Les dernières chroniques

mardi 30 décembre 2014

Sous les Couvertures - Bertrand Guillot

J'ai reçu ce roman de Bertrand Guillot à l'occasion des Matchs de la Rentrée Littéraire 2014 organisés par PriceMinister et la date butoir pour cette chronique est demain. Je l'avoue, j'ai eu plus de 2 mois pour lire ce livre et les 2 dernières semaines j'aurais largement pu le lire et poster mon billet. Pourtant, et c'est quelque chose qui arrive assez rarement, j'ai eu énormément de mal à avancer cette lecture. Je n'aime vraiment pas dire cela mais je me suis forcée à le lire pour "remplir mon contrat". Pourtant, j'avais choisi ce roman parce que la quatrième de couverture m'avait séduite, parce qu'un livre qui parle de livres, ça m plait. Mais je n'ai pas du tout accroché a concept et j'ai eu l'impression de me trouver dans mélange de Richard au Pays des Livres Magiques - film que j'adore s'il en est - et de mes cours sur l'avenir du livre imprimé face au livre électronique.

Un samedi soir, une librairie de quartier. Comme toutes les nuits, sitôt le rideau tombé, les livres s’éveillent et se racontent leurs histoires… Mais ce soir, l’heure est grave : les nouveautés viennent d’arriver, et les romans du fond de la librairie n’ont plus que quelques jours pour trouver un lecteur!

Pour sortir par la grande porte, il leur faudra s’unir et prendre la place des best-sellers solidement empilés près de la caisse. Autant dire qu’ils n’ont pratiquement aucune chance…

Entre roman et conte iconoclaste, Sous les couvertures, quatrième livre de Bertrand Guillot, est une merveille d’humour et d’originalité. Où l’on découvrira, entre autres, à quoi servent les classiques, en quoi les livres ressemblent à leurs auteurs… et pourquoi, à l’habit des académiciens, on a ajouté une épée.

Ce qui m'embête avec ce roman, c'est qu'il part d'une bonne idée : la guerre entre ce qui est littéraire et ne l'est pas, et la guerre entre le bon vieux livre qui fleure bon le papier et la machine qui n'a plus rien de personnel sont des thèmes d'actualité, et des thèmes sur lesquels il faut réfléchir. Car oui, on est dans une période de transition et il est bon de se demander ce que vont devenir nos livres. Donc pour le thème, aucun problème. Mais la façon de l'exposer ne m'a pas plu. Il semblerait que l'auteur cherche à dénoncer sans accuser, il balance des piques mais sans aller au bout, en se cachant derrière des livres qui seraient vivants... J'avoue que cela m'a laissée perplexe et que j'ai eu cette impression d'inachevé. J'ai aussi eu énormément de mal avec les histoires entrelacées des livres, du vieux libraire, de son fils, de sa jeune employée, des auteurs... Trop d'informations à mes yeux pour finalement pas grand-chose. Et comme toujours dans ce genre de romans qui séparent les histoires en chapitres, il y a des histoires qu'on attend plus que d'autres. La vie des livres m'a très vite lassée alors qu'elle occupe la majeure partie du roman alors que la vie de la jeune assistante du libraire, Sarah, m'intéressait vraiment - car c'est un métier que j'ai longtemps voulu exercer - et les chapitres lui étant consacrés se comptent peut-être sur les doigts d'une seule main.

Sarah aimait prendre son temps pour lire. Elle aimait surtout qu'un bon roman lui prenne tout son temps.

Pourtant, l'auteur de Sous les couvertures - que je ne connaissais pas avant de découvrir ce roman, semble maîtriser l'art des mots. A plusieurs reprises, je me suis surprises à me dire que telle ou telle tournure de phrase, que tel jeu de mots étaient vraiment astucieux, recherchés et mériteraient peut-être que l'histoire autour soit plus étoffée. J'ai tout de même apprécié voir comment un auteur voit le monde de l'édition, le monde des auteurs, et éventuellement celui des livres. J'ai appris quelques petites choses que je ne soupçonnais pas forcément et beaucoup d'éléments reprenaient des notions que j'ai récemment vu en cours. C'est d'ailleurs peut-être cela qui ne m'a pas permis d'apprécier plus ce roman. Peut-être que si j'avais eu un regard neutre sur le sujet, j'aurais réussi à mieux me plonger dans cette grande guerre des livres. Parce que je suis allée lire plusieurs critiques de blogueurs sur ce roman et il semble qu'il ait rencontré un certain succès auprès de ses lecteurs. Ce dont je me réjouis car, même si je ne l'ai pas aimé, il évoque comme je l'ai dit des sujets d'actualités dont les lecteurs d'aujourd'hui devraient prendre conscience.

Les livres portaient les espoirs démesurés et les doutes abyssaux de leurs auteurs, ce qu'ils avaient vécu et ce qu'ils auraient aimé vivre, ainsi que d'infimes morceaux d'âme dont ils n'avaient pas conscience.


Pas de surprise pour cette conclusion donc. J'ai lu Sous les couvertures, et je n'y ai pas trouvé mon compte. Cela dit, ce n'est pas une lecture que je déconseillerais puisqu'apparemment, beaucoup l'ont aimé et que, de toute façon, les sujets traités méritent d'être connus de tous lecteurs. Je vais terminer cet article en remerciant Oliver Moss qui organise les Matchs de la Rentrée Littéraire et qui permet à des tas de lecteurs de découvrir des œuvres vers lesquelles ils ne se seraient pas forcément tourné dans une librairie par exemple ;)

vendredi 19 décembre 2014

Mercure - Amélie Nothomb

Je peux enfin vous l'annoncer officiellement : les vacances sont là! Un mois de repos, de tranquillité, du temps pour moi, pour lire, pour m'occuper de ce blog quelque peu laissé à l'abandon... Bref, la magie des fêtes de Noël même si je vais devoir consacrer une grosse partie de ce temps libre à bosser mon mémoire. Mais là n'est pas la question puisque aujourd'hui, je viens vous parler du roman Mercure d'Amélie Nothomb qui est, sans doute, un de ceux que j'ai le plus apprécié de celle qui se considère comme une graphomane. Pourquoi vous en parler alors qu'il date de 1998? Et bien parce que lors d'un séminaire, j'ai travaillé sur le mythe de Psyché dans lequel j'ai présenté une sorte de comparaison entre ce mythe, où la beauté de la jeune fille est au centre de l'intrigue, et le roman d'Amélie Nothomb où les notions de beauté et de laideur tiennent - comme très souvent par ailleurs - une place prépondérante. Et même après 14 ans, j'aime toujours autant ce roman que j'ai pris plaisir à redécouvrir!

