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jeudi 12 juin 2014

Persepolis - Marjane Satrapi

Voilà plus d'un an que je m'étais décidé à regarder le film Persepolis, directement tiré de la bande-dessinée éponyme de Marjane Satrapi et j'avais adoré. Depuis, je m'étais promis de lire cette fameuse BD et c'est enfin chose faite depuis que je suis tombée sur le volume relié publié chez l'Association! Et, autant le dire tout de suite, je me suis autant régalé à la lecture de la BD qu'au visionnage du film, voire plus. Ce que j'ai aimé dans le film, je l'ai retrouvé ici : Marjane Satrapi nous livre ici ses souvenirs depuis sa plus tendre enfance jusqu'à l'âge adulte. Des souvenirs qui se mêlent à un background historique auquel elle ne peut pas échapper mais il ne s'agit pas ici d'un cours d'Histoire, ni même de savoir qui a tord ou raison dans les conflits dont il est question. On a un regard vrai sur la façon dont ces gens ont vécu ces événements, un regard qui n'est pas basé sur la politique, ou sur les études effectuées par la suite, et c'est ça qui est fort.

Le mot de l'éditeur
A L’Association, on n’aime pas beaucoup le terme d’intégrale, alors on ne va pas en plus l’écrire sur le livre (certains n’hésitent pas). On préfère parler de monovolume (on ne l’écrira pas dessus non plus). Bref, ce livre rassemble les quatre volumes du Persepolis de Marjane Satrapi. On ne fera pas non plus le visuel de la couverture avec l’affiche du film, comme cela se pratique dans ces cas-là. Car il y a bel et bien un long-métrage d’animation de Persepolis qui sortira sur les écrans au moment du festival de Cannes, que Marjane a réalisé elle-même avec Winshluss, et qui sera aussi un événement. Que l’édition de Persepolis en un volume soit prête à cette occasion était la moindre des choses.

En effet, Marjane Satrapi a trouvé, à travers la bande-dessinée, un moyen de témoigner de ce qu'elle a vécu en Iran de façon à la fois légère - légèreté qu'on retrouve par ailleurs dans sa patte graphique - tout en ne fermant pas les yeux sur les événements les plus graves. Finalement, même quand on se prend à rire d'une situation, elle n'est jamais vide de conséquences et nous porte toujours à réfléchir sur ce qu'on croit savoir et ce qu'il en est réellement. Car malheureusement, c'est le genre de sujet où chacun a son propre avis, la plupart du temps formaté par les médias et qui est loin d'être la réalité. Je ne dis pas qu'il faille se forger une opinion sur les conflits Iran/Irak d'après l'oeuvre de Marjane Satrapi mais on peut, du moins, en tirer quelques leçons d'Histoire et de vie. D'Histoire car on découvre la guerre à l'échelle humaine, et de vie car Marjane, qui se met elle-même en scène, ne cache rien de ce qu'elle a pu faire d'héroïque et de beaucoup moins héroïque. Elle se montre telle qu'elle a été, avec ses défauts, ses opinions de petite fille naïve, ses échecs, ses déboires et ses petites victoires. Et c'est quelque chose qui m'a beaucoup touchée.

Dans ta vie tu rencontreras beaucoup de cons. S'ils te blessent, dis-toi que c'est la bêtise qui les pousse à te faire du mal. Ca t'évitera de répondre à leur méchanceté. Car il n'y a rien de pire au monde que l'amertume et la vengeance.


Je pourrais dire beaucoup de chose sur Persepolis mais j'en avais déjà dit pas mal dans ma chronique du film et je pense que faire un trop long article sur l'oeuvre de Marjane Satrapi reviendrait à faire ce qu'elle n'a pas fait : donner une leçon historique. Qui plus est sur un fait que je ne connais que trop peu. Je vais donc conclure en affirmant une fois de plus que j'ai eu un réel coup de cœur pour Persepolis, qui est pour moi une oeuvre que chacun devrait avoir lu car elle éclaire une grande partie des fausses idées que nous pouvons avoir sur la question du conflit Iran/Irak de façon agréable et ludique. Je ne peux que conseiller cette lecture enrichissante et je pense que, pour ma part, je vais me lancer à la conquête des autres œuvres de Marjane Satrapi! Et pour finir, une petite citation qui exprime bien le message que transmet l'auteure tout au long de son ouvrage.

Ce jour-là, j'appris une chose fondamentale: on ne peut s'apitoyer sur soi que quand nos malheurs sont encore soutenables...
Une fois cette limite franchie, le seul moyen de supporter l'insupportable, c'est d'en rire.

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