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Final Fantasy Type-0

vendredi 4 octobre 2013

Si c'est un homme

Auteur : Primo Levi
Titre original : Se questo è un uomo
Traductrice :Martine  Schruoffeneger
Première Édition Italienne : 1958, Einaudi
Première Édition Française : 1987, Julliard
Éditeur Actuel : Pocket


Quatrième de Couverture
"On est volontiers persuadé d'avoir lu beaucoup de choses à propos de l'holocauste, on est convaincu d'en savoir au moins autant. Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l'accumulation, on a envie de crier grâce. C'est que l'on n'a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l'état du malheur. Peu l'ont prouvé aussi bien que Levi, qui a l'air de nous retenir par les basques, au bord du menaçant oublie: si la littérature n'est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n'est que futilité." Angelo RINALDI

Plus rien ne nous appartient : ils nous ont pris nos vêtements, nos chaussures, et même nos cheveux ; si nous parlons, ils ne nous écouteront pas, et même s'ils nous écoutaient, il ne nous comprendraient pas. Ils nous enlèveront jusqu'à notre nom : et si nous voulons le conserver, nous devrons trouver en nous la force nécessaire pour que derrière ce nom, quelque chose de nous, de ce que nous étions, subsiste.

Le Choix du Livre
J'avais lu ce livre au collège ou au lycée. Il m'avait marqué et je m'étais promis de trouver la force de le relire un jour. La force non pas parce que je ne l'ai pas aimé, mais parce que c'est un livre dur, psychologiquement. Finalement, c'est la fac qui m'a permis aujourd'hui de me plonger à nouveau dans cette oeuvre qu'on se doit de lire au moins une fois dans sa vie.

Mon Avis
Que dire sur ce livre qui n'a pas été dit? Honnêtement, je me lance dans cette chronique en me disant que ce n'est vraiment pas le genre d'oeuvre à critiquer. En bien ou en mal. Parce que ce qu'a écrit cet homme fait partie de l'Histoire, une Histoire qu'il ne faut pas oublier car si lui a eu la "chance" de pouvoir survivre et témoigner, ça n'a été le cas que d'un tout petit nombre. Et si ce que nous décrit Primo Levi dans Si c'est un homme nous semble déjà horrible, il faut aussi penser que d'autres ont du vivre des choses encore plus horribles et qu'ils ne sont plus là pour en témoigner. Alors que dire?

Je vais quand même essayer de dévoiler ce qui m'a le plus émue dans ce livre puisqu'en parallèle, je lis Une journée d'Ivan Denissovitch de Soljenitsyne, qui évoque la vie dans les goulags russes, et que cette lecture ne m'a pas autant troublée que celle de l'oeuvre de Primo Levi. Peut-être parce que, même si Soljenitsyne a vécu l'expérience du goulag, il la raconte à travers les yeux d'un autre personnage et que le témoignage est quelque peu faussé alors que Primo Levi parle bien en son nom et raconte ce qu'il a vécu de façon à la fois détaillée et sincère tout en restant humble et sans jamais tomber dans le jugement ni dans l'accusation. Et dans cette oeuvre qui raconte comment l'homme a déshumanisé l'homme, il en ressort une profonde humanité, celle qui naît de la solidarité et du partage dans un monde où tout espoir semble perdu.

En tout cas, malgré tout ce qu'on sait de la Shoah aujourd'hui à travers les documentaires, les films ou encore les vieux cours d'Histoire, il me semble important de lire Si c'est un homme car ce livre apporte vraiment, à mon sens, non pas de nouvelles informations à ce sujet mais un regard autre. Le regard de celui qui a vécu le drame, et qui le relate tel quel. Sans chercher à se faire plaindre, sans chercher à accuser ou à comprendre. Juste raconter. Le tout avec une écriture et un style très fluide qui relate les évènements de façon à la fois chronologique et thématique. On entre ainsi dans le monde du camp en même temps que Primo Levi, dans une sorte de parcours initiatique, et on y découvre chaque aspect de façon précise, presque ludique. Et c'était sans doute le but désiré puisque l'auteur fera ensuite de nombreuses rencontres avec des élèves pour parler de son expérience et répondre à leurs questions...

Le sentiment de notre existence dépend pour une bonne part du regard que les autres portent sur nous : aussi peut-on qualifier de non humaine l'expérience de qui a vécu des jours où l'homme a été un objet aux yeux de l'homme.

Conclusion
Je ne le répéterai jamais assez mais il faut avoir lu Si c'est un homme au moins une fois dans sa vie. On n'en ressort jamais indemne et c'est le genre de livre qui, même après dix ou vingt lectures, continue de nous chambouler...
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