Sur une île au large de Cherbourg, un vieil homme et une jeune fille vivent isolés, entourés de serviteurs et de gardes du corps, à l'abri de tout reflet ; en aucun cas Hazel ne doit voir son propre visage. Engagée pour soigner la jeune fille, Françoise, une infirmière, va découvrir les étranges mystères qui unissent ces deux personnages. Elle saura pourquoi Hazel se résigne, nuit après nuit, aux caresses du vieillard. Elle comprendra au prix de quelle implacable machination ce dernier assouvit un amour fou, paroxystique... Au coeur de ce huis clos inquiétant, la romancière du Sabotage amoureux et d'Attentat, retrouve ses thèmes de prédilection : l'amour absolu et ses illusions, la passion indissociable de la perversité.

En réalité, je suis partie d'une étude de Nausicaa Dewez qui compare Mercure au conte de La Belle et la Bête. Et il est vrai que malgré sa situation relativement contemporaine (1923), le roman d'Amélie Nothomb tient beaucoup du conte. Un conte où la jeune Hazel se retrouve séquestrée par un très vieux monsieur, qu'on pourrait comparer à la Bête, et où elle sera "sauvée" par un "prince charmant" qui, pour le coup, prendra les traits d'une jeune et jolie infirmière. Comme à son habitude - Amélie Nothomb nous livre donc ici des personnages hors du commun avec, pour une fois cependant, des prénoms assez normaux : Hazel, Françoise et Omer. J'ai trouvé que les dialogues entre ces trois personnages étaient vraiment très bien travaillés et qu'ils permettaient de montrer toute l’ambiguïté qui caractérise les deux jeunes femmes et le "vieux" pour reprendre les mots d'Hazel. En effet, si l'on part de cette vision très manichéenne des personnages (la pauvre jeune fille persécutée, le vieux pervers dégueulasse et la sauveuse), on se rend très vite compte que chacun d'eux à sa part d'ombre ou de lumière même si certains actes sont évidemment impardonnables.

Si ce n'étaient que les miroirs ! Si ce n'étaient que les vitres ! On ne me laisse jamais prendre un bain sans en avoir troublé l'eau à force d'huile parfumée. Pas le moindre meuble en marqueterie, pas l'ombre d'un objet en laque. A table, je bois dans un verre dépoli, je mange avec des couverts en métal écorché. Le thé que l'on me verse contient déjà du lait. Il y aurait de quoi rire de ces attentions méticuleuses si elles ne soulignaient pas tant l'étendue de ma difformité.

Donc un conte oui, mais un conte moderne où tout ce qui fait le succès du conte traditionnel est ici déconstruit ou inversé et où l'enquête policière et le suspens ont tout autant leur place. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il est difficile de faire une chronique de ce roman sans en dévoiler ce qui en fait toute la saveur! Je ne peux donc pas trop en dire ici car dans cette intrigue d'apparence simple s'insinuent d'autres éléments qui méritent de rester secret jusqu'au moment de la découverte. En revanche, ce que je peux vous dire c'est que ce roman a également la particularité d'avoir deux fins. Je sais que la plupart des gens préfèrent la première fin qui est, selon moi, celle attendu quand on a compris les tenants et les aboutissants du scénario. Et justement, j'ai préféré la seconde fin car elle m'a plus étonnée, d'abord de façon disons plutôt négative au début puis, en y réfléchissant bien, je l'ai trouvé vraiment plus appropriée au style nothombien. Mais comme le conclue Hazel et Françoise au sujet d'un livre de Stendhal (parce que oui, la place de la littérature est un des sujets également traité dans le livre), "le propre des grands livres est que chaque lecteur en est l'auteur". Amélie Nothomb place donc, de cette façon, son Mercure parmi les grands livres et c'est ce qu'il est à mes yeux!

La littérature a un pouvoir plus que libérateur: elle a un pouvoir salvateur. Elle m'a sauvée : sans les livres, je serais morte depuis longtemps.


Est-ce vraiment la peine de préciser que Mercure a été un coup de cœur dès la première lecture et l'est encore autant d'année après? Je l'ai d'ailleurs conseillé à une amie qui travaille justement sur La Belle et la Bête pour son mémoire et elle m'a avoué ne pas apprécier Amélie Nothomb. Pourtant, elle a adoré Mercure et l'a conseillé à son  tour! Mercure est donc peut-être la solution pour vous réconcilier avec l'auteure belge si jamais vous êtes comme mon amie. 

dimanche 23 novembre 2014

La Lumière des étoiles mortes - John Banville

Un mois sans nouvelle, je sais. Mais pour ma défense, à côté de mes cours et du projet de mémoire sur Marcel Pagnol, j'ai commencé à donner des cours particuliers de français aux collégiens et lycéens. Autant vous dire que mon temps libre est désormais de plus en plus limité. Mais j'ai quand même pris le temps de lire La Lumière des étoiles mortes, roman de John Banville que j'ai reçu à l'occasion de la dernière édition de Masse Critique organisée par Babelio et qui a obtenu le Prix Prince des Asturies cette année! Si j'avais coché ce livre, c'est pour deux raisons : la jolie couverture et ses couleurs attrayantes et le titre on ne peut plus poétique. Je ne connaissais pas du tout cet auteur irlandais qui semble pourtant jouir d'un certain prestige et d'une renommée qui n'est plus à faire! Et je ne regrette pas cette belle découverte d'un auteur, d'un écrivain qui manie aussi bien les mots que les émotions. Et ce livre - à fleur de peau, sensuel, osé mais à la fois tout en retenu - ne manquera sans doute pas de vous faire passer par toutes sortes d'émotions.

« Ou tout cela va-t-il donc quand nous mourons, tout ce que nous avons été ?
Quand je songe à ceux que nous avons aimés et perdus, je m'identifie à un promeneur errant à la tombée de la nuit dans un parc peuplé de statues sans yeux. L'air autour de moi bruisse d'absences. Je pense aux yeux bruns et humides de Mme Gray et à leurs minuscules éclats dorés. Quand on faisait l'amour, ils viraient de l'ambre à la terre d'ombre puis à une nuance de bronze opaque. "Si on avait de la musique, disait-elle dans la maison Cotter, si on avait de la musique, on pourrait danser." Elle-même chantait, tout le temps, et toujours faux, "La veuve joyeuse", "L'homme qui fait sauter la banque", "Les roses de Picardie", et un machin sur une alouette, alouette, dont elle ne connaissait pas les paroles et qu'elle ne pouvait que fredonner, complètement faux. Ces choses que nous partagions, celles-là et une myriade d'autres, une myriade, myriade, elles demeurent, mais que deviendront-elles lorsque je serai parti, moi qui suis leur dépositaire, le seul à même de préserver leur mémoire ? »

Qu'est-ce qui sépare la mémoire de l'imagination ? Cette question hante Alex alors qu'il se remémore son premier – peut-être son unique – amour, Mme Gray, la mère de son meilleur ami d'adolescence. Pourquoi ces souvenirs resurgissent-ils maintenant, à cinquante ans de distance, se télescopant avec ceux de la mort de sa fille, Cass, dix ans plus tôt ?
Un grand Banville, troublant et sensuel, sur la façon dont les jeux du temps malmènent le coeur humain.


