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Final Fantasy Type-0

vendredi 26 septembre 2014

Topaze - Marcel Pagnol

L'heure de la rentrée a sonné, et avec elle la reprise des lectures "sérieuses". Et quoi de plus sérieux que de lire le livre qui, à priori, sera le sujet de mon mémoire de Master 1? Avant de me lancer dans la chronique de cette pièce de théâtre de Marcel Pagnol, je vais un peu vous expliquer les raisons de mon choix. La littérature du XXe siècle et celle qui me fascine le plus en matière de littérature française, j'ai donc pris un rendez-vous avec le professeur spécialiste de cette matière à l'UVSQ afin qu'il dirige mon mémoire et, par chance, ses spécialités s'étendent sur les arts et le cinéma qui sont des domaines que j'aime tout autant que la littérature. Ensemble, on a évoqué Marcel Pagnol et, puisque je viens de Marseille, le choix m'a semblé judicieux, intéressant et tout fait pour moi. Après, reste à définir le sujet exacte mais j'avais dans l'idée de me diriger du côté de Topaze et de ses adaptations cinématographiques. D'où l'intérêt d'avoir lu cette oeuvre avant mon prochain rendez-vous et, si possible, d'avoir vu au moins deux des dites adaptations! Mais j'avais quand même d'autres pistes de sujets, au cas où Topaze ne m'aurait pas plu. Faire un mémoire sur un sujet qui ne nous intéresse pas n'est pas très enrichissant. Mais après la lecture de la pièce, j'ai décidé de conserver mon sujet car j'y vois vraiment des tonnes de possibilités à exploiter.

TOPAZE
Tu t'effares, mon pauvre Tamise, mais je vais te dire un secret : malgré les rêveurs, malgré les poètes et peut-être malgré mon cœur, j'ai appris la grande leçon : Tamise, les hommes ne sont pas bons. C'est la force qui gouverne le monde, et ces petits rectangles de papier bruissant, voilà la forme moderne de la force.

La quatrième de couverture de l'édition que j'ai emprunté à la médiathèque ne donnait pas de résumé, juste une citation. Je me suis donc lancée dans la lecture sans savoir de quoi il en retournait. Je ne connaissais donc, en vérité, pas du tout l'histoire de ce professeur des écoles un peu rêveur, un peu trop gentil et beaucoup trop honnête. Au début de la pièce, j'ai eu un peu de mal avec le personnage de Topaze, sa naïveté presque énervante et la situation dans laquelle il se trouvait. Je me suis dit que je n'allais jamais trouver quoi dire sur le sujet mais j'ai continué, parce que si je décidais de changer de sujet, il fallait que je me justifie auprès de mon directeur de mémoire. Puis finalement, j'ai commencé à tourner les pages de plus en plus vite, à m'intéresser vraiment à l'histoire, et à en comprendre les enjeux qui sont de plus en plus gros et vont de plus en plus loin. Beaucoup, beaucoup plus loin que ce à quoi on s'attend de la part d'un Marcel Pagnol qui nous a surtout habitués à nous raconter ses souvenirs d'enfance entre Marseille et Aubagne.

Je dis qu'en général elles préfèrent les hommes qui ont de l'argent, ou qui sont capables d'en gagner... Et c'est naturel. Aux temps préhistoriques, pendant que les hommes dépeçaient la bête abattue et s'en disputaient les lambeaux, les femmes regardaient de loin... Et quand les mâles se dispersaient, en emportant chacun sa part, sais tu ce que faisaient les femmes ? Elles suivaient amoureusement celui qui avait le plus gros bifteck.

Ici, il n'est point question de Marseille mais d'une situation des plus banales. Du moins au début. Puis peu à peu, le vrai propos nous apparaît tout comme il apparaît au jeune Topaze qui se verra forcer d'ouvrir les yeux sur un monde loin d'être aussi idyllique qu'il n'y paraît. Ce professeur qui ne cesse de prôner l'honnêteté et qui tente de l'inculquer à ses élèves se verra récompenser par un renvoie de son poste et sera finalement pris au piège par les manigances d'une très belle femme. Pris entre ses principes et sa conscience, le naïf Topaze va peu à peu s'adapter à ce nouveau mode de vie où l'argent tient le rôle principal. Une pièce qui date de 1928, c'est-à-dire tout juste un an avant la Grande Dépression, mais qui finalement est toujours d'actualité aujourd'hui et j'ai été étonnée de voir à quel point. J'ai aussi et surtout été étonnée de découvrir un Marcel Pagnol bien loin de ses collines. Je l'ai toujours imaginé vivre à une époque calme, dans des lieux bercés par le chant des cigales. Et là, je découvre un autre homme, un homme qui m'intéresse, qui m'intrigue et que j'ai envie de découvrir. C'est la raison pour laquelle je ne regrette absolument pas mon choix de mémoire et j'ai vraiment hâte de me plonger dans mes recherches qui, je n'en doute pas, vont me conduire de surprise en surprise sans manquer de me rappeler ma Provence natale...

