découvre est bien loin de l'asile qu'elle espérait. .. La jeune fille devra une nouvelle fois puiser au plus profond d'elle-même pour sauver ceux qu'elle aime et briser les interdits.


Dans ce deuxième tome de Birth Marked, Gaia arrive dans la Forêt Morte comme on le lui avait conseillé. Ni elle ni nous, lecteurs, ne savions ce qui l'attendait là-bas ni même si cette fameuse forêt existait vraiment. Et ce qu'elle découvre est loin de tout ce à quoi l'on pouvait s'attendre! Le village de Zile a ses propres lois, ses propres règles et si Gaia veut vivre, elle devra s'y plier. Aussi injustes ou étranges que ces lois lui paraissent, elle devra tenter de les comprendre. Comprendre pourquoi dans ce village, ce sont les femmes qui règnent, comprendre que les hommes n'ont pas leur mot à dire et comprendre également que les relations entre personnes de sexe différent ne sont pas anodines. Un simple geste déplacé et tout peut basculer. A Zile, c'est donc la Matriarche qui fait la loi et s'il est quelqu'un d'aussi têtue que Gaia, c'est bien elle. Cela dit, tout ce qu'elle souhaite, c'est sauver Zile du manque de femmes. 

Nous sommes environ deux mille à vivre à Zile. Neuf sur dix sont des hommes et, à chaque génération, l'écart se creuse. Naturellement, les hommes ne peuvent pas avoir d'enfants. Ce qui signifie que, simplement pour maintenant notre population à son niveau actuel, chacune des deux cents femmes de notre communauté doit enfanter dix fois.

Gaia mettra énormément de temps à accepter ces règles, et elle devra faire des choix difficiles entre ses convictions et ceux qu'elle aime. Mais elle sera forcée de s'habituer à la vie au sein de la communauté de Zile puisqu'une force mystérieuse empêche quiconque de quitter le village sans mourir... Je trouve que dans Bannie, le personnage de Gaia prend en profondeur et en maturité. Elle essaye d'être en accord avec elle-même, même si elle ne prend peut-être pas toujours les bonnes décisions. Le personnage de Léon est, quant à lui, plus nuancé et j'avoue avoir eu du mal à réellement m'attacher à lui alors que je l'avais apprécié dans le premier tome. Mais l'arrivée d'autres personnages tels que les frères Chardo, la Matriarche Olivia, Peony ou encore Norris donne un nouvel élan à l'histoire, et permet d'envisager de multiples possibilités. D'ailleurs, le comportement imprévisible de Gaia offre des rebondissements assez inattendus tout au long du roman bien que j'avoue avoir été un peu déçue par le choix final.

Elle se rappelait alors la tranquilité de la grange de Will, et penser à Will lui rappelait Peter. Et cela la rendait anxieuse. Elle se trouvait en terrain inconnu et elle détestait cette sensation de perpétuelle incertitude.


La suite des aventures de Gaia a donc été un coup de cœur pour moi! Une écriture toujours aussi agréable, un récit prenant et une mise en page soignée : le deuxième tome de Birth Marked m'a encore plus donné envie de connaître le fin mot de cette histoire. Bientôt, donc, la chronique du troisième et dernier tome de la trilogie : Captive!

vendredi 27 mars 2015

Cœur Cerise - Cathy Cassidy

Cela faisait un moment que j'avais acheté ce bouquin, parce que je le voyais sur tous les blogs et parce que la couverture me donnait envie de manger des cupcakes. C'est aussi le genre de bouquin que je stocke pour les moments où j'ai besoin de décompresser complètement devant une histoire mignonne, sucrée, niaise et loin, très très loin de la grande littérature. Et à ce titre, Cœur Cerise, premier volume de la série des "Filles au Chocolat" était parfait! Une histoire mignonne mais quand même un peu recherchée, une écriture très facile à lire, et un voyage tout droit en Angleterre en prime alors pourquoi bouder son plaisir ?