J'avoue qu'au début, j'ai eu un peu de mal à me lancer vraiment dans ce roman. Peut-être que je n'avais pas la tête à ça. Peut-être aussi que le narrateur, Alex, ne m'était pas spécialement sympathique. Pourtant, quelques pages ont suffit pour attirer mon attention puis pour se l'accaparer complètement. Au début, on pense qu'il n'y a qu'une intrigue : celle d'un homme d'un certain âge se remémorant sa première expérience de l'amour 50 ans plus tôt avec la mère de son meilleur ami, alors qu'il n'avait que 15 ans. Et sa façon de se remémorer ce passage de sa vie est très prenant, très touchant et très réaliste puisqu'on a vraiment l'impression de découvrir les événements au fil de la mémoire d'Alex. Mémoire qui, à son âge, n'est plus ce qu'elle était. C'est pour cette raison qu'il doute, qu'il n'est pas sûr de ce qu'il raconte, qu'il revient sur ses dires, s'interroge, met en place des suppositions et des théories. Si bien que nous, lecteurs, ne sommes pas sûr de lire ce qui s'est réellement passé ou ce qu'il a fantasmé. Quoi qu'il en soit, j'ai vraiment apprécié toute cette partie sur sa relation avec Mme Gray, leur rendez-vous secrets, ses espoirs d'adolescents, ses remords vis-à-vis de son ami Billy mais en même temps cet amour qui l'empêchait d'arrêter cette relation immorale et adultère.

Que me revient-il d'elle, ici, en ces jours pâlots de l'année finissante? Des images du passé lointain se pressent sous mon crâne et la moitié du temps je suis incapable de dire si ce sont des souvenirs ou des constructions de l'esprit. Ce n'est pas qu'il y ait une grande différence entre les deux, si tant est qu'il y en ait une d'ailleurs. D'aucuns affirment que nous inventons à mesure et à notre insu, que nous brodons et enjolivons, et j'aurais tendance à être de leur avis, car Mme Mémoire est une grande et subtile hypocrite.

Mais au fil des pages, deux autres intrigues viennent s'ajouter : Alex mêle à cette histoire d'amour d'une part la disparition de sa fille qui, une dizaine d'années auparavant, s'est donnée la mort et d'autre part les événements contemporains au moment du récit : c'est un acteur de théâtre et il est appelé pour un rôle au cinéma dans lequel il doit interprété un écrivain, aux côtés d'une très belle jeune femme, star de cinéma, Dawn Devonport, très connue. Le hasard ayant voulu que cet auteur, Axel Vander se soit trouver au même endroit que sa fille au moment de sa mort - Portovenere - Alex aura une bonne raison de se poser un bon nombre de question sur la vie, sur le hasard justement, sur le destin, et évidemment sur les souvenirs. Mais si j'ai tant apprécié ce livre, ce n'est cependant pas un coup de cœur et la raison en est simple. C'est souvent un problème que j'ai quand plusieurs intrigues se superposent : l'histoire avec Mme Gray est tellement prenante, tellement irradiante dans le roman qu'elle prend largement le dessus sur les autres et, du coup, quand Alex changeait de sujet pour parler de sa fille Cass, de son film ou de Dawn Devonport, mon intérêt n'était pas le même et je n'avais qu'une hâte : savoir pourquoi et comment tout s'était terminé entre l'adolescent et la mère de famille.  Cependant, je ne renie pas le fait que sans ces trois intrigues entremêlées, la portée du roman aurait été moindre.

Pourquoi faudrait-il que je refuse l'idée que quelqu'un organise en secret et sournoisement des événements en apparence fortuits? Axel Vander se trouvait à Portovenere quand ma fille est morte. Ce fait, et je le prends comme tel, se dresse devant moi, énorme et immuable, pareil à un arbre, avec toutes ses racines profondément enfouies dans les ténèbres. Pourquoi était-elle là, et pourquoi y était-il aussi?


En conclusion, La Lumière des étoiles mortes a été une très très belle découverte. J'ai vraiment aimé plonger dans le passé d'Alex, découvrir son aventure avec Mme Gray, et découvrir finalement ce qu'a été sa vie au travers de divers souvenirs sur lui, sur sa femme Lydia, sur sa fille et jusqu'au présent où tous ses souvenirs font de lui ce qu'il est devenu. Car au final, n'est-ce pas ce que nous sommes tous : la somme de nos souvenirs? Ce que j'ai d'autant plus apprécié, c'est que le roman répond à toutes les questions qu'on se pose, c'est rare mais je n'ai pas été frustrée de terminer ce roman! Et pour porter son récit, John Banville fait preuve d'une aisance troublante, d'une écriture à la fois fluide mais poétique avec une grande richesse de vocabulaire et de tournures de phrases. 

mardi 21 octobre 2014

Pétronille - Amélie Nothomb

C'est  un peu devenu un rituel, chaque année je lis le nouveau Amélie Nothomb et 2014 n'est pas une exception. Et comme chaque année, je me lance dans la lecture sans avoir cherché à savoir de quoi il était question dans le roman afin que la surprise et le ravissement soient total. J'ai donc été très surprise de constater que, cette fois encore, il s'agissait d'un roman à caractère autobiographique. Du moins en partie. Mais il faut un peu de temps pour s'en rendre compte, d'autant plus que le titre ne laisse rien présager de tel. On se plonge donc dans Pétronille sans savoir que la narratrice et Amélie Nothomb sont une seule et même personne. Et si l'on savait l'auteure belge amatrice de champagne, c'est un réel plaisir que de se lancer dans un roman où elle nous livre, dès les premières pages, tous les bienfaits d'une cuite en bonne et due forme! C'est encore plus délectable quant on sait qu'elle-même pratique l'art de la cuite et, de ce fait, on se lance volontiers à ses côtés à la recherche d'une "convigne"!

Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans.

C'est en tout cas comme ça que débute l'intrigue. Amélie Nothomb aime le champagne, mais elle n'aime pas le boire seule et cherche donc la personne idéale avec qui partager ces moments pétillants. Et ce sera le hasard qui mettra Pétronille sur sa route, lors d'une séance de dédicace. Cette jeune femme aux allures d'ado rebelle s'avérera aussi amatrice de champagne que notre auteure belge et de ce goût partagé va naître ce qui apparaîtra comme le second sujet du roman : l'amitié entre deux femmes, l'amitié entre deux passionnées de champagne et de littérature, l'amitié entre deux auteures. Pourtant, Pétronille semble incarner tout ce que n'est pas Amélie : spontanée, effrontée, sûre d'elle. Les deux femmes partagent pourtant leur éloignement et leur détachement face au monde des "gendelettres". Et bam! encore un sujet abordé dans Pétronille. Amélie Nothomb évoque en effet son ressenti vis-à-vis des soirées mondaines, des gens qui se croient bien-pensants, et son refus de changer de style ou de comportement pour se conformer aux attentes de ce milieu. La seule chose qui la motive à assister à ce genre de mondanités, c'est... le champagne! Et la boucle est bouclée...