Quand on doit diriger des enfants ou des hommes, il faut de temps en temps commettre une belle injustice, bien nette, bien criante : c'est ça qui leur impose le plus!


Evidemment, je suis heureuse de placer cette oeuvre de Marcel Pagnol dans mes coups de cœur! C'est une lecture que je conseillerais volontiers aux amateurs de théâtre, aux amateurs de Pagnol, aux curieux et à ceux qui pensent que ce grand monsieur n'est que l'auteur de la Trilogie Marseillaise. Je suis d'ailleurs aussi très impatiente de faire un séjour à Marseille afin de voir le nouveau visage du Château de la Buzine - le Château de sa mère - ainsi que l'exposition Marcel Pagnol. Et qui sait, peut-être que mon Master et mon mémoire me permettront, un jour, de prendre part à ce genre de manifestations culturelles...

mardi 23 septembre 2014

Qui es-tu Alaska? - John Green

Ces derniers temps, mon blog pourrait être rebaptisé "Dans la peau d'une groupie de John Green" dans la mesure où j'ai l'impression que le peu de billets que je rédige lui sont consacrés! Mais si c'est le cas, c'est parce qu'il le vaut bien. Cette fois-ci, Pas de Hazel Grace Lancaster ni d'Augustus Waters. Place à Alaska, un autre personnage fascinant tout droit sorti de l'imagination d'un auteur talentueux, quelques années avant le succès de Nos étoiles contraires. J'avoue que j'avais très envie de lire autre chose de l'auteur pour voir s'il s'agissait d'un phénomène de mode sur un sujet qui touche énormément de personnes aujourd'hui ou si ce monsieur est vraiment doté d'un grand talent qui existait déjà avant le succès commercial qu'on lui connait. Et pour tout vous dire, j'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre mais au bout de quelques pages, j'ai finalement été conquise et j'ai dévoré cet ouvrage en quelques heures.

Miles Halter a seize ans et n'a pas l'impression d'avoir vécu. Assoiffé d'expériences, il décide de quitter le petit cocon familial pour partir loin, en Alabama au pensionnat de Culver Creek. Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C'est là aussi, qu'il rencontre Alaska. La troublante, l'insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young. 

Qui es-tu Alaska? est LE roman de l'adolescence: les amitiés fortes, l'amour, la transgression, la soif de connaissance et la fondamentale quête de sens. La vie explose dans ce livre qui fait rire et fondre en larmes l'instant d'après et qu'on voudrait ne jamais finir. Le premier roman d'un jeune écrivain brillant, lauréat de nombreux prix littéraires aux Etats-Unis et traduit en dix langues.

En fait, ce qui m'a un peu gênée au début du livre, c'était l'impression de ne pas être dans un livre de l'époque à laquelle je pensais que l'histoire se situait. Je m'explique : j'avais l'impression que le petit Miles Halter était un adolescent des années 2000 mais transporté dans un univers digne de L'Attrape-cœurs. Sa façon de s'exprimer, puis l'arrivée à la pension, les surnoms un peu surannés que les protagonistes se donnent entre eux... Ces petits détails m'ont un peu déroutée, si bien que j'ai eu du mal à me situer. Mais très vite, les personnages deviennent attachants : un adolescent qui se passionne pour les dernières paroles des gens célèbres et qu'on surnomme Le Gros tant il est maigrichon, son compagnon de chambrée qui se fait appeler Le Colonel quand bien même il est petit et trapu, une blonde un peu hongroise un peu roumaine qui roule les R, un japonais et... Alaska. Sans oublier L'Aigle, directeur de la pension, et les weekendeurs. Bref, tout ce petit monde évolue à Culver Creek pour notre plus grand bonheur bien qu'on ne sache pas trop, au début, où veux nous emmener John Green. On se prend vraiment d'affection pour eux, on se demande en quoi Alaska est si particulière puisqu'elle seule apparaît dans le titre, on suit avec intérêt le quotidien de ces adolescents mais que va-t-il leur arriver au final? Et à quoi correspond ce compte à rebours qui sert de titres aux chapitres? Quel événement va marquer la fin du décompte? Voilà autant de raisons et de questions qui font qu'on tourne frénétiquement les pages de ce roman afin d'assouvir notre soif de découverte.

