Les dernières chroniques

Final Fantasy Type-0

mercredi 27 février 2013

Belle de Jour

Belle de Jour

Réalisateur : Luis Buñuel
Avec : Catherine Deneuve, Jean Sorel, Michel Piccoli, Pierre Clémenti...
Produit en 1967
Sorti le 24 Mai 1967 (France)
Durée : 1h42

Les Plus : 
- Une belle adaptation d'un roman de Kessel que j'avais beaucoup aimé.
- Une Catherine Deneuve encore jeune et dirigée par un maître de l'érotisme.
- Un cinéma français encore regardable, ce qui n'est plus d'actualité pour moi aujourd'hui.

Les Moins :
- Le film a un peu vieillit mais, j'ai envie de dire, et alors? :)


Synopsis
Épouse d'un jeune interne des hôpitaux  PierreSéverine n'a jamais trouvé un véritable plaisir auprès de lui. Un des amis du ménage, play-boy amateur de call-girls, lui glisse un jour l'adresse d'une maison clandestine. Troublée, Séverine ne résiste pas à l'envie de s'y rendre et ne tarde pas à devenir la troisième pensionnaire de Mme Anaïs  Elle y est appelée Belle de jour car ses visites surviennent chaque après-midi de deux à cinq heures.

Mon Avis
Il y a quelques temps, je vous avais livré mes impressions suite à la lecture du cultissime Belle de Jour de Joseph Kessel. Peu de temps après, en vérité, j'avais regardé l'adaptation cinématographique du grand Luis Buñuel avec la non moins grande Catherine Deneuve. Pourquoi je ne vous en ai pas parlé avant? Je ne sais pas. Mais en tout cas, pas parce que je ne l'ai pas apprécié. Bien au contraire. Je ne vais pas revenir sur l'histoire en elle-même qui est déjà un peu dévoilée dans le synopsis et dont les détails se trouvent dans mon article sur le roman. Le film, bien que prenant quelques libertés, respecte assez fidèlement la trame principale de l'histoire voire la sublime grâce à un choix de casting des plus judicieux. Notamment l'interprétation parfaite de la toute jeune Catherine Deneuve. Elle incarne, en effet, une Séverine parfaite. A la fois ingénue et sensuelle, délicate et bestiale, timide et audacieuse. Elle vit cette dualité du personnage, elle est Séverine et elle est Belle de Jour. Les deux à la fois.

Un peu à l'image de Joseph Kessel, Buñuel nous livre une version de Belle de Jour sans aucun jugement. Quand on connaît un peu l'homme, et qu'on sait à quel point il aime traiter des obsessions et des déviances sexuelles, on comprend qu'il ait eu l'envie, le besoin, d'adapter ce roman à l'écran. Ce roman qui traite du besoin d'une femme de se libérer des carcans de la bourgeoisie où elle ne trouve pas sa place. Ce roman qui met en avant des fantasmes que Buñuel traduit à l'écran de façon très juste, très suggestive sans en montrer trop. C'est ça. Tout est dans la suggestion. Finalement, on ne voit que très peu de corps nus, et aucune scène sexuelle à proprement parlé. A l'heure où la pornographie est monnaie courante, se replonger dans la sensualité des années 60 fait un bien fou et montre que le désir peut être seulement évoqué pour être compris. A ce titre, le Belle de Jour de Buñuel est parfait. Peut-être même plus choquant et dérangeant que si les scènes étaient montrées. 

J'avoue, assez honteusement, qu'il s'agit là du premier Buñuel que je regarde entièrement. Ma culture cinématographique n'étant pas des plus étendue, j'ai longtemps pensé que le cinéma d'avant 1990 était vieux. Alors regarder des films datant des années 60 ou pire, des films en noir et blanc datant des années 20... Impensable! Sauf qu'aujourd'hui, je regrette et j'en paie le prix avec un retard monstre à rattraper et tant de choses à découvrir. Quoi qu'il en soit, j'ai découvert Buñuel il n'y a que quelques mois, lors d'une option intitulée "Le cinéma : des origines à 1960" que j'ai suivie à la fac. Je vous laisse imaginer les horizons qui se sont ouverts à moi suite à ces quelques heures de cours par semaine. Alors quand j'ai su que Buñuel avait adapté un roman que j'ai adoré, je n'ai pas hésité une seconde à le regarder. Et, même si c'est du vieux cinéma, j'ai aimé. Même si c'est du cinéma français, j'ai aimé. Et j'ai envie d'en connaître encore et encore. De voir d'autres collaborations entre Buñuel et Deneuve.

Catherine Deneuve, plus belle que jamais

Conclusion
Le roman de Kessel avait déjà était une belle découverte, et le film de Buñuel est dans la continuité. Une adaptation à la hauteur, un chef-d'oeuvre du cinéma français, du cinéma universel même. A voir au moins une fois dans sa vie.


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...