En mondanités, le champagne est presque meilleur. Plus le contexte est hostile, plus il fait figure d'oasis : c'est un résultat qu'on ne peut obtenir en buvant chez soi.

Pour autant, Amélie Nothomb ne pratique pas le métier d'écrivain juste pour se faire offrir du champagne. Aussi, elle profite donc de ce 23ème roman pour revenir sur sa relation très particulière avec ses lecteurs, sur ses correspondances (je rappelle que c'est une auteure qui prend la peine de répondre en personne à chacune des lettres qu'elle reçoit), sur ses ressentis lors des séances de dédicaces... Bref, finalement le livre et son univers tiennent une place tout aussi importante que le champagne dans Pétronille et Amélie Nothomb en profite donc pour remettre les pendules à l'heure sur certaines choses. On sent chez elle un profond respect pour son éditeur et pour les libraires qui la reçoivent. On sent aussi une pointe d'amertume quant à la réception de certains de ses romans comme le génial Acide Sulfurique qui a fait l'objet d'une polémique (mais que personnellement, j'ai adoré). Puis on a droit à quelques anecdotes croustillantes concernant la vie et la carrière de la belge, je pense notamment à sa rencontre avec la célèbre Vivienne Westwood, célèbre styliste anglais qu'Amélie se faisait une joie de rencontrer et qui va s'avérer bien loin de ce à quoi on pourrait s'attendre.

Passer d’une rencontre de papier à une rencontre de chair et d’os, c’est changer de dimension. Je ne sais même pas si c’est passer de la deuxième à la troisième dimension, parce que c’est peut-être le contraire. Souvent, voir le correspondant en vrai, c’est régresser, rejoindre la platitude.


Finalement, le dernier Amélie Nothomb - qui se lit aussi vite que les précédents - qui au premier abord ne semble parler que de l'amour de l'auteure pour le champagne et de sa recherche d'une compagne de beuverie, s'avère être un livre très riche qui nous en dit énormément sur ses pensées quant à son métier et le milieu qui va avec. Si j'ai trouvé la fin un peu étrange, et aussi assez éloignée de ce à quoi on peut s'attendre à la fin d'un roman qui se veut autobiographique, j'ai eu l'impression qu'une fois encore, Amélie Nothomb nous emmenait vraiment dans son univers - peut-être plus que dans certains de ses romans "réellement" autobiographiques - et j'ai été touchée. Pour information, c'est l'auteure Stéphanie Hochet qui se retrouve sous les traits de Pétronille. Après, quant à savoir où se situe exactement la limite entre la fiction et la réalité, ça a toujours été la grande question de la littérature et ça le restera. Néanmoins, Amélie Nothomb nous a offert une magnifique cuvée 2014 qui ne peut que faire partie de mes coups de cœur!

lundi 20 octobre 2014

C'est Lundi, que lisez-vous? [31]

Rendez vous initié par Mallou et repris par Galleane.
On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :
1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?

La semaine dernière j'ai lu
 
Tout d'abord, j'ai enfin fini un livre pour les cours : les Bucoliques de Virgile. Autant vous le dire, la pastorale n'est pas mon genre littéraire de prédilection et je l'ai lu parce qu'il fallait le lire...

 
Pour me récompenser d'être venu à bout des Bucoliques, j'ai décidé de lire pour me faire plaisir avec d'abord le livre III de La SélectionL’Élue de Kiera Cass et j'ai finalement craqué pour le dernier Amélie Nothomb : je me suis offert Pétronille que j'ai lu dans la soirée!

Enfin, j'ai prit quelques dizaines de minutes pour retomber en enfance, juste le temps de découvrir le premier volume de Pan'Pan Panda. Un manga tout doux et tout coloré signé Sato Horokura.

En ce moment, je lis
Je continue dans les livres légers avec le quatrième volume des aventures d'Heather Wells, Ready to rock! de Meg Cabot. Je n'en suis encore qu'au début mais j'ai hâte d'avoir le temps de me plonger vraiment dedans et de découvrir comment les choses ont évoluées entre elle et Cooper!

Ensuite, je lirai
 Après, il faudra revenir aux livres de cours et plus particulièrement à la critique d'art par les poètes. Aussi, je devrais m'attaquer aux deux grands monuments que sont Cocteau et Reverdy. Sans grand enthousiasme concernant, en tout cas, ce type d'écrits...


Et vous, vous lisez quoi?

dimanche 19 octobre 2014

La Sélection - Livre III : L’Élue - Kiera Cass

J'avais à la fois hâte et peur de me lancer dans le troisième et dernier volume de la trilogie de Kiera Cass : La Sélection. Hâte parce que les deux premiers livres étaient intéressants et qu'il me tardait de connaître le fin mot de l'histoire. Peur parce que j'en attendais toujours trop de ces romans et que, bien que je les ai appréciés, j'avais toujours l'impression qu'il me manquait quelque chose une fois le livre fermé. Cette impression m'avait, à chaque fois, empêché d'avoir un coup de cœur pour la saga de La Sélection. Alors est-ce que le troisième volet aura finalement réussit à me convaincre que La Sélection est une trilogie qui en vaut la peine? Est-ce que Kiera Cass a su rectifier le tir afin de donner à son histoire un tournant un peu moins strass et paillettes? C'est en tout cas l'impression que j'en ai eu et j'ai été agréablement surprise. Mais c'était aussi visiblement un risque pour l'auteure qui semble avoir déçu une autre partie de son public, sans doute plus jeune, et qui avait apprécié ce côté téléréalité sans doute plus que le côté politique du royaume d'Illeá...

Une seule candidate sera couronnée

Trois cents ans ont passé
et les États-Unis ont sombré dans l’oubli.
De leurs ruines est née Illeá, une monarchie de castes.
Mais un jeu de téléréalité pourrait bien changer la donne.

La Sélection a bouleversé la vie de trente-cinq jeunes filles. Déchirées entre amitié et rivalité, les quatre candidates encore en lice resteront liées par les épreuves qu’elles ont dû surmonter ensemble. Entre les intrigues amoureuses et celles de la cour, c’est une lutte de tous les instants pour demeurer fidèles à leurs idéaux. America n’aurait jamais pensé être si près de la couronne, ni du coeur du Prince Maxon. À quelques jours du terme de la compétition, tandis que l’insurrection fait rage aux portes du Palais, l’heure du choix a sonné. Car il ne doit en rester qu’une…

Dans ce troisième livre de La Sélection, le nombre des prétendantes du prince Maxon a fortement chuté puisqu'elles ne sont plus que quatre. Moins de filles, moins de compétition, moins de crêpage de chignons... plus d'action! C'est en tout cas ce que j'ai ressenti à la lecture de ce livre que j'ai eu beaucoup de mal à lâcher avant d'en savoir enfin le dénouement. America est plus sûre de ses sentiments pour Maxon, mais elle reste cependant fidèle à elle-même en n'acceptant jamais ce qui pourrait la rapprocher de l'élu de son cœur si cela l'éloigne de ses convictions. En cela, j'ai déjà trouvé que la jeune héroïne avait quelque peu mûrie même si les intrigues amoureuses sont toujours présentes, et même si quelquefois, Maxon est un peu trop girouette à mon goût. C'est drôle parce que c'était un personnage que j'adorais vraiment dans les deux premiers livres, et dans le troisième, j'ai eu beaucoup plus de mal avec ce jeune homme - mais je vous rassure, à la fin je l'appréciais vraiment - et j'ai beaucoup plus aimé Aspen qui, lui, m'énervait depuis le début! Comme si, dans ce dernier tome, Kiera Cass avait décidé de chambouler tout les acquis mais je ne m'en plains pas puisque c'est celui que j'ai préféré.