On passe sa vie coincé dans le labyrinthe à essayer d'en sortir, en se régalant à l'avance de cette perspective. Et rêver à l'avenir permet de continuer, sauf qu'on ne passe jamais à la réalisation. On se sert de l'avenir pour échapper au présent.

Et finalement, on arrive au jour J. Fin du compte à rebours. Et on se dit qu'on aurait préféré retarder l'échéance mais il reste des pages à lire alors on continue. Parce qu'au-delà des événements, ce roman fait vraiment réfléchir. Peut-être même plus que Nos étoiles contraires. En tout cas, la réflexion sur la vie est plus poussée, et plus vraie. Celle sur la mort aussi d'ailleurs. Ce qui est frappant dans ce roman, c'est la justesse avec laquelle les paradoxes, les forces et les faiblesses de l'adolescence sont mis en avant grâce à des personnages vraiment uniques, hors du commun, qu'on aime de plus en plus au fil des pages et qu'on voudrait ne jamais quitter. On a envie d'avoir la bibliothèque d'Alaska, que Miles nous récite d'autres dernières paroles, que Le Colonel nous emmène au coin fumeur (même si je ne fume pas) et que chacun d'eux nous montrent comment il faut aimer la vie et la vivre pleinement malgré le labyrinthe de souffrance dans lequel on se trouve et dont on ne peut sortir que "vite et d'un coup". C'est assez difficile de faire une trop longue chronique de Qui es-tu Alaska? sans trop en dire alors je crois que je vais m'arrêter là en espérant que ces quelques lignes vous donneront envie de découvrir ce roman.

Je les appelle la Bibliothèque de ma vie. Tous les étés, depuis que je suis toute petite, je hante les vide-grenier à la recherche de livres intéressants. Comme ça, j'ai toujours quelque chose à lire. Mais il y a tant d'autres choses qui nous attendent : les cigarettes à fumer, l'amour à faire, les balancelles à balancer. J'aurai du temps pour lire quand je serai vieille et barbante.


Je pense que vous l'aurez compris, Qui es-tu Alaska? a été un réel coup de cœur pour moi. Une magnifique découverte qui m'a fait passé du rire aux larmes (littéralement, et je pleure rarement en lisant...) qui je conseille absolument à tout le monde. Si vous avez aimé Nos étoiles contraires, vous ne serez pas déçu!

lundi 15 septembre 2014

C'est Lundi, que lisez-vous? [29]

Rendez vous initié par Mallou et repris par Galleane.
On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :
1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?

La semaine dernière j'ai lu
J'avais commencé la trilogie de Veronica Roth, Divergente, pendant mes vacances en Corse. J'ai lu les deux premiers volumes là-bas mais je n'ai pas eu le temps de me lancer dans le troisième. Ma tante a eu la gentillesse de me le prêter et j'avoue avoir mis énormément de temps à le lire. Pas parce que je n'ai pas apprécié mais parce que je n'étais pas d'humeur à lire ces derniers temps...

 En ce moment, je lis
Mais ça va un peu mieux alors je me suis lancée dans un autre roman de John Green, Qui es-tu Alaska, et j'espère qu'il sera à la hauteur de mes attentes puisqu'avec Nos étoiles contraires, le jeune auteur a placé la barre assez haut!

Ensuite, je lirai
Les cours reprennent dans une semaine, je vais donc bien être obligée de me replonger dans les études et donc dans Marcel Pagnol qui sera le sujet de mon mémoire. Je commence avec Topaze puisque l'un des sujets évoqués pour le-dit mémoire concernait les adaptations cinématographiques de cette pièce de thèâtre!