Je m’appelle : Cherry Costello
Mon âge : 13 ans
Je suis : secrète, débordante d’imagination
Mon style : jeans skinny, tee-shirts à motif japonais
J’aime : les fleurs de cerisier, les roulottes de gitans
Je rêve : d’être acceptée par mes quatre nouvelles demi-sœurs

Mon problème : je suis amoureuse du petit copain de ma demi-sœur

Cœur Cerise, c'est l'histoire de Cherry, une jeune demoiselle de 13 ans qui a été élevée par son père et qui se raccroche aux souvenirs de sa maman, d'origine japonaise. Son papa travaille dans une usine de chocolat et Cherry a la fâcheuse tendance à embellir un peu sa vie. Seulement, ses mensonges sont souvent très gros ou trop nombreux pour qu'elle s'en souvienne d'une fois à l'autre... Mais tout est sur le point de changer car son papa, Paddy, souhaite ouvrir sa propre fabrique de chocolat avec l'aide de sa nouvelle conquête, Charlotte, maman elle-même de quatre jeunes filles. Et voilà Cherry et Paddy partis pour Tanglewood House, le Bed & Breakfast tenu par Charlotte et ses filles. Pour Cherry, qui a toujours rêver d'avoir une vraie famille, c'est l'occasion d'avoir une nouvelle maman et quatre sœurs. C'est peut-être aussi l'occasion pour elle de repartir à zéro, sans mensonge. Mais tout va se compliquer lorsqu'elle va faire la connaissance de la fille aînée de Charlotte, Honey, qui ne semble pas vouloir d'une nouvelle sœur ni d'un beau-père, et - pire encore - quand Cherry va tomber sous le charme de Shay, le petit-ami d'Honey...

Le passé est un truc dangereux. On peut le revivre à travers une histoire, le rendre plus doux, plus beau qu'il n'est vraiment... mais pendant la nuit, la vérité refait sournoisement surface, et on se réveille avec un goût amer dans la bouche.

L'histoire est donc assez niaise à première vue, mais j'ai trouvé la petite Cherry très attachante. Je l'ai trouvée assez différente des adolescentes qu'on trouve dans ce genre de romans car elle est loin d'être parfaite, elle est en fait comme toutes les petites filles : elle vit dans son propre monde pour accepter les événements difficiles de sa vie, et la cruauté de ses camarades qui ne la portent pas tous dans leur cœur car elle est différente. Différente car elle n'a pas de maman, et différente parce qu'elle a des origines japonaises. Et aussi des goûts un peu farfelus, comme sa fascination pour les roulottes de gitans. Du coup, j'ai vraiment apprécié son caractère, et j'ai été touchée par son envie d'avoir une famille, par ses espoirs lorsqu'elle découvre qu'elle va avoir quatre nouvelles sœurs et j'avoue aussi que j'ai été peinée par l'accueil que lui réserve Honey. Autant, j'ai beaucoup apprécié les petites sœurs au point d'avoir hâte de lire les tomes leur étant consacrés, autant l'aînée m'a vraiment insupportée et j'ai peur que ça joue sur mon appréciation de son tome à elle. Mais ça, seul l'avenir nous le dira. Concernant le personnage de Shay, pendant longtemps je n'ai pas su quoi en penser et à vrai dire, je ne sais toujours pas si je l'aime bien ou pas mais j'avais envie que ça marche pour lui et Cherry donc je dois quand même l'apprécier j'imagine. Bref, il y a donc pas mal de personnages qui, finalement, ne sont pas tous très approfondie puisque comme je le disais, chaque tome est consacré à une des sœurs Tanberry. 