Il n'est pas parfait, loin de là. Mais quand on est ensemble, j'ai l'impression d'être America, point barre. Pas une caste ni une sans-grade. Je ne le considère même pas comme un prince, en réalité. Il est lui, je suis moi.

Comme je le disais, la compétition est moins mise en avant et on peut donc se pencher un peu plus sur le sort d'Illeá. On en apprend plus sur les renégats, sur ce qui les motive à attaquer le palais et sur la vraie nature du roi Clarkson même si on en avait déjà eu un bel aperçu dans le livre II. J'ai aussi découvert un autre visage de la reine Amberly que j'ai moins apprécié tandis que d'autres personnages, comme Céleste, sont remontés dans mon estime. Bref, je vous l'ai dit, c'est le livre des chamboulements. D'ailleurs certains d'entre eux m'ont beaucoup étonnée et j'avoue que je ne m'y attendais pas. Ce que je trouve un peu dommage, c'est que la raison de ces choix scénaristiques reste un peu obscure. Un peu comme si l'auteure ne voulait pas aller directement là où on l'attendait mais qu'elle avait préféré mettre quelques complications juste pour nous étonner mais sans fondement réel derrière. C'est, finalement, ce que j'ai trouvé le plus dommage dans L’Élue. Ça, et aussi la tendance de Kiera Cass à ouvrir des possibilités et de ne jamais aller vraiment au bout. C'est vraiment dommage car énormément de points intéressants auraient pu être approfondis. Mais bon, j'ai tellement pris de plaisir à lire ce livre que ces petits défauts ne m'ont finalement pas dérangée plus que ça et que ce n'est qu'après coup que je me suis posée quelques questions concernant le sort de certains personnages...

Mary ne me pose aucune question. Elle me débarrasse de ma robe mouillée, m’en propose une autre, me recoiffe, un sourire moqueur aux lèvres, et c’est toute pomponnée que je retourne au Boudoir. Il pleut toujours des cordes et je suis au septième ciel. Désormais la pluie va avoir une signification spéciale pour moi. Une fois sortie de ma bulle, je me rends compte que l’ultimatum des Renégats a plongé le palais dans un désarroi oppressant. Mes camarades sont nerveuses, elles ont la tête ailleurs.



En conclusion, j'ai décidé de mettre L’Élue dans mes coups de cœur parce que je l'ai vraiment dévoré en quelques heures et que j'ai passé un très bon moment aux côtés d'America, Maxon, Aspen et autres personnages du peuple d'Illeá. Et j'avoue qu'avec la folie des adaptations cinématographiques actuelles, je serais curieuse de voir ce que donnerait la trilogie de La Sélection sur grand écran. En espérant qu'un réalisateur finira par se pencher sur la question, c'est le cœur léger que je dis au revoir à ce petit univers imaginé par Kiera Cass. 

lundi 13 octobre 2014

C'est Lundi, que lisez-vous? [30]

Rendez vous initié par Mallou et repris par Galleane.
On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :
1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?

La semaine dernière j'ai lu

 En ce moment, je lis

Ensuite, je lirai


Depuis la rentrée, je peine à lire mes livres de cours. Il faut dire que je suis plus intéressée par les XIXe et XXe siècle que par l'Antiquité. J'ai donc vraiment mis longtemps à venir à bout de L'Âne d'or, et j'ai autant de mal en ce qui concerne Les Bucoliques... En revanche j'ai lu très vite les critiques d'arts d'Apollinaire. Mais avant de me lancer dans le reste des hostilités, j'ai décidé de m'octroyer une petite pause littéraire avec des lectures plus légères : le dernier tome de La SélectionL’Élue de Kiera Cass, et le quatrième volumes des aventures d'Heather Wells, Ready to rock! de Meg Cabot.

Et vous, que lisez-vous en ce Lundi?

vendredi 26 septembre 2014

Topaze - Marcel Pagnol

L'heure de la rentrée a sonné, et avec elle la reprise des lectures "sérieuses". Et quoi de plus sérieux que de lire le livre qui, à priori, sera le sujet de mon mémoire de Master 1? Avant de me lancer dans la chronique de cette pièce de théâtre de Marcel Pagnol, je vais un peu vous expliquer les raisons de mon choix. La littérature du XXe siècle et celle qui me fascine le plus en matière de littérature française, j'ai donc pris un rendez-vous avec le professeur spécialiste de cette matière à l'UVSQ afin qu'il dirige mon mémoire et, par chance, ses spécialités s'étendent sur les arts et le cinéma qui sont des domaines que j'aime tout autant que la littérature. Ensemble, on a évoqué Marcel Pagnol et, puisque je viens de Marseille, le choix m'a semblé judicieux, intéressant et tout fait pour moi. Après, reste à définir le sujet exacte mais j'avais dans l'idée de me diriger du côté de Topaze et de ses adaptations cinématographiques. D'où l'intérêt d'avoir lu cette oeuvre avant mon prochain rendez-vous et, si possible, d'avoir vu au moins deux des dites adaptations! Mais j'avais quand même d'autres pistes de sujets, au cas où Topaze ne m'aurait pas plu. Faire un mémoire sur un sujet qui ne nous intéresse pas n'est pas très enrichissant. Mais après la lecture de la pièce, j'ai décidé de conserver mon sujet car j'y vois vraiment des tonnes de possibilités à exploiter.

TOPAZE
Tu t'effares, mon pauvre Tamise, mais je vais te dire un secret : malgré les rêveurs, malgré les poètes et peut-être malgré mon cœur, j'ai appris la grande leçon : Tamise, les hommes ne sont pas bons. C'est la force qui gouverne le monde, et ces petits rectangles de papier bruissant, voilà la forme moderne de la force.

La quatrième de couverture de l'édition que j'ai emprunté à la médiathèque ne donnait pas de résumé, juste une citation. Je me suis donc lancée dans la lecture sans savoir de quoi il en retournait. Je ne connaissais donc, en vérité, pas du tout l'histoire de ce professeur des écoles un peu rêveur, un peu trop gentil et beaucoup trop honnête. Au début de la pièce, j'ai eu un peu de mal avec le personnage de Topaze, sa naïveté presque énervante et la situation dans laquelle il se trouvait. Je me suis dit que je n'allais jamais trouver quoi dire sur le sujet mais j'ai continué, parce que si je décidais de changer de sujet, il fallait que je me justifie auprès de mon directeur de mémoire. Puis finalement, j'ai commencé à tourner les pages de plus en plus vite, à m'intéresser vraiment à l'histoire, et à en comprendre les enjeux qui sont de plus en plus gros et vont de plus en plus loin. Beaucoup, beaucoup plus loin que ce à quoi on s'attend de la part d'un Marcel Pagnol qui nous a surtout habitués à nous raconter ses souvenirs d'enfance entre Marseille et Aubagne.