Et vous, que lisez-vous de beau en ce Lundi?

mercredi 10 septembre 2014

Nos étoiles contraires


Le retour de vacances a été synonymes de séances de cinéma étant donné que pas mal de films que je voulais voir sont sortis en Août. Parmi eux, Nos étoiles contraires, film basé sur le roman de John Green que j'ai lu il y a quelques semaines et que j'avais adoré! En allant le voir, je vous avoue que j'avais quand même trois ou quatre appréhensions : j'avais peur que le film ne soit pas à la hauteur du livre, j'avais peur d'être un peu déstabilisée par le choix des deux acteurs principaux que j'associe à Tris et Caleb dans Divergente, j'avais peur de la scène de la station essence à cause de ma phobie et j'avais peur que NicoChéri trouve le film vraiment chiant, lui qui ne jure que par les super-héros.


Hazel Grace et Gus sont deux adolescents hors-normes, partageant un humour ravageur et le mépris des conventions. Leur relation est elle-même inhabituelle, étant donné qu’ils se sont rencontrés et sont tombés amoureux lors d'un groupe de soutien pour les malades du cancer.

Nos étoiles contraires a été réalisé par un tout jeune monsieur, à peine 35 ans, qui signe là son deuxième film : Josh Boone. C'est sans doute la raison pour laquelle une certaine naïveté et un certaine candeur semblent se dégager de ce long-métrage. Et ce n'est pas une critique négative, au contraire, je pense que c'est exactement le regard qu'il fallait porter sur cette histoire d'amour entre deux adolescents qui savent ce qui les attend et qui, ma foi, prennent souvent les choses avec beaucoup d'humour un peu noir mais qui, au fond, restent des enfants qui espèrent que tout finira par s'arranger. Et on se prend à l'espérer aussi. Alors oui, c'est vrai que Nos étoiles contraires est un film qui fait pleurer, qui jouent sur les sentiments du spectateur, qui est un peu cucul parfois mais n'est-ce pas ce à quoi on s'attend quand on va voir ce genre de drame au cinéma? Je pense que quand on n'aime pas les films sentimentaux, on n'achète directement sa place pour aller voir Les Gardiens de la Galaxie (qui est d'ailleurs très bien lui aussi mais ça, c'est pour une autre fois) sauf si, comme mon homme, vous êtes forcé par votre douce moitié à subir cela. Sinon aucune excuse. Okay? Okay...


Donc maintenant que les choses sont claires, parlons un peu plus du film. L'histoire, je pense que la plupart d'entre vous la connaisse via le livre. Le scénario n'a pas beaucoup changé si ce n'est que quelques détails ont été évincés mais rien de bien méchant. Le principal est là et reste très cohérent avec l'oeuvre de base. Du coup je ne vais pas trop m'attarder sur le sujet, si vous voulez vous remémorer ce que j'avais pensé du livre, c'est par ! Venons-en donc aux personnages d'Hazel et de Gus qui sont, je dois l'avouer, merveilleusement interprétés par une Shailene Woodley vraiment très touchante et un Ansel Elgort là où on ne l'attendait pas, attachant à souhait. Les deux forment un duo parfait qui nous fait vraiment oublier qu'ils ont été frère et sœur dans un monde parallèle. Ils m'ont vraiment émue mais ils ne sont pas les seuls. J'ai été bluffée par l'interprétation d'Isaac par un certain Nat Wolff. Acteur que je ne connaissais pas du tout mais qui a complètement réussi à me faire oublier l'image que je m'étais faite du personnage dans le livre! Un autre personnage qui m'a vraiment épatée c'est celui de Van Houten, interprété par Willem Dafoe qui ne correspond absolument pas à la description du livre mais qui réussit à éveiller la même antipathie. Bref, un casting sans faute soutenu par une bande originale vraiment géniale que j'écoutais déjà avant d'avoir vu le film et des images qui donnent envie de visiter la Hollande (le pays, je précise vu l'actualité littéraire en ce moment).