Un kimono de soie
Flotte dans les arbres
Parfum de jasmin et de larmes


En conclusion, j'ai apprécié cette lecture qui m'a permis de m'évader pendant quelques heures, le tout sur fond chocolaté. J'ai apprécié qu'il y a ait des références dans ce livre réservée aux plus jeunes, comme celle au film Le Chocolat, un film que j'avais adoré avec Johnny Depp et Juliette Binoche! J'ai hâte de découvrir l'histoire des autres soeurs Tanberry, Coco, Summer et Skye, et un peu moins celle d'Honey même si j'imagine qu'après ça, elle devrait me paraître plus sympathique. Quand j'y pense, ce livre aurait tout aussi bien pu être un manga, et chose marrante d'ailleurs : chaque fois que j'imaginais Cherry, je la voyais un peu comme l'héroïne du manga Shugo Chara, cheveux roses et compagnie! Sûrement l'effet kimono et fleurs de cerisiers... Bref, une jolie histoire pour accueillir le Printemps! 

dimanche 22 février 2015

Elle & Lui - Marc Levy

Encore une fois, j'ai reçu ce livre grâce à une édition de Masse Critique organisé par Babelio. Je l'avais déjà dit une fois, je ne suis pas une inconditionnelle de Marc Lévy mais je suis curieuse, et ses livres restent simples à lire, agréable. Il permettent de s'évader un peu, et justement ils me permettent de me sortir la tête de toute cette littérature classique que je lis pour mes études. Et comme c'est aussi un auteur que ma grand-mère adore, c'était une occasion pour le lui faire découvrir en même temps! Bref, une fois n'est pas coutume, j'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture. J'ai d'ailleurs mis très peu de temps à venir à bout des presque 400 pages du roman. Pourtant, je l'avoue, il me manque une pièce du puzzle puisque, si j'avais lu Et si c'était vrai, je suis complètement passé à côté de Vous revoir!

Un site de rencontres les a réunis. 
Ils ne sont pas devenus amants, mais amis. 
Et ils comptent bien en rester là… 

Elle est actrice. Lui écrivain. 
Elle s’appelle Mia. Lui Paul. 
Elle est anglaise. Lui américain. 
Elle se cache à Montmartre. Lui vit dans le Marais. 
Elle a beaucoup de succès. Lui pas vraiment. 
Elle est même une star. Mais lui ne le sait pas. 
Elle se sent seule. Lui aussi. 
Il la fait rire. Elle enchaîne les maladresses. 
Elle ne doit pas tomber amoureuse. Lui non plus. 

Dans ce roman, où l’on retrouve les personnages de Et si c’était vrai, Marc Levy nous entraîne dans une histoire d’amour irrésistible et totalement imprévisible.
Elle & lui marque le grand retour de Marc Levy à la comédie.

La bonne nouvelle, c'est que cette lacune n'a en rien entravé ma compréhension d'Elle & lui car même si le roman remet en scène des personnages dont l'histoire a déjà été écrite des années auparavant, ce ne sont pas ceux qui nous intéresseront le plus. J'ai été ravie de retrouver Arthur et Lauren pour quelques nouvelles anecdotes les concernant, mais ceux qui vont nous intéresser ici sont d'une part Paul - qui avait un rôle plutôt important dans le premier volet et qui est le meilleur ami d'Arthur - et Mia - une célèbre actrice anglaise qui vient se ressourcer en France. Vu comme ça, on a évidemment l'impression que le roman de Marc Levy n'est qu'une histoire d'amour relativement banale, une histoire à l'eau de rose. Mais ce n'est pas le cas. Pas vraiment. Avant d'être un roman d'amour, j'ai envie de dire que c'est le roman de l'amitié. Amitié entre les deux personnages principaux, certes, mais aussi et surtout amitié entre Paul et Arthur, entre Lauren et Arthur. Entre Mia et sa meilleure amie Daisy également. Puis des amitiés naissantes, entre Mia et Paul, entre Mia et un caricaturiste de la place du Tertre aussi. Bref, l'amitié y est mis à l'honneur là où l'amour est plutôt mis à mal puisque - vous le verrez en lisant le livre - Mia et Paul ne tombent pas dans les bras l'un de l'autre à la troisième page et chacun d'eux vit une histoire plutôt compliquée que seule l'amitié leur permet d'atténuer.