Je dis qu'en général elles préfèrent les hommes qui ont de l'argent, ou qui sont capables d'en gagner... Et c'est naturel. Aux temps préhistoriques, pendant que les hommes dépeçaient la bête abattue et s'en disputaient les lambeaux, les femmes regardaient de loin... Et quand les mâles se dispersaient, en emportant chacun sa part, sais tu ce que faisaient les femmes ? Elles suivaient amoureusement celui qui avait le plus gros bifteck.

Ici, il n'est point question de Marseille mais d'une situation des plus banales. Du moins au début. Puis peu à peu, le vrai propos nous apparaît tout comme il apparaît au jeune Topaze qui se verra forcer d'ouvrir les yeux sur un monde loin d'être aussi idyllique qu'il n'y paraît. Ce professeur qui ne cesse de prôner l'honnêteté et qui tente de l'inculquer à ses élèves se verra récompenser par un renvoie de son poste et sera finalement pris au piège par les manigances d'une très belle femme. Pris entre ses principes et sa conscience, le naïf Topaze va peu à peu s'adapter à ce nouveau mode de vie où l'argent tient le rôle principal. Une pièce qui date de 1928, c'est-à-dire tout juste un an avant la Grande Dépression, mais qui finalement est toujours d'actualité aujourd'hui et j'ai été étonnée de voir à quel point. J'ai aussi et surtout été étonnée de découvrir un Marcel Pagnol bien loin de ses collines. Je l'ai toujours imaginé vivre à une époque calme, dans des lieux bercés par le chant des cigales. Et là, je découvre un autre homme, un homme qui m'intéresse, qui m'intrigue et que j'ai envie de découvrir. C'est la raison pour laquelle je ne regrette absolument pas mon choix de mémoire et j'ai vraiment hâte de me plonger dans mes recherches qui, je n'en doute pas, vont me conduire de surprise en surprise sans manquer de me rappeler ma Provence natale...

Quand on doit diriger des enfants ou des hommes, il faut de temps en temps commettre une belle injustice, bien nette, bien criante : c'est ça qui leur impose le plus!


Evidemment, je suis heureuse de placer cette oeuvre de Marcel Pagnol dans mes coups de cœur! C'est une lecture que je conseillerais volontiers aux amateurs de théâtre, aux amateurs de Pagnol, aux curieux et à ceux qui pensent que ce grand monsieur n'est que l'auteur de la Trilogie Marseillaise. Je suis d'ailleurs aussi très impatiente de faire un séjour à Marseille afin de voir le nouveau visage du Château de la Buzine - le Château de sa mère - ainsi que l'exposition Marcel Pagnol. Et qui sait, peut-être que mon Master et mon mémoire me permettront, un jour, de prendre part à ce genre de manifestations culturelles...

mardi 23 septembre 2014

Qui es-tu Alaska? - John Green

Ces derniers temps, mon blog pourrait être rebaptisé "Dans la peau d'une groupie de John Green" dans la mesure où j'ai l'impression que le peu de billets que je rédige lui sont consacrés! Mais si c'est le cas, c'est parce qu'il le vaut bien. Cette fois-ci, Pas de Hazel Grace Lancaster ni d'Augustus Waters. Place à Alaska, un autre personnage fascinant tout droit sorti de l'imagination d'un auteur talentueux, quelques années avant le succès de Nos étoiles contraires. J'avoue que j'avais très envie de lire autre chose de l'auteur pour voir s'il s'agissait d'un phénomène de mode sur un sujet qui touche énormément de personnes aujourd'hui ou si ce monsieur est vraiment doté d'un grand talent qui existait déjà avant le succès commercial qu'on lui connait. Et pour tout vous dire, j'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre mais au bout de quelques pages, j'ai finalement été conquise et j'ai dévoré cet ouvrage en quelques heures.

Miles Halter a seize ans et n'a pas l'impression d'avoir vécu. Assoiffé d'expériences, il décide de quitter le petit cocon familial pour partir loin, en Alabama au pensionnat de Culver Creek. Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C'est là aussi, qu'il rencontre Alaska. La troublante, l'insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young. 

Qui es-tu Alaska? est LE roman de l'adolescence: les amitiés fortes, l'amour, la transgression, la soif de connaissance et la fondamentale quête de sens. La vie explose dans ce livre qui fait rire et fondre en larmes l'instant d'après et qu'on voudrait ne jamais finir. Le premier roman d'un jeune écrivain brillant, lauréat de nombreux prix littéraires aux Etats-Unis et traduit en dix langues.

En fait, ce qui m'a un peu gênée au début du livre, c'était l'impression de ne pas être dans un livre de l'époque à laquelle je pensais que l'histoire se situait. Je m'explique : j'avais l'impression que le petit Miles Halter était un adolescent des années 2000 mais transporté dans un univers digne de L'Attrape-cœurs. Sa façon de s'exprimer, puis l'arrivée à la pension, les surnoms un peu surannés que les protagonistes se donnent entre eux... Ces petits détails m'ont un peu déroutée, si bien que j'ai eu du mal à me situer. Mais très vite, les personnages deviennent attachants : un adolescent qui se passionne pour les dernières paroles des gens célèbres et qu'on surnomme Le Gros tant il est maigrichon, son compagnon de chambrée qui se fait appeler Le Colonel quand bien même il est petit et trapu, une blonde un peu hongroise un peu roumaine qui roule les R, un japonais et... Alaska. Sans oublier L'Aigle, directeur de la pension, et les weekendeurs. Bref, tout ce petit monde évolue à Culver Creek pour notre plus grand bonheur bien qu'on ne sache pas trop, au début, où veux nous emmener John Green. On se prend vraiment d'affection pour eux, on se demande en quoi Alaska est si particulière puisqu'elle seule apparaît dans le titre, on suit avec intérêt le quotidien de ces adolescents mais que va-t-il leur arriver au final? Et à quoi correspond ce compte à rebours qui sert de titres aux chapitres? Quel événement va marquer la fin du décompte? Voilà autant de raisons et de questions qui font qu'on tourne frénétiquement les pages de ce roman afin d'assouvir notre soif de découverte.

On passe sa vie coincé dans le labyrinthe à essayer d'en sortir, en se régalant à l'avance de cette perspective. Et rêver à l'avenir permet de continuer, sauf qu'on ne passe jamais à la réalisation. On se sert de l'avenir pour échapper au présent.