Au final, la seule appréhension qui n'a pas été démentie, c'est celle de la scène de la station service que je n'ai pas pu regarder. Pour le reste, j'ai été bluffée, surprise, ébahie, attendrie, touchée, j'ai même versé quelques larmes dans mes Maltesers! Le film reste très fidèle au livre, les acteurs sont géniaux et, je vous le dit, même le NicoChéri a aimé le film, si bien que ça l'a travaillé une grande partie de la soirée toute cette histoire. Un gros gros coup de cœur pour Nos étoiles contraires donc, que je vous conseille d'aller voir avec un paquet de mouchoir pour pas que vos pop-corn finissent salés comme mes boules chocolatées!

jeudi 4 septembre 2014

Lucy


Lucy, c'est le film dont on avait vu la bande-annonce avant de partir en vacances et qu'on avait envie de voir quoi qu'il arrive. Malheureusement, il sortait en plein milieu de nos vacances sur  une île où le cinéma n'est une priorité ni pour ses habitants, ni pour ses touristes. Heureusement, nous sommes de retour et le film est toujours à l'affiche. Aussi, après être rentré, avoir tout rangé et s'être occupé de nos poissons, nous avons pris la voiture et nous avons foncé direction l'UGC pour voir le tout dernier Luc Besson qui met en vedette une de mes actrices fétiches : Scarlett Johansson.



 A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.

Je me lance dans cette chronique en ayant conscience que c'est un film qui s'est littéralement fait démonter par la critique, et que moi je l'ai apprécié. Je vais donc tenter de défendre mon point de vue en prenant comme base ce qui a été reproché à Lucy mais je pense que, comme toujours, je vais m'éparpiller et partir un peu dans tous les sens. Cela dit, ma critique sera peut-être à l'image du film - ça je ne peux que le constater - qui est par moment un peu trop WTF et parfois difficile à comprendre. C'est, selon moi, un des principal défaut du film qui aurait pu se permettre de durer une petite demi-heure de plus, sachant qu'il ne dure pas tout à fait 1h30, et ainsi approfondir quelques éléments qui méritaient sans doute quelques éclaircissements. Après, le fait que le film soit court a aussi ses avantages à mon avis.


En effet, Lucy se retrouve dans une situation qu'elle ne peut pas contrôler. La drogue se propage dans son corps et ses effets se décuplent à l'insu de la jeune fille. Du coup, tout va très vite et cet effet rapide et incontrôlable est très bien retranscris par Luc Besson qui, finalement, met le spectateur dans le même état d'esprit que son héroïne : pas le temps de réfléchir, pas le temps d'analyser, pas le temps de comprendre, il faut aller à l'essentiel avant qu'il ne soit trop tard. Je pense que c'est quelque chose qui n'a pas forcément plu mais c'est un parti pris qui se défend et qui est d'ailleurs très bien explicité et assumé par le rappel perpétuel du pourcentage des capacités du cerveau de Lucy qui augmentent de plus en plus vite.Un autre parti pris qui a été très critiqué mais que je vais défendre, c'est celui de baser le film sur une croyance qui a été scientifiquement démenti depuis longtemps et qui voulait que l'Homme n'utiliserait que 10% des capacités de son cerveau. Alors oui, on sait que c'est faux, et? On est devant un film de science-fiction, pas devant un documentaire. Si on veut une vraie étude sur le cerveau et ses capacités, on va lire des thèses mais on va pas au cinéma.

Scarlett Johansson sous la direction de Luc Besson

Au final, pour moi Lucy a tenu ses promesses.C'est un film qui va à toute vitesse, qui en met plein la vue, qui développe une idée pas spécialement crédible mais très intéressante et qui nous offre l'occasion de constater une fois de plus le grand talent de la sublime Scarlett Johansson. Je n'ai donc pas du tout été déçue malgré les nombreuses critiques négatives que j'ai lu sur ce film et je ne regrette pas d'être passé outre cet acharnement sur le dernier Luc Besson qui reste un très grand réalisateur à mes yeux. 

mardi 2 septembre 2014

Top Ten Tuesday [17] - Les 10 livres que je ne possède pas (encore) mais que je meurs d'envie de lire

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Iani.

Cette semaine, les 10 livres que je ne possède pas (encore) mais que je meurs d'envie de lire!

1 - Petronille, d'Amélie Nothomb
En ce jour de rentrée scolaire, je commence par LE livre de la rentrée littéraire que je ne manque jamais, celui d'Amélie Nothomb, que j'ai vraiment hâte de lire!


2 - L’Élue, de Kiera Cass
Parce que j'ai lu les deux premiers tomes avant les vacances, j'ai hâte de connaître enfin la suite et fin de cette trilogie même si je n'ai pas été autant emballée que je l'aurais imaginé.

 3 - Tombée du ciel, de Cecelia Ahern
Une auteure que j'adore et dont j'ai lu presque tous les romans sauf le dernier paru en date.

