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mercredi 9 janvier 2013

Belle de Jour

Auteur : Joseph Kessel
Date de parution : 1928
Editeur : Folio

Quatrième de Couverture
Ce que j'ai tenté avec Belle de Jour, c'est de montrer le divorce terrible entre le cœur et la chair, entre un vrai, immense et tendre amour et l'exigence implacable des sens. Ce conflit, à quelques rares exceptions près, chaque homme, chaque femme qui aime longtemps, le porte en soi. Il est perçu ou non, il déchire ou il sommeille, mais il existe.

Quoi qu’il advînt, jamais Pierre ne souffrirait par elle. Quelle merveilleuse chaleur elle se sentait pour cet homme à la respiration d’enfant. Puisqu’entre ces mains reposaient toute sa peine et toute sa joie, elle saurait faire pour lui de chaque journée une journée heureuse. Et cela jusqu’à la fin de leur vie jumelée.

Le Choix du Livre
Ayant récemment vu la série Journal Intime d'un call-girl, inspiré d'une série de roman autobiographique écrits par Belle de Jour, pseudonyme pris par une ex call-girl londonienne, j'avais envie de découvrir les origines de ce nom, et par la même occasion, de découvrir la littérature de Joseph Kessel!

Mon Avis
Séverine et Pierre semble être le couple idéal. Tous les deux jeunes et beaux, ils semblent mener une vie idyllique où lui est un médecin qui gagne très bien sa vie et qui retrouve son ingénue épouse qui l'attend amoureusement le soir à la maison. Mais derrière ce bonheur qui paraîtrait presque sans aucune ombre au tableau se cache la frigidité de Séverine face à son mari. Elle a beau l'aime d'un amour sincère et profond, elle n'arrive pas à montrer tout cette amour à Pierre. Alors, elle finit par se rendre dans "une maison de rendez-vous" dont elle a entendu parler, tenue par Madame Anaïs, sans trop savoir pourquoi. Puis elle se rend compte que le fait d'être obligée, secouée, mise à mal, forcée, poussée... lui procure un plaisir qu'elle ne soupçonnait pas. Séverine va alors commencer à vivre une double vie, d'un côté elle sera la femme prude et aimante de Pierre, celle qui ne le fera jamais souffrir, de l'autre elle sera Belle de Jour, offrant son corps à des inconnus qui la répugnent pour la plupart. Mais séparer le coeur et la chair n'est pas si évident qu'il n'y paraît. Et en cela, l'écriture de Kessel est un véritable trésor qui, si elle ne nous permet pas de comprendre réellement les agissements de Séverine, nous permet du moins de comprendre ce qu'elle ressent dans les moindres détails.

Le personnage de Séverine reste donc un mystère, mais je l'ai trouvée en même temps attirante, voire fascinante. Cette capacité qu'elle a d'oublier qu'elle est Séverine quand elle est Belle de Jour, et vice-versa, est presque effrayante. Le fait d'avoir accès à toutes ses pensées, à ses doutes, à ses remises en questions, nous permet de voir quand même que, si en apparence, la jeune femme ne laisse presque rien paraître, à l'intérieur d'elle se déroule un véritable combat entre ce qu'elle est et ce qu'elle voudrait être.Ce qu'elle ressent et ce qu'elle voudrait ressentir. Bizarrement, j'ai éprouvé moins de sympathie pour Pierre qui, s'il est celui qui serait à plaindre dans toute cette histoire, me semble trop passif, trop effacé. Il ne cherche pas à comprendre sa femme quand elle feint la fatigue, il accepte tout sans rechigner. Cette peinture de cet homme trop parfait, trop confiant envers celle qu'il aime, ne m'a pas convaincue. Parfois, j'avais envie de le secouer et de lui dire "Mais allez! Fais quelque chose! Bouge-toi!". Mais lui se contenter d’acquiescer, et de continuer à partir gagner de l'argent pour cette femme infidèle. Bon, je ne dis rien de plus sur lui pour et sa relation avec Séverine pour ne rien dévoiler sur la fin.

Enfin, c'était ma première lecture de cet auteur pourtant connu qu'est Kessel et j'ose espérer que ce ne sera pas la dernière car j'ai vraiment beaucoup aimé ce roman. D'ailleurs, pour ne pas en rester là, j'ai même tout de suite enchaîné avec le film éponyme de Luis Buñuel datant de 1967, avec Catherine Deneuve dans le rôle de Séverine. Mais ça, je vous en parlerai une prochaine fois! Pour rester sur Catherine Deneuve, qui apparaît sur la couverture de l'édition que j'ai emprunté à la Médiathèque, j'ai lu l'intégralité du roman en l'imaginant dans la peau de Séverine et je pense que si Séverine existait, elle serait effectivement telle Catherine Deneuve. A la fois belle et douce, mais qui cache quelque chose de plus sensuel.

La figure de Mme Anaïs, les beaux seins de Charlotte, l'humilité équivoque du lieu, son odeur qu'elle avait cru porter un soir dans ses cheveux, tout cela s'acharna sur la mémoire charnelle de Séverine. Elle en frémit d'abord de répulsion, puis l'accepta, puis s'y complut. La présence de Pierre et l'amour déchirant qu'elle avait pour lui la défendirent quelques jours. Mais la fatalité intérieure inscrite en Séverine, vrai sceau de son destin, devait s'accomplir.

Sans être un coup de coeur à proprement parler, la lecture de Belle de Jour a été pour moi une réelle découverte. Découverte d'une histoire qui a inspiré le grand Buñuel (mais quand on connait un peu la bête, ça n'a rien d'étonnant!), et découverte d'un auteur culte dont j'ai maintenant envie de découvrir le reste de ses écrits!
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