Que tu souffres par la faute d'un autre, ça je n'y peux rien, mais je ne veux pas te voir souffrir par ta faute à toi. Je suis ton amie et si je me taisais, je m'en sentirais responsable.

Mais au-delà de ces bons sentiments, ce que j'ai sans doute le plus apprécié dans ce roman de Marc Levy, c'est qu'il ne se contente pas de narrer une bête histoire d'amitié ou d'amour. Il y a des éléments bien plus concrets que j'ai pris plaisir à découvrir ou que j'ai été ravie de trouver dans un roman de ce genre. Je pense notamment à tout ce qui concerne le milieu de l'édition, puisque Paul est devenu romancier, cela nous permet de mettre un pied dans cet univers assez mystérieux pour nous autres, lecteurs, et d'en comprendre un peu les ficelles. En effet, Paul est un romancier américain exilé à Paris. Mais il connaît un grand succès... en Corée! Pourquoi? Ça je ne peux pas en dire plus mais ce que je peux dire, c'est que je ne m'attendais pas du tout à la tournure que prendrait les événements et que derrière une histoire qui paraît légère au premier abord, il y a des thèmes bien plus forts et bien plus graves qui sont abordés. Et cela montre bien que, non, les romans de Marc Levy n'ont pas tous une histoire cousue de fil blanc et que même quand tout est bien qui finit bien, il y a toujours des petites choses inattendues, qui nous surprennent, qui nous font rire et nous émeuvent. Alors effectivement, ce n'est pas de la grande littérature classique - et je me ferai sans doute conspuer par mes professeurs pour avoir défendu ce genre de bouquins - mais personnellement, je trouve que ce genre de récit fait du bien au moral et en ce moment, vu le monde dans lequel on vit, on en a bien besoin!

Vous trouvez qu'il n'y a pas assez de drames dans la vrai vie, que les gens ne sont pas suffisamment accablés de malheurs, de mensonges, de lâchetés et de mesquineries, vous voulez en rajouter? Perdre leur temps à leur raconter des histoires qui finissent mal?


En conclusion, ce livre s'est avéré être un véritable bol d'air frais pour moi. Il est sans doute arrivé au moment où j'en avais besoin, et ça m'a fait un bien fou de me plonger dans cette belle histoire qui, dans un sens, nous montre que même quand on a l'impression que tout va mal et que tout va s'écrouler autour de nous, il y a cette petite lueur d'espoir qu'il faut suivre. Même si ça semble être de la folie au premier abord!

vendredi 13 février 2015

Marcel Pagnol, un autre regard - Karin Hann

Comme je l'avais déjà évoqué, je me suis lancée dans un mémoire de Master sur Marcel Pagnol. Aussi, lorsque j'ai vu cet ouvrage dans la dernière édition de Masse Critique organisée par Babelio, je n'ai pas hésité une seconde à le cocher! Si j'avais sélectionné également quelques autres ouvrages, j'espérais vraiment recevoir celui-ci et j'ai été exaucée. Je me suis donc immédiatement plongé dans la lecture de cette biographie - qui n'en est pas vraiment une - bien que ce ne soit pas le genre de livres que j'ai l'habitude de lire. Pourtant, je n'ai éprouvé aucune difficulté à me plonger dedans peut-être parce que je connais déjà bien l'oeuvre de Pagnol, qui est un auteur que j'admire énormément, mais peut-être aussi parce que l'angle de vue qu'a choisi Karin Hann pour son livre est bien différent de tout ce que j'ai lu sur l'auteur jusqu'à présent. En effet, loin de nous offrir une simple biographie de l'auteur, elle se sert de sa vie pour faire parler les œuvres et le résultat est parfois surprenant!