4 - Ready to rock!, de Meg Cabot
Là aussi, une série commencée l'année dernière que j'ai hâte de continuer...

5 - Happy End!, de Meg Cabot
Et tant qu'à continuer, autant en finir avec les aventures d'Heather Wells, cette héroïne attachante qui m'a fait découvrir Meg Cabot...

6 - Mon année Salinger, de Joanna Smith Rakoff
Là, c'est tout bête, c'est le titre qui me parle. Salinger est un auteur qui m'intrigue et j'aime beaucoup ce genre de récit, comme j'avais aimé La Transcendante où il était question de Nathaniel Hawthorne.


7 - Love Letters to the Dead, d'Ava Dellaira
Parce que j'ai vu ce roman sur à peu près tous les blogs littéraires que je suis... je suis curieuse de savoir ce qu'il renferme.

8 - Le Journal de Mr Darcy, d'Amanda Grange
Revivre Orgueil et préjugés du point de vue de Darcy? Je dis oui!

9 - Les Œuvres complètes, de Marguerite Duras
Une auteure qui me fascine et dont je connais trop peu d’œuvres... Je souhaitais faire mon mémoire de Master sur elle cette année mais mon prof me l'a déconseillé. Ce qui n'empêche pas que je meurs d'envie de lire l'intégralité de son oeuvre...

10 - Les Œuvres complètes, de Marcel Pagnol
J'ai donc choisi un autre auteur du XXe siècle pour mon mémoire : Marcel Pagnol, parce que j'ai grandi avec ses écrits et qu'il me rappelle ma Provence. J'ai à la fois hâte et j'appréhende de commencer à travailler dessus mais je suis pressée d'avoir son oeuvre entre les mains!


Et voilà le Top Ten Tuesday du retour des vacances et de la rentrée. J'avoue avoir eu du mal à me remettre dans le bain parce que je me suis tenue loin de toute actualité littéraire pendant ce mois passé en Corse mais j'en suis venue à bout.

lundi 1 septembre 2014

[CRC] L'Amant - Marguerite Duras

Bon, je sais que le Challenge Romans Cultes organisé par Métaphore prenait fin hier mais pour ma défense, je n'ai pas pu rédiger mon billet avant car j'ai été réquisitionnée pour un déménagement ce week-end! Voilà donc le dixième et dernier roman culte que j'ai lu pour compléter ce challenge et, encore une fois, c'est un roman que j'avais déjà lu mais que je tenais absolument à relire pour en comprendre toute la subtilité et la profondeur. C'était donc l'occasion idéale, d'autant plus qu'il est très court et que depuis ma dernière lecture, je peux me vanter d'avoir vécu un an dans la ville où Marguerite Duras a rédigé cette oeuvre qui a reçu le Prix Goncourt l'année de sa publication, en 1984. De ce fait, je me suis étrangement sentie un peu plus proche de l'auteure, de la femme qui a habité cette belle maison devant laquelle je passais quotidiennement, de la jeune fille de 15 ans qui franchit les interdits d'une société dans laquelle elle ne trouve pas sa place pour découvrir une sexualité épanouie auprès d'un amant chinois alors que l'atmosphère familial est plus que saturé.

Dans L’Amant, Marguerite Duras reprend sur le ton de la confidence les images et les thèmes qui hantent toute son œuvre. Ses lecteurs vont pouvoir ensuite descendre ce grand fleuve aux lenteurs asiatiques et suivre la romancière dans tous les méandres du delta, dans la moiteur des rizières, dans les secrets ombreux où elle a développé l’incantation répétitive et obsédante de ses livres, de ses films, de son théâtre. Au sens propre, Duras est ici remontée à ses sources, à sa “scène fondamentale” : ce moment où, vers 1930, sur un bac traversant un bras du Mékong, un Chinois richissime s’approche d’une petite Blanche de quinze ans qu’il va aimer. Il faut lire les plus beaux morceaux de L’Amant à haute voix. On percevra mieux ainsi le rythme, la scansion, la respiration intime de la prose, qui sont les subtils secrets de l’écrivain. Dès les premières lignes du récit éclatent l’art et le savoir-faire de Duras, ses libertés, ses défis, les conquêtes de trente années pour parvenir à écrire cette langue allégée, neutre, rapide et lancinante à la fois capable de saisir toutes les nuances, d’aller à la vitesse exacte de la pensée et des images. Un extrême réalisme (on voit le fleuve, on entend les cris de Cholon derrière les persiennes dans la garçonnière du Chinois), et en même temps une sorte de rêve éveillé, de vie rêvée, un cauchemar de vie : cette prose à nulle autre pareille est d’une formidable efficacité. À la fois la modernité, la vraie, et des singularités qui sont hors du temps, des styles, de la mode.