Et finalement, on arrive au jour J. Fin du compte à rebours. Et on se dit qu'on aurait préféré retarder l'échéance mais il reste des pages à lire alors on continue. Parce qu'au-delà des événements, ce roman fait vraiment réfléchir. Peut-être même plus que Nos étoiles contraires. En tout cas, la réflexion sur la vie est plus poussée, et plus vraie. Celle sur la mort aussi d'ailleurs. Ce qui est frappant dans ce roman, c'est la justesse avec laquelle les paradoxes, les forces et les faiblesses de l'adolescence sont mis en avant grâce à des personnages vraiment uniques, hors du commun, qu'on aime de plus en plus au fil des pages et qu'on voudrait ne jamais quitter. On a envie d'avoir la bibliothèque d'Alaska, que Miles nous récite d'autres dernières paroles, que Le Colonel nous emmène au coin fumeur (même si je ne fume pas) et que chacun d'eux nous montrent comment il faut aimer la vie et la vivre pleinement malgré le labyrinthe de souffrance dans lequel on se trouve et dont on ne peut sortir que "vite et d'un coup". C'est assez difficile de faire une trop longue chronique de Qui es-tu Alaska? sans trop en dire alors je crois que je vais m'arrêter là en espérant que ces quelques lignes vous donneront envie de découvrir ce roman.

Je les appelle la Bibliothèque de ma vie. Tous les étés, depuis que je suis toute petite, je hante les vide-grenier à la recherche de livres intéressants. Comme ça, j'ai toujours quelque chose à lire. Mais il y a tant d'autres choses qui nous attendent : les cigarettes à fumer, l'amour à faire, les balancelles à balancer. J'aurai du temps pour lire quand je serai vieille et barbante.


Je pense que vous l'aurez compris, Qui es-tu Alaska? a été un réel coup de cœur pour moi. Une magnifique découverte qui m'a fait passé du rire aux larmes (littéralement, et je pleure rarement en lisant...) qui je conseille absolument à tout le monde. Si vous avez aimé Nos étoiles contraires, vous ne serez pas déçu!

lundi 15 septembre 2014

C'est Lundi, que lisez-vous? [29]

Rendez vous initié par Mallou et repris par Galleane.
On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :
1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?

La semaine dernière j'ai lu
J'avais commencé la trilogie de Veronica Roth, Divergente, pendant mes vacances en Corse. J'ai lu les deux premiers volumes là-bas mais je n'ai pas eu le temps de me lancer dans le troisième. Ma tante a eu la gentillesse de me le prêter et j'avoue avoir mis énormément de temps à le lire. Pas parce que je n'ai pas apprécié mais parce que je n'étais pas d'humeur à lire ces derniers temps...

 En ce moment, je lis
Mais ça va un peu mieux alors je me suis lancée dans un autre roman de John Green, Qui es-tu Alaska, et j'espère qu'il sera à la hauteur de mes attentes puisqu'avec Nos étoiles contraires, le jeune auteur a placé la barre assez haut!

Ensuite, je lirai
Les cours reprennent dans une semaine, je vais donc bien être obligée de me replonger dans les études et donc dans Marcel Pagnol qui sera le sujet de mon mémoire. Je commence avec Topaze puisque l'un des sujets évoqués pour le-dit mémoire concernait les adaptations cinématographiques de cette pièce de thèâtre!


Et vous, que lisez-vous de beau en ce Lundi?

mercredi 10 septembre 2014

Nos étoiles contraires


Le retour de vacances a été synonymes de séances de cinéma étant donné que pas mal de films que je voulais voir sont sortis en Août. Parmi eux, Nos étoiles contraires, film basé sur le roman de John Green que j'ai lu il y a quelques semaines et que j'avais adoré! En allant le voir, je vous avoue que j'avais quand même trois ou quatre appréhensions : j'avais peur que le film ne soit pas à la hauteur du livre, j'avais peur d'être un peu déstabilisée par le choix des deux acteurs principaux que j'associe à Tris et Caleb dans Divergente, j'avais peur de la scène de la station essence à cause de ma phobie et j'avais peur que NicoChéri trouve le film vraiment chiant, lui qui ne jure que par les super-héros.


Hazel Grace et Gus sont deux adolescents hors-normes, partageant un humour ravageur et le mépris des conventions. Leur relation est elle-même inhabituelle, étant donné qu’ils se sont rencontrés et sont tombés amoureux lors d'un groupe de soutien pour les malades du cancer.

Nos étoiles contraires a été réalisé par un tout jeune monsieur, à peine 35 ans, qui signe là son deuxième film : Josh Boone. C'est sans doute la raison pour laquelle une certaine naïveté et un certaine candeur semblent se dégager de ce long-métrage. Et ce n'est pas une critique négative, au contraire, je pense que c'est exactement le regard qu'il fallait porter sur cette histoire d'amour entre deux adolescents qui savent ce qui les attend et qui, ma foi, prennent souvent les choses avec beaucoup d'humour un peu noir mais qui, au fond, restent des enfants qui espèrent que tout finira par s'arranger. Et on se prend à l'espérer aussi. Alors oui, c'est vrai que Nos étoiles contraires est un film qui fait pleurer, qui jouent sur les sentiments du spectateur, qui est un peu cucul parfois mais n'est-ce pas ce à quoi on s'attend quand on va voir ce genre de drame au cinéma? Je pense que quand on n'aime pas les films sentimentaux, on n'achète directement sa place pour aller voir Les Gardiens de la Galaxie (qui est d'ailleurs très bien lui aussi mais ça, c'est pour une autre fois) sauf si, comme mon homme, vous êtes forcé par votre douce moitié à subir cela. Sinon aucune excuse. Okay? Okay...


Donc maintenant que les choses sont claires, parlons un peu plus du film. L'histoire, je pense que la plupart d'entre vous la connaisse via le livre. Le scénario n'a pas beaucoup changé si ce n'est que quelques détails ont été évincés mais rien de bien méchant. Le principal est là et reste très cohérent avec l'oeuvre de base. Du coup je ne vais pas trop m'attarder sur le sujet, si vous voulez vous remémorer ce que j'avais pensé du livre, c'est par ! Venons-en donc aux personnages d'Hazel et de Gus qui sont, je dois l'avouer, merveilleusement interprétés par une Shailene Woodley vraiment très touchante et un Ansel Elgort là où on ne l'attendait pas, attachant à souhait. Les deux forment un duo parfait qui nous fait vraiment oublier qu'ils ont été frère et sœur dans un monde parallèle. Ils m'ont vraiment émue mais ils ne sont pas les seuls. J'ai été bluffée par l'interprétation d'Isaac par un certain Nat Wolff. Acteur que je ne connaissais pas du tout mais qui a complètement réussi à me faire oublier l'image que je m'étais faite du personnage dans le livre! Un autre personnage qui m'a vraiment épatée c'est celui de Van Houten, interprété par Willem Dafoe qui ne correspond absolument pas à la description du livre mais qui réussit à éveiller la même antipathie. Bref, un casting sans faute soutenu par une bande originale vraiment géniale que j'écoutais déjà avant d'avoir vu le film et des images qui donnent envie de visiter la Hollande (le pays, je précise vu l'actualité littéraire en ce moment).