Marcel Pagnol a signé quelques-unes des plus belles pages de la littérature française. Écrivain, dramaturge, mémorialiste, essayiste, romancier, cinéaste, sa brillante carrière force l'admiration. Son oeuvre nous amuse et nous émeut, mais se dévoile-t-elle à nous dans toutes ses subtilités? 
Karin Hann éclaire différemment l'ensemble de cette création artistique, qu'il s'agisse des pièces de théâtre, des livres ou des films. Elle révèle ce que cache le rire, les relations qui lient les œuvres entre elles et les grands thèmes chers à l'écrivain.
Comment Pagnol voyait-il l'amour? Quelle était sa vision des femmes? Sa Provence existe-t-elle vraiment? Quelle image a-t-il de son enfance? Pourquoi est-il universel  Le langage de Pagnol se distingue par sa sobriété. Et s'il peut paraître spontané, son style est pourtant très travaillé : sa plume imagée est inimitable.
Dans une approche thématique et accessible, étayée de nombreux exemples, l'auteur propose un autre regard sur cette oeuvre singulière et inclassable qui défie le temps. Un livre original qui place l'univers de Marcel Pagnol sous une loupe. Une enquête qui se lit comme un roman!

Surprenant pourquoi? Tout simplement parce que cette passionnée de Marcel Pagnol qui a consacré 7 années de sa vie à la recherche sur ce grand auteur a su décelé derrière chaque oeuvre, derrière chaque personnages, derrière chaque parole non seulement le talent incontestable de l'auteur provençal mais également tout ce qu'il a mis de lui dedans. Elle a su montrer comment chaque mot, chaque tournure de phrase a son importance et témoigne non seulement de l'amour de Pagnol pour les mots mais également pour la vie, pour les femmes, pour sa Provence natale... Marcel Pagnol nous parle de lui à travers son oeuvre et, même en le sachant, l'étude de Karin Hann permet de se rendre compte dans quelle mesure. J'ai aussi appris, grâce à ce livre, de nombreuses choses que j'ignorais sur Pagnol, des petites anecdotes du quotidien aux drames par lesquels il est passé. 

"Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers."
[...]
Cette première phrase des Souvenirs annonce donc une oeuvre composée dans une langue riche en figures de style, limpide toutefois, poétique et drôle assurément, nous le verrons, mais aussi nostalgique, émaillée des terribles drames de sa vie.

Mes recherches portant sur le cinéma - et plus particulièrement les trois adaptations cinématographiques de Topaze - j'ai également été ravie de trouver dans cette étude de nombreuses références à la carrière de cinéaste de Marcel Pagnol. Qu'il s'agisse des œuvres d'autres auteurs (notamment Giono et Daudet) qu'il a adapté au grand écran ou de ses propres œuvres qu'il a souvent transposé du théâtre au cinéma, les recherches de Karin Hann ne s'arrêtent en effet pas aux simples écrits de Pagnol mais vont au-delà puisqu'elle aborde très souvent des scènes de films et rappelle ainsi à quel point l'image et les sons sont importants pour notre auteur, dramaturge, cinéaste. Si les Souvenirs et la Trilogie sont très souvent au centre des recherches, les autres œuvres ne sont pas oubliées pour autant et témoignent du génie de Pagnol qui était aussi à l'aise dans son rôle de dramaturge que dans celui de mémorialiste. 

On est frappé par le fait que cet écrivain, qui a eu de nombreuses conquêtes féminines et des enfants avec plusieurs d'entre elles, soit épris d'une soif absolu pour ses personnages. Dans l'oeuvre de Pagnol, on n'aime vraiment qu'une seule fois.