La première fois que j'ai lu L'Amant, c'était parce que Marguerite Duras est une des références principales de mon idole : Nicola Sirkis. Je l'ai donc lu dans une optique différente : celle de mettre en relation une oeuvre littéraire et une oeuvre musicale, et les comparer. Cette fois, mon but était de comprendre d'une part en quoi ce roman est culte, et d'autre part de découvrir et comprendre cette auteure qu'est Marguerite Duras à travers le récit de son enfance en Indochine. Mais il y a quand même un point commun entre mes deux lectures de ce même roman : j'ai aimé ce livre. Je l'ai profondément aimé et je l'ai, à chaque fois, lu d'une traite. J'aime la façon d'écrire de Marguerite Duras, j'aime découvrir son histoire à travers des bribes de souvenirs et cette impression qu'elle est là, à côté de moi, à me raconter son adolescence. Elle évoque des événements, elle revient dessus, elle rectifie, elle suit complètement le fil de ses pensées. C'est un livre qui apparaît presque trop facile à lire si on reste en surface, presque un journal intime. 

Je pourrais me tromper, croire que je suis belle comme les femmes belles, comme les femmes regardées, parce qu’on me regarde vraiment beaucoup. Mais moi je sais que ce n’est pas une question de beauté mais d’autre chose, par exemple, oui, d’autre chose, par exemple d’esprit. Ce que je veux paraître je le parais, belle aussi si c’est ce que l’on veut que je sois, belle, ou jolie, jolie par exemple pour la famille, pour la famille, pas plus, tout ce que l’on veut de moi je peux le devenir. Et le croire.

Pourtant, réduire L'Amant à un journal intime, à un simple récit qui suivrait les idées de Marguerite Duras telles qu'elles lui seraient arrivées en tête, ce serait lui enlever ses qualités littéraires qui, pourtant, sont indéniables... En effet, si n'importe qui peut raconter une partie de sa vie, ou écrire un journal intime, personne ne peut le faire à la façon de Marguerite Duras, avec une telle justesse, avec des mots qui collent parfaitement à ce qu'elle a vécu et ressenti quand elle avait 15 ans, au regard qu'elle porte sur ces événements une cinquantaine d'années plus tard mais aussi à l'environnement qui était le sien. Les mots coulent le long du Mékong, lentement, pour aller se jeter dans l'océan qu'a été sa vie ensuite. Elle tente de comprendre certaines paroles, certains agissements, mais si elle tâtonne pour se remémorer et analyser cette vie, elle choisit parfaitement ses phrases et leur tournure. Ce qu'on retiendra de L'Amant, ce n'est pas tant l'histoire racontée que la manière dont elle est racontée. Marguerite Duras nous fait voyager en Indochine, dans les rizières, dans les pensions pour jeunes filles, elle nous fait découvrir la sensualité et la sexualité sous une chaleur écrasante, la place de la femme dans une société qu'on ne peut pas connaître et sans doute pas comprendre. Comme je le disais, c'est un livre qui paraît simple, mais qui ne l'est pas. Et il me faudra sans doute le lire et le relire pour le comprendre chaque fois un peu plus.

L'histoire de ma vie n'existe pas. ça n'existe pas. Il n'y a jamais de centre. Pas de chemin, pas de ligne. Il y a de vastes endroits où l'on fait croire qu'il y avait quelqu'un, ce n'est pas vrai, il n'y avait personne.


L'Amant a été un coup de cœur dès ma première lecture, mais cette deuxième lecture m'a encore plus enchantée. Je ne suis pas sûre que j'avais vraiment fait le parallèle entre les écrits et la vie de Marguerite Duras, mais cette fois, j'ai cherché les lieux, les photos dont il est question dans le roman. Je me suis renseignée et je me suis prise d'amour pour cette petite fille de 15 ans, son chapeau rose et ses chaussures dorées : Marguerite Duras, en Indochine.


Ce livre a été lu dans le cadre du
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