Au final, la seule appréhension qui n'a pas été démentie, c'est celle de la scène de la station service que je n'ai pas pu regarder. Pour le reste, j'ai été bluffée, surprise, ébahie, attendrie, touchée, j'ai même versé quelques larmes dans mes Maltesers! Le film reste très fidèle au livre, les acteurs sont géniaux et, je vous le dit, même le NicoChéri a aimé le film, si bien que ça l'a travaillé une grande partie de la soirée toute cette histoire. Un gros gros coup de cœur pour Nos étoiles contraires donc, que je vous conseille d'aller voir avec un paquet de mouchoir pour pas que vos pop-corn finissent salés comme mes boules chocolatées!

jeudi 4 septembre 2014

Lucy


Lucy, c'est le film dont on avait vu la bande-annonce avant de partir en vacances et qu'on avait envie de voir quoi qu'il arrive. Malheureusement, il sortait en plein milieu de nos vacances sur  une île où le cinéma n'est une priorité ni pour ses habitants, ni pour ses touristes. Heureusement, nous sommes de retour et le film est toujours à l'affiche. Aussi, après être rentré, avoir tout rangé et s'être occupé de nos poissons, nous avons pris la voiture et nous avons foncé direction l'UGC pour voir le tout dernier Luc Besson qui met en vedette une de mes actrices fétiches : Scarlett Johansson.



 A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.

Je me lance dans cette chronique en ayant conscience que c'est un film qui s'est littéralement fait démonter par la critique, et que moi je l'ai apprécié. Je vais donc tenter de défendre mon point de vue en prenant comme base ce qui a été reproché à Lucy mais je pense que, comme toujours, je vais m'éparpiller et partir un peu dans tous les sens. Cela dit, ma critique sera peut-être à l'image du film - ça je ne peux que le constater - qui est par moment un peu trop WTF et parfois difficile à comprendre. C'est, selon moi, un des principal défaut du film qui aurait pu se permettre de durer une petite demi-heure de plus, sachant qu'il ne dure pas tout à fait 1h30, et ainsi approfondir quelques éléments qui méritaient sans doute quelques éclaircissements. Après, le fait que le film soit court a aussi ses avantages à mon avis.


En effet, Lucy se retrouve dans une situation qu'elle ne peut pas contrôler. La drogue se propage dans son corps et ses effets se décuplent à l'insu de la jeune fille. Du coup, tout va très vite et cet effet rapide et incontrôlable est très bien retranscris par Luc Besson qui, finalement, met le spectateur dans le même état d'esprit que son héroïne : pas le temps de réfléchir, pas le temps d'analyser, pas le temps de comprendre, il faut aller à l'essentiel avant qu'il ne soit trop tard. Je pense que c'est quelque chose qui n'a pas forcément plu mais c'est un parti pris qui se défend et qui est d'ailleurs très bien explicité et assumé par le rappel perpétuel du pourcentage des capacités du cerveau de Lucy qui augmentent de plus en plus vite.Un autre parti pris qui a été très critiqué mais que je vais défendre, c'est celui de baser le film sur une croyance qui a été scientifiquement démenti depuis longtemps et qui voulait que l'Homme n'utiliserait que 10% des capacités de son cerveau. Alors oui, on sait que c'est faux, et? On est devant un film de science-fiction, pas devant un documentaire. Si on veut une vraie étude sur le cerveau et ses capacités, on va lire des thèses mais on va pas au cinéma.

Scarlett Johansson sous la direction de Luc Besson

Au final, pour moi Lucy a tenu ses promesses.C'est un film qui va à toute vitesse, qui en met plein la vue, qui développe une idée pas spécialement crédible mais très intéressante et qui nous offre l'occasion de constater une fois de plus le grand talent de la sublime Scarlett Johansson. Je n'ai donc pas du tout été déçue malgré les nombreuses critiques négatives que j'ai lu sur ce film et je ne regrette pas d'être passé outre cet acharnement sur le dernier Luc Besson qui reste un très grand réalisateur à mes yeux. 

mardi 2 septembre 2014

Top Ten Tuesday [17] - Les 10 livres que je ne possède pas (encore) mais que je meurs d'envie de lire

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Iani.

Cette semaine, les 10 livres que je ne possède pas (encore) mais que je meurs d'envie de lire!

1 - Petronille, d'Amélie Nothomb
En ce jour de rentrée scolaire, je commence par LE livre de la rentrée littéraire que je ne manque jamais, celui d'Amélie Nothomb, que j'ai vraiment hâte de lire!


2 - L’Élue, de Kiera Cass
Parce que j'ai lu les deux premiers tomes avant les vacances, j'ai hâte de connaître enfin la suite et fin de cette trilogie même si je n'ai pas été autant emballée que je l'aurais imaginé.

 3 - Tombée du ciel, de Cecelia Ahern
Une auteure que j'adore et dont j'ai lu presque tous les romans sauf le dernier paru en date.

4 - Ready to rock!, de Meg Cabot
Là aussi, une série commencée l'année dernière que j'ai hâte de continuer...

5 - Happy End!, de Meg Cabot
Et tant qu'à continuer, autant en finir avec les aventures d'Heather Wells, cette héroïne attachante qui m'a fait découvrir Meg Cabot...

6 - Mon année Salinger, de Joanna Smith Rakoff
Là, c'est tout bête, c'est le titre qui me parle. Salinger est un auteur qui m'intrigue et j'aime beaucoup ce genre de récit, comme j'avais aimé La Transcendante où il était question de Nathaniel Hawthorne.


7 - Love Letters to the Dead, d'Ava Dellaira
Parce que j'ai vu ce roman sur à peu près tous les blogs littéraires que je suis... je suis curieuse de savoir ce qu'il renferme.

8 - Le Journal de Mr Darcy, d'Amanda Grange
Revivre Orgueil et préjugés du point de vue de Darcy? Je dis oui!

9 - Les Œuvres complètes, de Marguerite Duras
Une auteure qui me fascine et dont je connais trop peu d’œuvres... Je souhaitais faire mon mémoire de Master sur elle cette année mais mon prof me l'a déconseillé. Ce qui n'empêche pas que je meurs d'envie de lire l'intégralité de son oeuvre...

10 - Les Œuvres complètes, de Marcel Pagnol
J'ai donc choisi un autre auteur du XXe siècle pour mon mémoire : Marcel Pagnol, parce que j'ai grandi avec ses écrits et qu'il me rappelle ma Provence. J'ai à la fois hâte et j'appréhende de commencer à travailler dessus mais je suis pressée d'avoir son oeuvre entre les mains!


Et voilà le Top Ten Tuesday du retour des vacances et de la rentrée. J'avoue avoir eu du mal à me remettre dans le bain parce que je me suis tenue loin de toute actualité littéraire pendant ce mois passé en Corse mais j'en suis venue à bout.
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