C'est donc un coup de cœur que ce livre sur Marcel Pagnol qui tient sa promesse en nous offrant "un autre regard" sur un auteur hors du commun qui a vu le jour en même temps que le cinéma, qui fut l'un des pionniers du cinéma parlant, un génie du théâtre et un grand auteur  qui refusa toujours de se classer dans ce qu'on appellerait des mouvements littéraires et qui, à cause de sa prétendue simplicité, a longtemps été boudé. Aujourd'hui encore, il n'est malheureusement jamais étudié ni même évoqué à l'université et c'est peut-être pour militer un peu contre cela que je me suis lancée, moi aussi, dans des recherches sur celui qui a bercé mon enfance.

mardi 6 janvier 2015

Sugar ★ Soldier [1] - Mayu Sakai

Titre original : シュガー*ソルジャー[Sugar Soldier]
Dessin : Mayu Sakai
Scénario : Mayu Sakai
Traduction : Alice Lacroix
Editions : Panini Manga

Date de parution japonaise : 2011
Date de parution française : 2013


Quatrième de Couverture
Makoto Kisaragi, 15 ans.
Signe particulier : délire de persécution.
Comparée à sa grande sœur Rika, mannequin à succès, elle a une personnalité plutôt renfermée. A son entrée au lycée, Makoto décide de devenir plus mignonne, mais tout ne se passe pas comme prévu. Elle fait la connaissance d'Iriya, un camarade de classe des plus populaires... La vie de lycéenne et le combat (?!) de Makoto commencent! 


"Je rigole! Ça  aussi c'est pas mal!"
Voilà très longtemps que je n'avais pas pris le temps de me plonger dans la lecture d'un manga. La dernière édition de Masse Critique, organisée par Babelio, m'a permis de retrouver cet univers que j'aime tant mais à qui j'ai trop peu de temps à consacrer malheureusement. Je ne sais plus exactement ce que j'avais coché mais il me semble qu'à part un volume du comics de Doctor Who, je n'avais sélectionné que des shôjo, autrement dit des manga pour jeunes filles. Quand j'avais lu le résumé de Sugar ★ Soldier, cela m'avait rappelé un des derniers shôjos que j'avais lu et adoré : Papillon, de l'auteure de Peach Girl, Miwa Ueda. L'histoire de deux sœurs dont une est populaire et l'autre complexée par rapport à ça ne pouvait que m'y ramener. Evidemment, j'avais peur que ce manga, d'une auteure que je ne connaissais pas, souffre de la comparaison mais ça n'a pas du tout été le cas. J'ai vraiment atterri dans un nouvel univers graphique avec une histoire différente malgré une trame qui pourrait sembler similaire et des personnages attachants.

"Tu peux la donner à ta sœur?"
La petite Makoto est vraiment trop mignonne avec ses étourderies, mais en même temps c'est un personnage assez réaliste dans le sens où elle a toujours vécu dans l'ombre de sa grande sœur, à tel point que quand on s'adresse à elle, c'est pour qu'elle joue l'intermédiaire avec la "célébrité" qu'est Rika. Je n'ai pas de sœur mais j'imagine que ce ne doit pas être facile d'être toujours comparée à quelqu'un d'autre, surtout quand il s'agit de quelqu'un dont on est censé être proche. Bref, comme toujours dans ce genre d'histoire, le lycéen le plus populaire entre en jeu pour redonner confiance à la jeune fille complexée. Il s'agit ici d'Iriya qui m'a paru sympathique jusqu'à la dernière page du manga où mon avis a un peu basculé. La fin du tome est attendue mais malgré tout, j'ai envie de connaître la suite, les raisons qui ont poussé l'élu de Makoto à agir ainsi. Les autres personnages sont pour l'instant un peu en retrait mais j'espère qu'il prendront de l'ampleur par la suite. J'ai adoré, surtout, la touche d'humour apportée par la "Princesse Blanche-Neige" qui est un personnage complètement décalé par rapport à ce manga, mais qui - peut-être - fait la différence.

"Si un prince charmant vous offrait une pomme...
Et qu'une sorcière vous disait de ne pas la manger..."

Il faut le dire, les ficelles de ces shôjos sont toujours les mêmes et pourtant, ça fonctionne toujours autant sur moi! C'est donc sans surprise que Sugar ★ Soldier fait maintenant partie de mes coups de cœur shôjo! Je pense donc que l'achat de la suite des aventures de Makoto se fera lors de ma prochaine visite dans une librairie! 
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