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vendredi 27 juin 2014

[CRC] Le Lion - Joseph Kessel

Je continue dans mon avancée du Challenge Romans Cultes organisé par Métaphore avec un livre d'un auteur que j'avais découvert il y a quelques temps : Joseph Kessel. Après m'être plongée dans Belle de Jour, j'avais vraiment envie de connaître mieux cet auteur et je me suis donc lancée dans un roman dont j'avais énormément entendu parler : Le Lion. J'en avais vraiment entendu que du bien, notamment lors de mon dernier C'est Lundi, que lisez-vous? et j'avais donc hâte de me plonger dans cette lecture, toujours avec une certaine appréhension quand j'entends trop de louanges concernant une oeuvre. Mais finalement, je suis très vite rentrée dans l'histoire et me suis prise de passion et de curiosité pour ce récit qui, en ce début d'été, m'a fait voyager au soleil ardent d'Afrique. Dans la brousse. Au milieu des animaux sauvages, aux côté d'une petite fille et à la rencontre du roi de la jungle : le lion. King. Je n'ai donc pas été déçue par ce deuxième rendez-vous avec Monsieur Kessel qui m'a même encore plus enchantée que le premier!

King lécha le visage de Patricia et me tendit son mufle que je grattai entre les yeux. Le plus étroit, le plus effilé me sembla, plus que jamais, cligner amicalement. Puis le lion s'étendit sur un flanc et souleva une de ses pattes de devant afin que la petite fille prît contre lui sa place accoutumée.
L'histoire d'un amour fou entre une petite fille et un lion. Plus de deux millions d'exemplaires vendus en France.

Ce roman s'ouvre sur le réveil du narrateur dans un Parc Royal au Kenya, face au Kilimandjaro et entouré de bêtes sauvages et fascinantes. Ce roman s'ouvre sur l'éveil du narrateur à une vie fascinante : celle de la petite Patricia, de son père le célèbre John Bullit dit Bull Bullit, et de son meilleur ami King. Un lion. Au milieu de la savane. C'est donc un roman initiatique dans lequel nous découvrons l'Afrique en même temps que le narrateur et c'est comme si nos sens s'éveillaient en même temps que les siens. En réalité, il ne se passe pas grand-chose durant ces quelques 250 pages, pourtant il m'a été quasiment impossible de le lâcher une fois la révélation de cette amitié entre King et Patricia faite. Les descriptions se suivent et ne se ressemblent pas, si bien qu'on a l'impression de ne plus savoir où regarder, où donner de la tête. Les paysages merveilleux défilent sous nos yeux, les habitudes des animaux et des tribus locales décrites sont fascinantes et le fait que tout cela soit transmis au narrateur par le biais d'une petite fille d'une dizaine d'années rend tout cela encore plus merveilleux.

Quand je me souviens de ces récits, je m'aperçois que j'y apporte, quoi que je fasse, une méthode, une suite, une ordonnance. Mais Patricia, elle, parlait de tout ensemble à la fois. Les routines de la logique n'intervenaient pas dans ses propos. Elle se laissait porter par l'influence de l'instant, les associations les plus primitives, les inspirations des sens et de l'instinct. Comme le faisaient les êtres simples et beaux que nous avions sous les yeux et qui vivaient au-delà de l'angoisse des hommes, parce qu'ils ignoraient la vaine tentation de mesurer le temps et naissaient, existaient et mouraient sans avoir besoin de se demander pourquoi.

Mais cette amitié hors du commun, et ce paysage hors de tout, ne coulent pas de source pour tout le monde. Si la petite Patricia est heureuse ainsi, ses parents ne l'entendent pas de la même façon. Son père était un ancien chasseur avant de prendre possession du parc et de s'occuper des animaux. Mais sa mère est là par amour, et cette amitié entre sa fille et une bête sauvage dont l'instinct peut reprendre le dessus à tout moment la terrifie. On arrive donc, en même temps que le narrateur, au sein d'une famille qui s'aime - c'est indéniable - mais où chacun fait trop de sacrifice pour que ça puisse marcher. Du coup, comme le narrateur, on attend un dénouement sans vraiment savoir s'il va venir du déchirement de cette famille ou de cette amitié improbable entre un Lion et une petite fille. Ou peut-être encore d'un événement extérieur car dans un lieu comme le Parc Royal, où vivent plusieurs tribus de guerriers noirs qui se sont affrontées des siècles durant, tout est possible. C'est toujours un exercice difficile de faire une chronique sur un livre qu'on a aimé sans trop en dévoiler à ceux qui ne l'auraient pas lu alors je pense que je vais m'arrêter avec quelques mots sur la fin qui m'a littéralement scotchée. Honnêtement, les dernières pages étaient d'une intensité si rare que j'ai engueulé NicoChéri qui tentait de me parler pendant ma lecture!

Il n'y a rien à faire, dit-elle. Non, il n'y a rien à faire quand les gens s'aiment trop pour pouvoir vivre l'un sans l'autre, mais qu'ils ne sont pas fait de manière à pouvoir mener la même vie, et que ce n'est la faute de personne. Eux, ils ne le savent pas encore. Patricia, grâce à Dieu, est trop petite. John, par bonheur, est trop simple. Le moindre répit, comme celui que nous avons, et ils croient de nouveau tout possible. Mais moi, je sais. 


En conclusion, Le Lion de Joseph Kessel s'est avéré être un réel coup de cœur. Si le livre date de 1958, il reste une fenêtre ouverte sur l'Afrique, un continent que je n'ai jamais eu l'occasion de visiter mais que j'ai adoré découvrir à travers ce roman, même s'il était alors question de l'Afrique coloniale. J'ai été étonnée de découvrir qu'il n'y avait quasiment pas d'adaptation cinématographique alors en désespoir de cause, j'ai trouvé un téléfilm datant de 2003 avec Alain Delon que je regarderai à l'occasion car, vraiment, j'ai envie de me plonger et de m'enivrer de ces paysages, des ces saveurs et de ces odeurs venus d'Afrique. En tout cas, c'est un livre qu'apparemment beaucoup ont lu étant jeunes mais je pense qu'il n'y a pas d'âge pour l'apprécier et je ne regrette absolument pas ma lecture!

Ce livre a été lu dans le cadre du
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